Nous ne pouvons rester dans l’ambiguïté ou l’anonymat

Aujourd’hui le RÉSEAU rencontre Manolo Camaño, Secrétaire des Relations Internationales de l’Unité Centrale Traballadores/as, CUT de Galicia. Né en 1960 à Cangas do Morrazo, il a participé à des mobilisations sociales pendant plus de 30 ans. Nous nous sommes entretenus avec lui pour connaître son opinion sur le processus bolivarien et sur la manière dont la Galice ou l’Europe peuvent contribuer à la défense de la patrie de Bolívar.
La Central Unitaria de Traballadores/as de Galicia (CUT) a signé plusieurs communiqués syndicaux de soutien à la République bolivarienne et fait maintenant partie du Réseau européen de solidarité, pourquoi la classe ouvrière soutient-elle ce processus bolivarien ?
Pour des organisations de classe, qu’elles soient syndicales comme dans notre cas, progressistes ou de gauche, qu’elles soient politiques ou sociales, ne pas comprendre que le Venezuela bolivarien représente aujourd’hui le fer de lance contre le capitalisme international et l’impérialisme, ce serait ne rien comprendre. La CUT, en tant qu’organisation syndicale nationale et de classe, a comme principe clair dans son programme, la défense de l’autodétermination nationale, ici en Espagne ou partout dans le monde. Il est évident que le processus initié par Hugo Chávez, et poursuivi par les dirigeants actuels, avait et a toujours ce caractère libérateur et autodéterministe, en plus de représenter la majorité sociale du Venezuela. Je le répète, ne pas comprendre cela serait ne pas comprendre le principe le plus élémentaire du développement de la lutte des classes dans ce scénario historique. C’est pourquoi la CUT soutient le processus bolivarien.
Vous avez également dénoncé la guerre médiatique, la production et l’utilisation de messages pour créer des matrices d’opinion contre le Venezuela : comment la réalité du processus bolivarien est-elle perçue en Galice ou en Europe ?
Nous ne découvrons rien de nouveau en affirmant que la propagande capitaliste ou l’arme médiatique ont une capacité colossale, aujourd’hui, elle est remarquablement efficace pour les intérêts de la classe hégémonique. Des milliers de nouvelles sont fabriquées quotidiennement et distribuées par les médias pour saouler et désinformer. Tout mensonge généré dans les égouts de l’establishment médiatique au sujet du Venezuela monopolise les premières pages des journaux et ouvre régulièrement les programmes d’information. Leur but est évident : créer un état de l’opinion majoritaire à l’intérieur et à l’extérieur du pays qui légitime l’intervention et l’ingérence au Venezuela avec d’autres instruments, que ce soit le blocus économique, la guerre financière ou l’intervention militaire. Quelqu’un a dit un jour que, dans l’État espagnol, on en sait beaucoup plus sur le Venezuela que sur le Portugal. C’est symptomatique, non ? En Galice, et je parle à partir d’une perception de la CUT, il est clair qu’au Venezuela on assiste à une guerre asymétrique, non conventionnelle (jusqu’à présent), où la légitimité du peuple vénézuélien et ses outils de gouvernement constitutionnel et d’auto-organisation sont confrontés à l’impérialisme étatsunien et à ses alliés, les gouvernements fantômes de l’Union européenne ou d’Amérique latine. Si vous me le permettez, j’ajouterais que la proximité avec laquelle nous vivons les événements au Venezuela est également due en grande partie à l’affection et aux liens historiques de centaines de milliers de Vénézuéliens qui ont leurs origines et leurs racines en Galice.
Que peut-on faire depuis la Galice ou l’Europe, maintenant avec la création du RÉSEAU, pour contrer les actions et les agressions impérialistes, en particulier de l’Union européenne ?
Que pouvons-nous faire ? Les forces de classe, la vraie gauche, qu’elle soit sociale ou politique, les organisations progressistes doivent se tenir debout. Nous ne pouvons rester dans l’ambiguïté ou l’anonymat comme si l’attaque impérialiste contre le Venezuela ne nous concernait pas. Il ne peut y avoir de neutralité ici. Comme nous l’avons déjà dit, le projet bolivarien représenté par le gouvernement constitutionnel de Nicolás Maduro est dans la même tranchée que ceux qui, ailleurs, comprennent qu’un système plus juste est possible pour la majorité. Telle est notre lutte, l’émancipation nationale et sociale de la Galice comme objectif de la majorité sociale.
Enfin, que retiendriez-vous de la création du Réseau européen de solidarité avec la révolution bolivarienne ? Comment renforcer cette plate-forme au profit du peuple bolivarien ?
Il est évident que la création du Réseau européen de solidarité avec la révolution bolivarienne est une étape importante dans la structuration et la consolidation de la solidarité. Dans le scénario actuel d’agression, face à un ennemi si puissant, tout ce que nous ferons sera petit. En ce sens, la coordination régionale européenne des positions multiples et variées des organisations de soutien au niveau local ou national est une étape indispensable. L’impérialisme ne va pas s’arrêter à son offensive, la réponse ne peut être autre que le renforcement de la solidarité de la classe ouvrière et des peuples d’Europe avec la patrie de Bolivar. Le Venezuela est un danger pour les politiques néolibérales, précisément parce qu’il est un exemple historique pour l’Amérique latine comme la Révolution cubaine l’a été. D’après la CUT, il est très clair que le Venezuela est bien plus que la richesse énergétique convoitée par le capitalisme international. Le Venezuela est la révolution bolivarienne, un exemple pour le monde.
Manolo Camaño, CUT-Galicia
traduction: VeneSol