Les prix fixés ne fonctionnent pas parce que tu ne peux pas négocier avec celui qui veut te renverser

« Le Gouvernement est infiltré, il y a un secteur qui veut que les prix baissent et un autre pas » a déclaré dimanche 22 juillet le député à l’Assemblée Nationale Constituante Julio Escalona qui a demandé au Président Nicolás Maduro d’utiliser d’autres mécanismes que la politique des Prix Fixés. Interviewé par le journaliste vénézuélien José Vicente Rangel, Escalona a signalé que beaucoup de mois sont passés depuis le début de cette politique et qu’elle n’a pas fonctionné, en partie parce que les patrons n’ont pas intérêt à ce qu’elle fonctionne.

Il a signalé que, quand la Loi des Prix Fixés a été débattue, l’année dernière, on a convoqué les députés à l’Assemblée Nationale Constituante au Palais de Miraflores : « Là, j’ai dit, et ça a été enregistré, que cela ne fonctionnerait pas pour une raison très simple : tu négocies avec celui qui veut te renverser. Si ceux qui sont là avaient l’intention de chercher des accords pour la pays, le résultat serait autre. Mais jamais ils n’en ont eu l’intention, » a-t-il dit à propos des patrons qui, a-t-il signalé, ont la même attitude qu’en avril 2002.

Selon l’information qu’il détient, les patrons ne vont rien accorder : « Avec des patrons de cette sorte, tu ne peux pas penser que tu vas arriver à un accord. »

Il a indiqué qu’après 9 mois de cette politique, on ne peut pas continuer ainsi : « Les patrons s’assoient à la table, font semblant de négocier » mais « le lendemain, ils disent qu’ils n’arriveront à aucun accord. » C’est pourquoi il faut changer de méthode et de politique.

« Il n’est pas possible qu’on parle tant des prix dans le Gouvernement lui-même et qu’il ne se passe rien. Que le lendemain, tu vas acheter et c’est plus cher que la veille. Cela ne peut pas être ! On parle de libération des prix mais les prix sont absolument libres ! Il n’y a aucun contrôle ! Je ne sais pas quelle liberté supplémentaire veulent les patrons. Ils disent : « Ce qu’on veut, c’est qu’on libère les prix » mais ils les ont libérés depuis longtemps ! Il y a plus d’un an de cela, tous les jours, les prix changent. On ne peut pas parler de prix contrôlés ! »

« Un Gouvernement ne peut pas permettre cela… Pas seulement un Gouvernement révolutionnaire, aucun Gouvernement ne peut permettre que cela arrive ! Parce que c’est au détriment de la population. Un Gouvernement qui dit qu’il représente les intérêts de la population ne peut pas permettre cela. Alors, moi, je proteste contre le fait qu’on le permette. »

Geler les prix

Il a proposé de geler les prix pour négocier : « Cette guerre est comme toute guerre. Cessez-le-feu et alors, nous allons parler ! Mais sans cessez-le-feu, il n’y a pas de négociation possible. A moins que tu sois vaincu (…) Mais nous, nous ne sommes pas vaincus… et très loin de l’être ! »

Escalona a aussi réaffirmé qu’il y a des gens dans le peuple vénézuélien que « l’augmentation des salaires effraie. » Il a indiqué que « les patrons savent quand les salaires vont augmenter et, à ce moment-là, ils en profitent pour augmenter les prix. Et ceux qu’ils ont déjà augmentés, ils les augmentent, à nouveau. Alors, qu’est-ce que c’est que ce jeu ? On ne peut pas permettre cela ! » Il a aussi signalé que « l’opposition n’est pas intéressée par la résolution des problèmes du pays. »

