Les vraies raisons de l’attaque des paramilitaires colombiens sur la frontière

« Le délit transfrontalier commis par des délinquants en provenance de Colombie est combattu et continuera à être combattu avec force par les Forces Armées Nationales Bolivariennes (FANB) et tous les organismes de sécurité de l’État vénézuélien jusqu’à ce qu’ils soient complètement éradiqués quels que soient les risques et conformément à la loi. »
Amiral en Chef Remigio Ceballos, Chef du Commandement Stratégique Opérationnel des FANB.

En 2015, dans un article intitulé « Il faut arracher à la racine le para-militarisme, aussi bien celui qui est importé que celui qui est vénézuélien, » actuellement « disparu » de la toile et même sur ma propre page Facebook, nous écrivions : « Depuis les années 60 du siècle dernier, le Gouvernement colombien hors-la-loi a utilisé des groupes armés illégaux pour combattre l’insurrection armée, semant, en plus, la terreur dans sa base sociale et pour dépouiller les masses paysannes de leurs terres ancestrales au profit des grands propriétaires terriens. C’est la cas d’organisations délictueuses qui sont devenues de véritables armées paramilitaires comme le MAS (“Mort aux Ravisseurs”), créé par les parrains du Cartel de Medellín, Pablo Escobar Gaviria, Carlos Lehder, Rodríguez Gacha et les frères Ochoa, les CONVIVIR, les AUC et plus récemment les BACRIM.
Les Coopératives d’Autodéfense Agricoles (CONVIVIR), responsables d’innombrables atrocités dans le milieu rural colombien ont été une « réponse officielle » de l’État pour doter d’un « cadre légal » la défense des familles de grands propriétaires pour leurs propres terres face à la menace des groupes de guérilléros. Bien que créées par un décret-loi du Président César Gaviria, c’est Alvaro Uribe Vélez, alors gouverneur d’Antioquia qui les a le plus développées et en peu de temps, elles ont compté plus de 120 000 membres au niveau national et ont été autorisées par le Gouvernement à porter des armes et à avoir du matériel de communication.
Au milieu des années 90, les CONVIVIR ont commencé à céder la place aux Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), une véritable armée paramilitaire qui, selon son créateur Vicente Castaños a commencé à se répandre dans tout le pays en réponse à l’appel et avec la collaboration de patrons, de commerçants, de mineurs et d’éleveurs ensuite, de l’aveu même de son plus haut dirigeant, Carlos Castaño, a fait du trafic de drogues, de l’enlèvement, de l’extorsion et du pillage ses principales sources de revenus. Elles étaient tristement célèbres pour leur extrême anticommunisme, pour leurs sévices, leur barbarie et même pour des actes de cannibalisme et elles ont été responsables de milliers de massacres et d’assassinats de civils, de paysans et de syndicalistes et du déplacement forcé des membres de nombreuses communautés dans tout le pays. Le signalement d’un rapport de l’Unité de Justice et de Paix du Bureau du Procureur colombien selon lequel quelques 4 112 ex-combattants AUC affirmaient avoir perpétré 30.470 assassinats constitue une preuve irréfutable de cette action terrifiante. En 2003, quand a commencé leur démobilisation, ils avaient environ 40 000 combattants sur tout le territoire colombien et leurs relations avec les forces armées colombiennes étaient tellement étroites qu’il était de notoriété publique qu’elles constituaient la VI° Division de l’Armée colombienne au moment où celle-ci n’avait que 5 divisions. Les liens étroits d’ Alvaro Uribe Vélez et des AUC pendant qu’il était Président de la République sont très connus. Les déclarations d’un ex-capitaine de l’armée colombienne qui était aussi membre des AUC disant qu’il avait reçu des ordres venant directement de lui pour commettre une série d’homicides en sont une preuve réelle.
Après un processus de démobilisation polémique dirigé par le Gouvernement du président de l’époque Alvaro Uribe Vélez, plusieurs de leurs membres principaux ont fini par être extradés aux Etats-Unis pour être jugés en tant que trafiquants de drogues. Après al fin du processus, en 2006, la plupart des membres des Autodéfenses ont repris leurs actions délictueuses et ont formé plusieurs groupes insurgés appelés Bandes Criminelles Emergentes (BACRIM) parmi lesquels Les Aigles Noirs, Los Urabeños et les Rastrojos (Chaumes).
