Envahir le Venezuela, une dangereuse imbécillité

Éditorial du journal La Jornada du Mexique : L’idée du président étasunien Donald Trump d’envahir militairement le Venezuela, exprimée explicitement il y a quelques mois lors d’une réunion avec le secrétaire d’État de l’époque, Rex Tillerson et l’ex-conseiller à la Sécurité Nationale de la Maison Blanche Herbert Raymond McMaster… a été révélée par les médias cette semaine, il a introduit un facteur de plus dans la tension dans le pays sud-américain et a ajouté un nouvel élément d’incertitude aux délires qui caractérisent actuellement la politique étrangère de Washington.
La version de cette rencontre – lors de laquelle les 2 ex-fonctionnaires ont fait voir au magnat républicain l’inconvenance absolue de son idée – coïncide avec les déclarations publique de Trump lui-même qui, sans avoir été aussi précis que les commentaires, a laissé déborder son hostilité envers le Venezuela qu’il a menacé, face à sa crise, de recourir à toutes les mesures possibles.
C’est à dire, il est vraisemblable que dans l’esprit et dans le discours privé de Trump soit présente l’imbécilité de lancer une agression guerrière contre le régime de Caracas, une idée qui, semble-t-il, a été freinée par les membres de sa propre équipe de Gouvernement – des civils et des militaires – qui auraient averti le président de la superpuissance des effets indésirables qu’aurait une telle action, en particulier, la condamnation de toute l’Amérique Latine. 
S’il est bien certain qu’aujourd’hui, la plupart des Gouvernements de la région sont alignés sur la Maison Blanche en politique étrangère, cela ne signifie pas que, par principe ou par calcul des risques, une incursion militaire étasunienne pour déposer les autorités bolivariennes serait acceptable. 
Pour la Colombie dont le Gouvernement est un allié proche et traditionnel des Etats-Unis qui partage une longue frontière avec le Venezuela, une invasion de Washington dans cette région pourrait déboucher sur un flux massif et incontrôlable de réfugiés et de déplacés. De même, pour les autres pays d’Amérique du Sud, une guerre dans la région aurait des conséquences nécessairement désastreuses sur leur stabilité intérieure et sur leur économie.
En ce qui concerne le Venezuela, cela ne fait que polariser encore plus la scénario politique intérieur et ajouter des difficultés économiques et financières à la crise qui se déroule dans le pays et ce dont il a le moins besoin, c’est d’une intervention militaire.
Le plus grotesque, dans cette affaire, est que Trump n’a aucune raison précise pour penser à une agression de cette ampleur, si ont tient compte du fait que le Gouvernement bolivarien ne représente aucune menace pour la superpuissance.
Dans leur propre intérêt, il est impératif que les gouvernants d’Amérique Latine prennent et expriment, indépendamment de leurs orientations idéologiques et de leurs attitudes face au conflit politique vénézuélien, une position commune et ferme conforme aux principes de non intervention et de résolution pacifique des conflits.
Source en espagnol : resumen latinoamericano / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos