Nous poursuivons la lutte en l’honneur de Sheila

Notre douleur est plus forte aujourd’hui que jamais. En moins d’une semaine, nous avons été témoins de cruels actes de violence contre les femmes, dont celui à l’encontre de la camarade Sheila Silva, coordinatrice de la mission « hogares de la Patria » pour la capitale, assassinée ce dimanche 22 octobre par son compagnon qui l’a lancée du 11e étage d’un immeuble.

Les femmes ne sont pas en sécurité dans notre pays, c’est un fait. En dépit de la loi organique sur le droit des femmes à une vie sans violence, une législation qui est le produit de la lutte et de l’opiniâtreté de milliers de femmes vénézuéliennes, qui, avec le commandant Chavez, a donné naissance à la loi la plus avancée du monde dans le domaine de la violence faite aux femmes.
Mais voilà, nous continuons à voir cette loi inappliquée. Le système judiciaire dans son ensemble se moque de notre outil législatif contre la violence de genre et fait la sourde oreille aux cris des femmes de la mère-patrie.

De nombreuses compatriotes ont dû passer par la rude épreuve de porter plainte auprès du procureur ou de la police. Combien sont rentrées chez elle avec un bout de papier en main sans que le système ne se mobilise d’un iota pour les aider, combien de ces féminicides, qui aujourd’hui nous endeuillent, ont été dénoncés à plusieurs reprises, sans qu’aucune des allégations ne fasse l’objet d’une enquête. Des milliers, des dizaines de milliers, des centaines de milliers, des millions de fois.

Il est temps pour les femmes que les Procureurs ouvrent leurs yeux et leurs oreilles pour actionner tout le poids de cette loi, non seulement contre les agresseurs, les violeurs et les meurtriers de femmes, mais aussi contre tous les fonctionnaires qui profitent du pouvoir induit par le poste qu’ils occupent et qui commettent chaque jours le délit de violence institutionnelle contre les femmes, en n’enquêtant pas, en ne condamnant pas, en fin de compte, en ne faisant pas le travail pour lequel la République les a engagé.

C’est pour cela qu’aujourd’hui, avec les larmes aux yeux, dans une lutte continue pour la vie; nous, les mouvements sociaux qui souscrivons ci-dessous, nous demandons:

1. que soit condamné avec tout le poids de la loi l’assassin de Sheila Silva tout comme tous ceux qui sont inculpés pour des délits de maltraitance, de viol et de féminicides.

2. qu’une commission soit créée où participeraient tous les mouvements féministes du pays, Inamujer, et un comité de défense du peuple pour qu’ils révisent  chaque jugement en matière de violence faite aux femmes et ainsi déterminer lesquels ont été paralysés par faute de preuve parce que les procureurs n’ont pas réalisé les enquêtes nécessaires.

3. que se publie tous les trimestres le nombre de plaintes qui ont été déposées en matières de violence à l’égard des femmes, le nombre de plaintes qui a abouti à un jugement, le nombre de condamnations prononcées et le nombre de celles qui ont été renvoyées.

4. que l’Assemblée nationale constituante inclue dans la nouvelle constitution le droit des femmes à une vie sans violence et légifère en conséquence, et c’est en ce sens que nous proposons :

– Qu’une vie libre de toutes sortes de violence est un Droit Humain, ce qui implique que tous ceux qui, par leurs actes ou par omissions, ne permettent ou ne facilitent pas que soit garanti ce droit,  commettent un crime contre l’humanité, avec circonstances aggravantes s’il s’agit de violence contre des citoyens des secteurs historiquement exclus : les personnes handicapées, les personnes âgées, les enfants, les Afro-descendants, les peuples autochtones, personnes LGTB et les femmes.

– Que chacun ait le droit de mener une vie exempte de violence physique, sexuelle et psychologique au sein de la société, des communautés et des familles. Dans ce cas, les femmes seront considérées comme des sujets d’attention particulier par l’État.

– Que le système de protection du droit des femmes à une vie sans violence s’articule et se coordonne avec le système de protection des enfants et adolescents, et ce dans toutes les étapes. Chaque fois qu’il sera démontré que celui qui maltraite une femme est potentiellement maltraitant de ses propres enfants, celui-ci devra être jugé sous ces deux lois.

– Que l’État garantisse l’inclusion d’un programme de formation et de prévention de la violence de genre dans le système d’éducation qui servira d’alerte précoce pour détecter toute forme de violence dans les foyers vénézuéliens.

– Que l’État garantisse la création ainsi que le bon fonctionnement d’un réseau de services juridiques étendu à tout le territoire national, qui garantiront aux femmes et aux populations historiquement exclues les formes de prévention et de protection nécessaires contre toutes les violences sexistes, tant dans le secteur public que privé.

– Que l’État contrôle, règlemente et sanctionne la diffusion de messages qui véhiculent des stéréotypes sexistes et génèrent de multiples formes de discriminations et de violences contre les femmes.

– Que l’État garantisse le droit au logement, à l’alimentation et aux services de base en accordant la priorité aux familles en situation de réinsertion suite à des faits de violences de genre ou domestique.

Nous exhortons tous les mouvements sociaux engagés dans la lutte pour une vie plus digne, et pour le socialisme à se joindre à nous dans une mobilisation permanente contre la violence de genre.

Sheila vit en chacun de nous

Ce qui est personnel est politique

#pasunedeplus #niunamas
#pasuneenmoins #niunamenos

Les organisations qui souscrivent :

Plataforma Popular Constituyente “Chavismo Bravío”

Red de colectivos y movimientos “La Araña Feminista”

Red de información por el aborto seguro (RIAS)

Movimientos de Pobladores y Pobladoras

Campamentos de Pionerxs

Comités de Tierras Urbanas

Trabajadoras Residenciales

Movimiento de Inquilinxs

Movimiento De Ocupantes De Edificios Organizados

Corriente Revolucionaria Bolívar y Zamora

Red de Comuneras y Comuneros

Alba TV

Tetas en Revolución

Plataforma Socialista Golpe de Timón

SURCO

Diversidad Ubv

Colectiva Tinta Violeta

Ejercito Emancipador

Colectiva La Chispa

Movimiento de Mujeres de Mérida

Bunke, Colectivo feminista por nuestro derecho al placer

Frente Cultural de Izquierda

Avanzada Popular

Barrio Tv

Mujeres por la Vida

Aquelarre Caribeño

Cosecha Feminista Cimarrón

Las Comadres Purpura

Alianza Revolucionaria Sexo Género Diversa

Apapachoa Sororal

Crea y Combate

Movimiento de mujeres rosas insurgentes de Guacara

MalaJunta- Patria Grande

Colectivo Por Más Postnatal

Cooperativa Lactarte

Religiosas del Sagrado Corazón de Venezuela

Consejo Revolucionario del Poder Popular

Mujeres por los Derechos “MUDERES”