La capture du contingent de 150 paramilitaires cantonnés dans la propriété Daktari, située dans une municipalité de la Caracas Métropolitaine, en mai 2014 avant qu’ils aient pu entrer en action semble avoir provoqué le remplacement de la stratégie d’introduction de grands contingents en provenance de Colombie par la stratégie d’introduction de petites cellules paramilitaires dans les rues populaires des grandes villes avec mission d’essayer de passer inaperçues jusqu’à ce qu’elles reçoivent des instructions pour une action concrète. Entre-temps, des membres des AUC d’abord et plus tard des BACRIM, n’ont jamais cessé d’agir dans une relative impunité dans les zones rurales des états frontaliers : Zulia, Táchira, Apure et Amazonas et même dans des états à haute vocation agricole du centre-ouest du pays comme Lara et Portuguesa en commettant des actions qui leur sont propres : le trafic de drogues, a contrebande, l’enlèvement, l’extorsion, le recouvrement « d’impôts », le déplacement de populations et l’assassinat commandité.
Les actes terroristes qui ont eu lieu pendant les guarimbas de 2014 et de 2017, les assassinats atroces de camarades comme Eliécer Otaiza et Robert Serra et son assistante María Herrera, des assassinats accompagnés de démembrement des cadavres parmi d’autres actions portant la marque spécifique du para-militarisme colombien mettent en évidence le fait que les cellules paramilitaires colombiennes qui étaient en sommeil sont déjà entrées en activité avec la complicité d’éléments de notre délinquance. Ils mettent également en évidence l’existence d’un nombre non négligeable d’opposants vénézuéliens, à en juger par leur participation aux guarimbas de 2014 et de 2017, entraînés en Colombie aux techniques que a enseignées le sionisme terroriste international qui semblent ne souffrir que d’un manque d’organisation comme toute la contre-révolution pour pouvoir se constituer en véritable armée paramilitaire. Les cellules armées dirigées par Oscar Pérez, ex-fonctionnaire du CICPC et par le déserteur Juan Caguaripano, heureusement déjà démantelées par les organismes de sécurité de l’Etat vénézuélien, étaient destinées à être le germe de cette armée paramilitaire qui devrait entrer en conflit avec les organismes institutionnels pour le contrôle de certaines parties de notre territoire comme ils ont réussi à la faire en Libye et tentent de la faire en Syrie, dans les 2 cas avec le soutien de l’armée de l’OTAN.
Et pour finir ce préambule, je dois dire qu’il est prouvé, et ça a été, de plus, signalé récemment dans un communiqué par la chancellerie vénézuélienne à propos de l’attitude négligente et tendancieuse de l’actuel Gouvernement de Colombie face aux faits que nous évoquons, que les Gouvernements bourgeois successifs de la Colombie ont manifesté pendant les 60 dernières années une incapacité et une inaction évidentes face aux opérations sur notre frontière des groupes violents colombiens qui ont causé des pertes humaines et matérielles inestimables à la République Bolivarienne du Venezuela. 
Et le même communiqué indique que « pour le Gouvernement et la société du Venezuela, disposer d’immenses ressources humaines, économiques et financières pour garantir sa sécurité en évitant le débordement permanent de la violence du trafic de drogues et de la criminalité qui viennent de Colombie, s’y développent et s’y multiplient pendant des décennies a constitué une charge onéreuse. »
Pour entrer dans le vif du sujet, je dois commencer par dire que cette attaque militaire a eu lieu dans la soirée du dimanche 4 novembre, quand des membres de la Garde Nationale Bolivarienne (GNB) ont été attirés dans une embuscade par des groupes armés colombiens dans le quartier Escondido de la municipalité d’Atures, dans l’état d’Amazonas, un événement malheureux lors duquel au moins 3  jeunes soldats vénézuéliens ont perdu la vie et au moins 10 ont été blessés.
En donnant des informations à ce sujet, le général en chef Vladimir Padrino López, ministre de la défense, a déclaré textuellement : « Cet acte infâme a été fait en représailles après la capture de 9 paramilitaires colombiens sur lesquels on a saisi des armes de guerre et qui, en conséquence, ont été mis à la disposition du Ministère Public. » 
Quelques heures après ces 2 événements, une photo de l’un des paramilitaires arrêtés diffusée par la délégation CICPC-Amazonas et un twitt du célèbre journaliste payé par la contra Javier Ignacio Mayorca, contenant 2 cartes d’identité vénézuéliennes et des photos du personnage en question, envoyé au nom de Gabriel Alfonso Ariza Suárez que « l’expert en criminologie Mayorca » identifie comme le chef militaire de l’ELN Luis Felipe Ortega Bernal comme on peut le voir sur l’un des sites les plus emblématiques de la contre-révolution, ont servi de base pour imposer l’idée qu’en effet, la paramilitaire capturé est ce chef militaire de l’ELN puisque, comme on pourrait le prouver grâce à une brève recherche sur Google, le « résultat » et les conclusions de Mayorca ont été largement diffusés par d’innombrables médias digitaux aussi bien au Venezuela qu’en Colombie. Cependant, comme le mensonge a les pattes courtes, le lendemain, le blog d’investigation “La Tabla” réussit à démontrer, de façon fiable grâce à une série de twitts émis à partir de son compte @latablablog, que le paramilitaire en question ne peut être plus tard Luis Felipe Ortega Bernal “Garganta”. En effet, les textes des twitts illustrés par des photos démontrent que le citoyen en question ne ressemble pas physiquement à “Garganta” comme on peut le voir en les comparant avec une photo de ce chef guérilléro et que le paramilitaire en question, identifié comme Gabriel Alfonso Ariza Suárez, ressemble énormément physiquement à Jhan Carlos Amaya, un commerçant de Santander qui, même s’il a été accusé d’être le chef guérilléro “Garganta”, raison pour laquelle il a été emprisonné en Colombie de 2013 au 7 septembre dernier, a été rems en liberté après qu’un test ADN ait prouvé son innocence. Presque en même temps, un membre de la haute direction de l’ELN niait que le citoyen capturé soit son camarade “Garganta” et disait plus ou moins que ses camarades n’étaient capturés que blessés ou morts.
