Le cercle se referme autour du Venezuela

Le cercle se referme autour du Venezuela. Le 5 septembre, le secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro fait une nouvelle tentative et Donald Trump n’exclut aucune opération, avec la Colombie d’Iván Duque au premier rang. Sans vergogne, le nouveau président colombien Iván Duque a affirmé qu’à cause du Venezuela, l’Amérique Latine est au bord « de l’une des pires crises humanitaires de notre temps. » C’est pourquoi il a demandé le soutien de toute la région.
 En achevant une visite dans la municipalité El Socorro, dans le Département de Santander, il a insisté sur le fait qu’il s’agit presque certainement de la « crise migratoire la plus importante que l’Amérique Latine ait vécue au cours de son histoire la plus récente. » Des affirmations d’un chef de l’État du pays qui au monde a l’un des plus grands nombres de déplacés à l’intérieur et de réfugiés à l’étranger dont la plupart (5,6 millions sur un total de 6,5 millions d’immigrants) vivent au Venezuela où ils jouissent de tous les droits. Pourquoi y restent-ils si le pays a provoqué une terrible « crise humanitaire ? » tous masochistes ?
Lors d’une conférence de presse donnée par Delcy et Jorge Rodriguez – respectivement Vice-présidente et Ministre de la Communication – le Gouvernement Bolivarien a condamné l’utilisation politique de la puissante campagne sur la soi-disant crise humanitaire sur les frontières du Venezuela. Les deux Rodriguez – enfants d’un militant assassiné sous la torture durant les années de démocratie invisible de la IV° République auxquelles la droite veut revenir – ont contrecarré les mensonges des médias en donnant d’autres données en provenance de l’ACNUR et soutenues par la logique.
Une situation confirmée également par les nombreuses demandes de retour qui sont arrivées dans les ambassades et les consulats du Venezuela en Amérique Latine faites par ceux qui, après avoir été victimes du bombardement médiatique de l’opposition, ont constaté par eux-mêmes ce que vivre dans ces pays qui mettent au centre les bénéfices et non les droits des travailleurs veut dire. Le Gouvernement a organisé le retour d’une centaine de citoyens, que ce soit du Pérou ou du Brésil et continuera à organiser d’autres retours dans le cadre du plan de récupération de l’économie mis en place. Un plan qui pourrait être un coup dur pour la guerre économique et qui vise à recadrer fortement le pouvoir du dollar et qui est la véritable cible de cette nouvelle attaque très dangereuse envers ce pays riche de ressources.
Nous – a dit Delcy Rodriguez – les immigrants, nous ne les mettons pas dans des camps pour les photographier et  spéculer politiquement sur leur dos. Le Venezuela a une tradition d’accueil largement démontrée au cours des années, c’est le second pays d’Amérique du Sud en nombre d’immigrants reçus. C’est pourquoi l’attaque du Haut Commissaire de l’Union Européenne, Federica Mogherini, face à une véritable crise qui a amené – seulement cette année – 1.600 migrants à traverser la Méditerranée en provenance de ces pays d’Afrique ou du Moyen Orient qui ont subi les agressions impérialistes anciennes ou récentes, a été retournée à l’envoyeur. 
Une double morale dangereuse qui prend le risque de déformer le sens du droit international si à l’ONU et à l’OEA – dont Almagro a convoqué une réunion pour le 5 septembre – on reste sur la ligne ouvertement souhaitée par les Etats-Unis : celle de l’invasion « humanitaire » introduite par la Colombie et ses compères de ce qu’on appelle le Groupe de Lima.
« Au Venezuela, il reste 3 amis dans la région, l’espace autour de lui est devenu très petit, » a dit sans ambages Carlos Trujillo, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’OEA à propos de la résolution destinée à condamner le Gouvernement Bolivarien approuvée en l’Assemblée Générale de cet organisme dirigé par Luis Almagro. Un mécanisme destiné à activer la Charte Démocratique qui légitimerait l’intervention étrangère au Venezuela en tant « qu’État en faillite, trafiquant de drogues et protecteur du terrorisme. »
Dans une interview accordée à CNN, Trujillo a laissé entendre que Trump n’exclut aucune option et que, pour le Nicaragua, ils préparent également de nouvelles sanctions qui vont dans le même sens : Maduro – a affirmé l’ambassadeur – ne s’en ira pas tout seul, alors, il sera nécessaire d’organiser sa disparition grâce aux militaires. Le consensus de la population ? Broutilles, on peut s’en passer, évidemment, en organisant une aventure semblable à celle qui s’est déroulée en Irak ou en Syrie. Mais une aventure qui, comme l’a répété Maduro, pourrait se transformer pour les Etats-Unis en nouveau Vietnam.
C’est pourquoi – disent les mouvements populaires d’Amérique Latine et d’Europe, – le Venezuela est notre tranchée. Au siècle dernier – a affirmé Delcy Rodriguez – le principal ennemi était l’Union Soviétique, maintenant, c’est nous.
Par Geraldina Colotti / traduction de l’italien Gabriela Pereira
Source en espagnol: RL / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos