Le petit-fils de Salvador Allende remet le Sénat chilien à sa place.

Le petit-fils de l’ancien président chilien Salvador Allende, Pablo Sepulveda Allende, a publié un article détaillé où il critique le Sénat chilien et argumente après que cette assemblée «antidémocratique» ait entravé la souveraineté vénézuélienne et qualifié le Venezuela de «dictature».

Pablo Sepúlveda Allende dénonce la double morale des parlementaires chiliens. En effet, ils «condamnent la supposée rupture de l’ordre constitutionnel au Venezuela» alors que leur propre Constitution est «illégitime et fut imposée par le terrorisme d’État de la dictature de Pinochet».

Voici la suite des sévères accusations du petit-fils d’Allende au Congrès du Chili:

Avec quelle morale et éthique osent-ils condamner un Processus constituant dont l’initiative et la portée des pouvoirs sont clairement prévues dans les articles 1: 347, 348 et 349 de la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela?

Il convient de rappeler que la propre constitution de la République du Chili ne prévoit aucune possibilité de convoquer le pouvoir constitutif pour rédiger une nouvelle Constitution, elle ne donne pas ce pouvoir originel au Peuple. Cette Constitution est faite sur mesure pour protéger la grande propriété privée de quelques-uns. Les droits sociaux n’y sont pas du tout protégés et tous sont négociables comme de simples marchandises. Les espaces de participation démocratique sont minimes et simplement formels. Alors, avec quelle autorité morale affirment-ils qu’il y a une dictature au Venezuela?

Ici, au cours des 18 dernières années, 21 élections ont été organisées, toutes étaient des élections sans fraudes, où l’opposition a, pour sa part, gagné d’importants espaces. Pour l’élection de l’Assemblée Nationale Constituante, l’opposition ne voulait pas participer parce qu’elle a tout misé sur l’agenda insurrectionnel et violent des guarimbas (manifestations violentes) dans leur empressement de renverser le gouvernement. Néanmoins, le 30 juillet dernier, 42% des électeurs se sont mobilisés pour élire cette nouvelle assemblée constituante. Plus de 8 millions de votes ont été réalisés, ce qui donne une légitimité absolue à l’ANC.

L’impact de cette élection a été tellement positif que, comme par magie, les violentes manifestations de rue, qui duraient depuis plus de 3 mois et ont générés plus de 120 décès, se sont arrêtées dès le lendemain.  Quelques jours plus tard, les partis politiques de l’opposition ont abandonné l’appel à la rue et ont commencé à enregistrer leurs candidatures pour les prochaines élections de gouverneurs.

Pour toutes ces raisons, ignorer la légitimité de l’Assemblée nationale constituante et ce qui est clairement prévu dans la Constitution de la République Bolivarienne du Venezuela, est avant tout insolent et preuve d’ingérence, surtout venant de ceux qui vivent et défendent une Constitution profondément anti-démocratique, teintée de sang et aux origines clairement illégitimes. Ils n’ont tout simplement aucune autorité morale.

Pourquoi cette obsession d’attaquer le Venezuela? Pourquoi ne pas publier un communiqué alertant du danger mondial que représente ce psychopathe appelé Donald Trump? Pourquoi ce silence sur les fosses communes en Colombie et au Mexique? Pourquoi ne pas critiquer l’assassinat systématique de dirigeants sociaux et de journalistes dans ces pays proches? Pourquoi n’ont-ils jamais critiqué l’ancien président colombien narcotrafiquant et paramilitaire reconnu, Álvaro Uribe? Alors qu’il existe de nombreuses preuves convaincantes pour l’accuser de trafic de drogue et de génocide. Pourquoi n’en parlent-ils jamais?

S’il fallait énumérer ici les nombreuses situations beaucoup plus extrêmes que celle que vit le Venezuela actuellement, tant sur le plan économique que social, la liste serait bien trop longue. Mais non, le Venezuela est un exemple dangereux de démocratie révolutionnaire, un exemple dangereux de ce qu’est le pouvoir constituant qui est craint par toutes les oligarchies et les politiciens financés par ces mêmes oligarchies.

Soquimich, ça vous dit quelque chose? l’Odebrecht chilien? C’est la société publique aliénée par Pinochet qui finance actuellement leurs partis politiques et leurs campagnes. Je pense qu’il leur est politiquement très profitable de couvrir toutes ces magouilles en parlant de la crise vénézuélienne …

Il est très suspect et particulièrement honteux que, parmis les sénateurs et sénatrices qui ont signé ce communiqué, il y en ait qui proviennent des secteurs les plus réactionnaires et Pinochetistes mais également de la pseudo centre gauche. Il n’est pas étonnant que l’aile droite le signe, elle n’a jamais ni morale ni principes quand il s’agit de défendre ses privilèges et ceux de ses pairs d’autres latitudes. Ce qui est douloureux dans ce type de déclarations, c’est qu’elles sont souscrites par des secteurs qui prétendent croire au socialisme, mais qui, dans la pratique politique, ont gouverné le pays pendant près de 30 ans, et consolidé dans les faits, le modèle néolibéral pervers et injuste hérité de Pinochet.

Enfin, il faut préciser certaines choses et rétablir certaines vérités:

· Il n’y a pas de violation systématique des droits de l’homme au Venezuela, les cas ponctuelles, où il y a eu un usage excessif de la force et des abus, se sont produits pendant le contrôle et la dispersion de manifestations très violentes. Et ils font l’objet d’enquêtes. Il y a plusieurs policiers détenus et les faits sont investigués. Dans chaque cas d’abus, il y a eu une condamnation publique de la part des autorités nationales.

· La déclaration du Sénat (chilien) parle d’arrêter la persécution des membres démocratiquement élus de l’Assemblée nationale. L’immunité n’est pas la même chose que l’impunité. Plusieurs députés ont fait des appels publics à l’ingouvernabilité et à la sédition contre un gouvernement démocratiquement élu. Plusieurs de ces députés (il y a des preuves vidéos) ont été vu commandant et saluant publiquement les « cagoulés », ceux qui par la suite causaient d’innombrables dommages sur la voie publique et qui dans leur violence extrême ont brûlé vif des êtres humains. Plusieurs députés ont ouvertement incité à la haine, ont appelé et conspiré pour une sédition insurrectionnelle, un coup d’État et / ou une intervention étrangère. Ces faits ne doivent pas restés impunis et les responsables politiques devront être jugés.

Comme réflexion finale: l’expérience du gouvernement populaire de Salvador Allende nous dit que si nous n’agissons pas avec fermeté et détermination face à la sédition et à la conspiration, ils finiront par nous renverser et viendra le terrorisme d’État pour soumettre le peuple et éliminer ses dirigeants politiques et sociaux.

(LaIguana.TV)