Je n’ai aucun doute sur le fait que cette gigantesque « mascarade » fabriquée par la canaille des médias vénézuélienne et internationale avait pour but de soutenir les fausses déclarations faites au « Journal des Amériques » le 2 novembre dernier par l’ambassadeur Colombie aux Etats-Unis, Francisco Santos, disant sans aucune pudeur que « l’ELN est un groupe paramilitaire du gouvernement vénézuélien » utilisé pour « faire les sale travail que la Garde Nationale ne fait pas » et que donc, il la chargent de « travaux » dans les zones minières, d’assassinats à divers endroits pour exercer un contrôle et pour les utiliser comme groupe paramilitaire.
La mauvaise intention du gouvernement colombien hors-la-loi de criminaliser le Gouvernement révolutionnaire en lui attribuant des liens illégitimes avec l’Armée de Libération Nationale (ELN), un groupe insurgé colombien d’orientation marxiste-léniniste, qu’ils relient allègrement à ‘exploitation et à la commercialisation de l’or provenant de ce qu’on appelle « l’Arc Minier de l’Orénoque » est mise en évidence par de malheureuses et absurdes déclarations d’Américo De Grazia, reproduites le 7 novembre par le site très lié à l’opposition Venepress. Le député De Grazia, qu’on devrait plutôt appeler « Disgrâce » pour avoir trahi le peuple bolivarien qui a cru en lui et pour sa très logue et fructueuse histoire délictueuse liée à l’exploitation illégale de l’or, a eu le toupet de dire que tout l’or vénézuélien, comme celui dont il a dit mensongèrement que nous avons vendu récemment à la Turquie, passe d’abord dans les mains de l’ELN.
Hier encore, le journal londonien “Times” a publié une information prise dans un article de RT du même jour disant que la Banque d’Angleterre(Bo) a refusé de rendre au pays 550 millions en or, propriétés du Venezuela parce que selon le régulateur britannique, il existe une incertitude croissante concernant les intentions de Caracas à propos des 14 tonnes de lingots d’or. Cette information, qui a déjà été reprise avec un grand enthousiasme par des sites de la contre-révolution vénézuélienne comme “PANAM POST”, dit aussi que selon certains rapports, on attend que le Gouvernement vénézuélien donne des précisions sur ses plans concernant l’or puisqu’il « existe une inquiétude sur le fait que Maduro puisse prendre l’or qui est propriété de l’Etat et le vendre pour son profit personnel. »
C’est pourquoi je conclut que les déclarations faites par Santos à Washington le 2 novembre, qui relient l’ELN au Gouvernement vénézuélien et aux mines d’or dans la zone, a capture des paramilitaires colombiens, soi-disant à cause d’une dénonciation des plus hautes autorités colombiennes, le 4 nombre au matin, l’attaque des membres de notre GNB, le 4 dans la soirée, l’attribution d’une fausse identité à l’un des individus arrêtés pour rendre l’ELN responsable de cette attaque, le 4 en fin de soirée ainsi que les malheureuses déclarations du député « Disgrâce » qui attribue à l’ELN le contrôle de l’exploitation et de la commercialisation de l’or vénézuélien diffusées le 7 novembre ont été ourdies par le Gouvernement de l’Empire avec la complicité du Gouvernement de la Colombie dans le but de nous voler l’or dont nous étions en train de gérer la remise pour ainsi continuer à resserrer le siège économique et financier qu’ils nous ont imposé. C’est pourquoi j’ose dire, en paraphrasant le Che, qu’à la Colombie… même pas un tout petit peu. 
Par Carlos E. Lippo
Source en espagnol : RL / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos