Venezuela : Bilan politique

L’année 2017 a commencé dans un climat politique tendu avec l’opposition qui réclamait un referendum révocatoire du Président qui n’a pas pu être mis en place à cause d’une falsification présumée des signatures requises et les élections des gouverneurs ont été retardées à cause des partis d’opposition qui n’était pas à jour de leurs démarches électorales.
L’opposition préparait une campagne de violence qui serait connue sous le nom de “guarimbas” et qui, dans la pratique, serait une forme de terrorisme ou d’actions violentes mortelles dans les rues pour faire pression sur le Gouvernement et terroriser la population.
Pendant le second trimestre de l’année, celle qui était alors Procureure Générale de la République a dénoncé le fait que les décisions du Tribunal Suprême de Justice portaient soi-disant atteintes aux libertés démocratiques et aux droits de l’Assemblée Nationale aux mains de l’opposition mais bien que ces décisions aient été modifiées, le procureure a continué à faire des déclarations qui accusaient tous les pouvoirs publics et même le Président Nicolás Maduro. Des preuves d’un pacte entre la procureure et l’opposition pour renverser le Gouvernement apparurent.
Les chefs de l’opposition profitèrent de la controverse entre les hauts représentants de l’Etat pour lancer leurs milliers de partisans dans la rue pour réclamer la démocratie, des solutions à la crise économique et des élections présidentielles hors la loi. Cependant, ces manifestations se transformèrent rapidement en protestations violentes et armées non conformes à ce que permet la Constitution.
La violence politique dura 4 mois et fit plus de 130 morts parmi lesquels des soldats et des policiers qui essayaient de rétablir l’ordre, des manifestants armés de cocktails Molotov et plusieurs sympathisants du Gouvernement qui furent lynchés et brûlés vifs par des opposants criminels.
Les grands médias internationaux présentaient le Venezuela comme un Etat voyou qui appliquait une répression brutale contre des manifestants sans défenses sans prendre en considération que ces opposants au Gouvernement utilisaient des explosifs et des armes à feu, en plus de couper des rues en mettant en danger la vie de milliers d’innocents.
De puissants Gouvernements capitalistes se prononçaient contre le Venezuela et exigeaient du Président Maduro qu’il satisfasse les revendications de l’opposition sans condamner les violences fomentées par les dirigeants d’opposition.
Au moment où le pays semblait être au bord d’une guerre civile ou d’une invasion étrangère pour soi-disant le pacifier, le Président Maduro proposa une Assemblée Nationale Constituante prévue dans la Constitution comme solution politique au conflit.
En juillet eurent lieu les élections à l’Assemblée Nationale Constituante, une sorte de Parlement avec des pouvoirs élargis, au-dessus du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire. L’opposition n’a pas participé à ces élections et le Parti Socialiste du Venezuela au gouvernement, obtint une victoire écrasante avec plus de 8 000 000 de voix et la paix revint dans le pays car les violences de l’opposition disparurent des rues vénézuéliennes.
Les Gouvernements étrangers opposés au régime de Maduro dénoncèrent une fraude aux élections à l’Assemblée Nationale Constituante mais ni eux ni l’opposition vénézuélienne ne présentèrent de preuves de leurs allégations. Dans les mois qui ont suivi, eurent lieu les élections des gouverneurs et des maires, toutes des victoires écrasantes du chavisme, ce qui a provoqué la surprise à l’étranger car, étant donné la propagande négative des médias étrangers, on pensait que la majorité des Vénézuéliens était contre le Gouvernement.
On se souviendra de 2017 comme de l’année où les protestations violentes et armées de l’opposition ont été vaincues par 3 élections organisées et gagnées par le chavisme.
Reste en suspens, et le Gouvernement lui-même le reconnaît, le problème économique qui se caractérise par l’inflation ou la hausse démesurée des prix des biens essentiels en même temps que la vente de pétrole baisse. L’année s’achève sur une grande opération contre la corruption dans l’industrie pétrolière vénézuélienne qui a conduit en prison les 2 derniers présidents de sa maison mère PDVSA.
Les perspectives politiques ont favorables à la réélection du Président Nicolás Maduro en 2018 puisque son parti a la majorité des gouverneurs, des maires et la puissante Assemblée Nationale Constituante qui a parmi ses objectifs la transformation de l’Etat, la promulgation de lois et la rédaction d’une nouvelle Constitution que le peuple approuvera par referendum.
De son coté, l’opposition vit une profonde division parce que certains partis veulent participer aux futures élections et d’autres non, certains veulent discuter aves le Gouvernement alors que les radicaux menacent de reprendre les violences dans les rues. Jusqu’à présent, ils n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le nom de leur candidat aux présidentielles de 2018.
Le Venezuela affronte actuellement de dures sanctions économiques du Gouvernement des Etats-Unis mais fait des efforts pour dépasser les conséquences néfastes de ce problème.
Face à l’échec de la violence de l’opposition, de la menace d’invasion militaire et du blocus économique étranger, la voie constitutionnelle, pacifique et électorale semble se renforcer au Venezuela en tant que meilleure solution pour résoudre les problèmes qui se posent dans n’importe quel pays démocratique.
Par Carlos Santa María

Source en espagnol : resumen latinoamericano / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos