États-Unis – Venezuela : menaces et tension

En s’exprimant à la tribune de l’assemblée générale de l’Onu en 2006, feu Hugo Chávez a eu cette phrase au détour d’un discours autour du livre de Noam Chomsky qu’il venait de lire «Dominer le monde ou sauver la planète» : «Ça sent encore le soufre ici !» en référence au Président Bush qui était passé là la veille. En 2009, il avait parlé aussi de soufre, mais cette fois-ci en précisant : «Tiens, ça ne sent pas le soufre aujourd’hui !» Il renifle bien et il dit : «Eh ! Non, je ne sens aucune odeur de soufre cette année, je sens plutôt une odeur d’espoir, une odeur d’espoir qui va droit au cœur.» Et la main sur le cœur, il fait allusion à Obama
Des années plus tard, les relations entre Washington et Caracas dégagent encore une odeur acre de poudre noire. La réélection du président Nicolas Maduro, successeur d’Hugo Chavez, et sa confirmation mardi dans ses fonctions, n’a pas était du goût de la Maison- Blanche qui a adopté une série de sanctions économiques contre le Venezuela. Cette décision a vite entraîné une réaction de la part de Caracas qui a déclaré le chargé d’affaires américain Todd Robinson et le numéro deux de la mission diplomatique Brian Naranjo «persona non grata», accusés de fomenter un complot militaire contre les autorités vénézuéliennes.
Aussitôt Washington a démenti ces déclarations et a menacé le Venezuela de représailles. «Les Etats-Unis pourraient prendre des mesures réciproques appropriées», a souligné un responsable au niveau du département d’état. Depuis 2010, les deux pays n’ont plus d’ambassadeur nommé dans leur représentation diplomatique respective et la tension ne cesse d’aller crescendo. Que ce soit sous l’ère des Bush ou d’Obama, encore moins avec Donald Trump, entre Washington et la république Bolivarienne, ça n’a jamais été l’idylle.
Les gouvernements américains successifs ont toujours soutenu que le Venezuela constituait «une menace directe» contre non seulement les Etats-Unis mais aussi pour l’ensemble de l’Amérique latine. Une «menace directe» que l’ex-secrétaire d’état américain Rex Tillerson avait explicitement mis en garde contre la présence croissante et «alarmante» de la Chine et de la Russie. «L’Amérique latine n’a pas besoin de nouvelles puissances impérialistes qui ne poursuivent que leur propre intérêt», avait-il lancé lors d’un de ses derniers discours à Austin, assurant que Washington veut être le «premier partenaire» de la région, «dans le but de faire progresser la liberté». Une «guerre» comme celle menée un peu partout dans le monde et qui prend toute sa dimension dans les zones actuelles de conflits.
Par M.T
Source : blog de Bernard Tornare