« Il était impossible de ne pas soutenir la création de ce réseau »

Koldo Saenz de Benito, Secrétaire des Relations Internationales du syndicat Langile Abertzaleen Batzordeak-LAB de Euskal Herria (Pays Basque)

Face au siège des Nations Unies (ONU) à Genève, Suisse, nous avons discuté avec Koldo Saenz de Benito, Secrétaire des Relations Internationales du syndicat Langile Abertzaleen Batzordeak-LAB de Euskal Herria (Pays Basque), de la création du Réseau Européen de Solidarité avec la Révolution Bolivarienne constitué à Bruxelles où diverses organisations provenant de 17 pays européens se sont engagées « dans la défense du peuple Vénézuélien et son processus révolutionnaire » comme exprimé dans le communiqué annonçant la création du Réseau.

Le Réseau Européen de Solidarité avec la Révolution Bolivarienne a été créé le 13 octobre dernier à Bruxelles. En tant que syndicat LAB du Pays Basque, qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre cette initiative ?

Le syndicat LAB est un syndicat d’orientation de classe de la gauche indépendantiste basque, donc en tant que syndicat de gauche qui défend la nécessité d’une république socialiste basque pour l’émancipation et la liberté de la classe ouvrière de notre pays, nous avons toujours soutenu le processus Bolivarien au Venezuela. D’autre part, depuis le début, nous avons participé à la plate-forme basque de solidarité avec le Venezuela appelée Venezuela Aurrera, et enfin LAB est membre de la Fédération syndicale mondiale, une fédération syndicale qui a toujours été du côté de la révolution bolivarienne et qui dans son Conseil présidentiel a un syndicat du Venezuela. Pour ces trois raisons, il était impossible pour le syndicat LAB de ne pas appuyer la création de ce réseau.

Le Venezuela est victime d’un blocus économique, financier et commercial via les sanctions imposées par les États-Unis et l’UE, comment ce réseau européen de solidarité avec la révolution bolivarienne peut-il contribuer à mettre un terme à ces mesures ?

Les organisations qui ont créé ce réseau proviennent de nombreux pays. Il s’agit donc d’un réseau qui, bien cohérent et coordonné, peut faire pression dans de nombreux pays pour changer les positions des gouvernements de l’Union européenne. C’est ainsi qu’il faut agir : être dans les rues en solidarité avec le Venezuela, apporter du soutien, faire pression sur les gouvernements et surmonter tous et toutes ensemble le blocus que subit le Venezuela.

Les grandes entreprises et les porte-parole de l’appareil de guerre des médias ont créé de fausses nouvelles telles que la « crise migratoire » ou la « crise humanitaire » au Venezuela pour justifier une intervention, violant ainsi la souveraineté et l’indépendance d’un pays. Depuis l’Europe, comment ce fait est-il perçu et comment cette pression internationale peut-elle être contrée ?

C’est une stratégie très ancienne et très utilisée en même temps. Nous nous souvenons tous des vidéos manipulées où les Palestiniens étaient censés célébrer les attaques du 11 septembre visant à criminaliser la Résistance palestinienne. Il existe actuellement de nombreux cas de manipulation des médias à Cuba, ainsi qu’au Venezuela et au Nicaragua. Ils ont le pouvoir sur les médias et ont la capacité de créer des nouvelles fausses et apparemment vraies. C’est pourquoi il est nécessaire que nous puissions tous et toutes voir la vérité et découvrir la manipulation médiatique de l’impérialisme qui cherche à créer de fausses nouvelles pour préparer le terrain à une intervention au Venezuela.

La solidarité internationaliste est un outil fondamental pour la lutte et la résistance des peuples : comment le syndicat LAB soutient-il la Révolution bolivarienne et les autres processus d’émancipation en Europe, en Amérique latine et dans les autres régions du monde ?

Comme je l’ai dit dans la première question, nous sommes un syndicat de classe qui recherche la pleine souveraineté de notre peuple et défend donc l’émancipation totale d’Euskal Herria. Bien sûr, ce que nous voulons pour notre peuple, nous le voulons pour les autres peuples qui, comme dans le cas du Venezuela ou de la Bolivie, du Nicaragua… ont des processus d’émancipation populaire en cours par rapport aux intérêts défendus par l’oligarchie au service de l’impérialisme américain. Ce sont des processus qui, avec toutes les difficultés et les différences qui les distinguent, ont démontré à l’Amérique latine et au monde entier qu’il est possible que les gouvernements soient au service des classes populaires et non des élites économiques, raison pour laquelle ils subissent un harcèlement constant de l’impérialisme.

D’autre part, et comme je l’ai également dit, nous faisons partie de la Fédération syndicale mondiale, dont l’internationalisme politique est l’un des principaux axes d’action et qui a toujours été du côté des processus de changement en Amérique latine, de la révolution cubaine aux processus des deux dernières décennies. Au niveau international, c’est la seule fédération syndicale qui a toujours défendu les processus de l’Amérique latine et, bien sûr, du Venezuela.

Traduction: VeneSol