Il a proposé au peuple vénézuélien de sortir et de dire, démocratiquement et sans guarimbas « qu’il n’est pas d’accord » avec les problèmes qui existent avec les prix. « Un an a passé et le Gouvernement n’a pris aucune mesure viable à ce sujet. Il revient aux gens, au lieu de gémir, de sortir et, de façon responsable, d’exprimer leurs sentiments et leur position. Pacifiquement, de façon civique. Ils ne vont pas sortir pour faire tomber le Gouvernement, moi, je sortirai pour défendre le Président Maduro mais pour exiger de lui, pour lui demander de faire ça ou autre chose. »

Infiltration du Gouvernement

« Je crois qu’il y a un courant de droite qui est dans le haut Gouvernement, qui est d’accord avec les patrons, » a dénoncé Escalona : « Je ne peux pas le prouver et ça ne l’intéresse pas de le prouver ici mais que les prix aient été fixés il y a 1 an, que rien ne se soit passé et qu’on continue à en parler, comment appelles-tu ça ? Si tu étais le Gouvernement, tu devrais te rendre compte que cela ne fonctionne pas 9 mois plus tard, avant ! »

Escalona déclare que cette cinquième colonne vient de l’étranger et du Gouvernement étasunien lui-même : « La meilleure politique pour détruire un Gouvernement, c’est de le pénétrer, de l’infiltrer. Le Gouvernement est infiltré et cela a à voir avec la politique étrangère et internationale. » 

Escalona pense que la meilleure preuve, c’est que la politique des prix fixés continue bien qu’elle n’ait pas fonctionné. « Comment est-il possible qu’elle soit maintenue sans qu’on prenne aucune mesure ? Il y a quelque chose là, à l’intérieur, qui ne fonctionne pas. Il n’y a pas un seul Gouvernement. Il y a un Gouvernement qui veut que les prix baissent et il semble qu’il y en ait un autre qui ne veut pas. »

« A moi, ils m’ont déjà donné une raclée et ils ont cassé la porte de mon appartement, ceux qui agissent de cette façon m’ont déjà identifié comme un ennemi, » a-t-il déclaré.

« Je veux qu’on rectifie parce que je soutiens sans aucun hésitation le Président Maduro et je veux que le Président Maduro ait un bon Gouvernement. Cette critique que je fais, c’est pour qu’il la prenne en compte et prenne une mesure face à cela. » Il a rappelé qu’il a connu Maduro à la Ligue Socialiste quand il avait un peu plus de 20 ans : « Moi, je ne peux pas oublier ce gamin, celui avec qui j’ai été. Ca me fait de la peine, » a-t-il dit.

« Je crois qu’il y a des gens qui sont en train de faire de très graves dégâts parce que si nous parlons de la santé (…) J’ai de l’hypertension et je ne trouve pas de médicaments. Il y a une vraie pénurie, c’est indéniable. » Il a indiqué qu’il y a des personnes qui recourent à des technologies populaires et alternatives, qu’il y a une grande sagesse populaire dans le domaine de la santé et qu’il faut la récupérer et la faire connaître en ce moment.

Inclure dans la Constitution le délit de trahison envers la Patrie 

Julio Escalona pense aussi que dans la nouvelle Constitution qu’est en train de rédiger l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), on doit inclure le délit de trahison envers la Patrie : « Il y a des secteurs de l’opposition qui travaillent contre la Patrie et contre le pays. Dans l’exercice de la politique, tu ne peux pas oublier le pays auquel tu appartiens, la culture à laquelle tu appartiens, tu dois représenter tout ce peuple, » a-t-il dit en faisant allusion aux actions qu’ont engagées depuis plusieurs mois des dirigeants de l’opposition qui ont demandé à l’étranger une intervention armée et des sanctions économiques contre le Venezuela pour renverser le Gouvernement du Président de la République Nicolás Maduro.

Enfin, il a précisé : « Le peuple, ce peuple éduqué doit s’organiser et agir, faire savoir, exiger, ça oui mais sans violence. »

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol : http://albaciudad.org/2018/07/constituyente-julio-escalona-los-precios-acordados-no-funcionan-porque-tu-no-puedes-negociar-con-quien-te-quiere-derrocar/