La lutte du peuple vénézuélien est la lutte de tous les peuples du monde

Nous avons rencontré Maigualida Rivas, présidente du Cercle Bolivarien de Paris et du Collectif Alba-France depuis sa fondation en 2005.

En France, il y a aussi un mouvement de solidarité avec la Révolution Bolivarienne très actif. Quel rôle joue le Cercle Bolivarien de Paris dans cette lutte pour défendre le peuple vénézuélien ?
Le Cercle Bolivarien de Paris a été fondé en 2003 comme une nécessité pour nous, les Vénézuéliens qui vivions en France, en fait à Paris, avec un groupe de Français qui suivaient avec beaucoup d’enthousiasme les apports de la Révolution Bolivarienne dirigée par le Commandant Hugo Chavez Frías, avec un projet social et politique progressiste. Mais il a aussi été créé pour défendre la Révolution contre la menace de la droite vénézuélienne après le coup d’État de 2002 et la grève pétrolière qui l’a suivie. Dès le début, et je le revendique encore plus maintenant, le Cercle Bolivarien de Paris a été composé par une majorité de femmes très actives avec à leur tête sa première présidente, Tania Delgado qui a été suivie par sa troisième présidente, une femme également, Claude Maryse Richard. Chávez a toujours dit que la Révolution Bolivarienne avait un visage de femme… Avec cette introduction, on ne peut nier le travail réalisé maintenant encore par tous les camardes masculins qui, dès le début et jusqu’à présent, ont fait partie du Cercle Bolivarien de Paris. Je peux dire aussi que les camarades qui ont fondé le Cercle à ce moment-là sont au Venezuela et continuent à être chavistes !!! Mais pour répondre à ta question – il faut toujours garder la mémoire de nos origines — le Cercle Bolivarien de Paris a toujours été une organisation qui croyait et qui croit toujours en la bataille des idées. La plupart de ses activités a été destinée à organiser des débats, des conférences, des projections de films, des présentations de livres, des échanges avec tous les secteurs politiques et sociaux de Paris et même de la France entière. Sous le Gouvernement du président Chávez, nous avons eu l’occasion de le recevoir 4 fois à Paris et les 3 dernières fois, le Cercle Bolivarien de Paris a pu réunir toutes les forces progressistes autour de la Révolution Bolivarienne : les associations latino-américaines, les associations françaises, les syndicats, les partis politiques, les médias alternatifs. Les réussites de la Révolution ont été diffusées et le débat sur la possibilité de faire la révolution au XXI° siècle a été dirigé par le Cercle. 
Je crois que le rôle que nous avons joué jusqu’à présent a été de stimuler a solidarité internationale envers les projets progressistes, en particulier envers le projet de la Révolution Bolivarienne mais nous n’avons jamais cessé de participer à la lutte et à la défense des autres causes justes – la Révolution Cubaine, puis le retour des Sandinistes au pouvoir avec le FSLN, l’arrivée au Gouvernement de Correa et de la Révolution Citoyenne, l’arrivée du président Evo Morales et d’une Bolivie Multiethnique, multiculturelle où la Pacha Mama a resurgi pour rétablir l’équilibre nécessaire entre l’homme et la nature, la cause des Palestiniens, la lutte pour la non impunité des crimes commis sous les dictatures du Chili, de l’Uruguay, de l’Argentine et la nécessité de garder vivante la mémoire de notre histoire de luttes… Nous avons apporté notre grain de sable à la défense du peuple vénézuélien en faisant connaître ses transformations sociales, politiques, économiques et surtout culturelles. Notre peuple s’est transformé pour retrouver ses racines indigènes, afro-descendantes, métisses mais surtout pour devenir des gens dignes d’être respectés pour leurs idées, pour leurs luttes, pour leurs rêves, pour leur droit à être souverains et indépendants et à vouloir être acteurs de la construction de leur pays, d’une patrie qui récupère la lutte de nos ancêtres et de nos héros, les luttes des résistances passées mais qui nous ont donné la force d’affronter ces luttes quotidiennes aujourd’hui pour une société juste, équitable et qui essaie de construire ce socialisme bolivarien du devenir XXI° siècle. Le Venezuela affronte la puissance de l’Empire comme d’autres peuples l’ont fait et le feront toujours. Nous ne sommes pas les seuls, nous faisons partie d’un mouvement de libération à l’échelle mondiale.
Quel message diffusent les médias français à propos de ce qui se passe au Venezuela ? Existe-t-il des médias alternatifs ou d’autres canaux de communication qui permettent de donner au citoyen français une autre vision de ce qui se passe dans le processus bolivarien ?
Les médias français se comportent comme tous les médias hégémoniques. Quand ils parlent du Venezuela, c’est toujours pour donner la parole à la droite vénézuélienne. Les occasions où la presse française a souligné une réussite de la Révolution Bolivarienne sont très rares. Comme disent certains de nos amis comme pour bien parler de nous, nous sommes un « mauvais exemple, » c’est à dire qu’ils instrumentalisent et utilisent les arguments de la droite pour fuir et passer sous silence la réalité et les réussites sociales, économiques, culturelles et politiques de la Révolution Bolivarienne. Imagine que la presse française dise que la Constitution vénézuélienne a prévu le referendum révocatoire pour toute charge d’élection, et même que le président Chávez l’a invoquée et a été confirmé en tant que président et pas révoqué comme la droite le voulait. Ou que la presse française dise qu’une mission a été créée en 2006 pour construire des logements pour la population la plus défavorisée et qu’elle a construit jusqu’à présent plus de 2 200 000 logements – malgré la chute du prix du pétrole et la guerre économique et financière actuelle – ou que les retraités qui perçoivent des pensions sont passés de 500 000 à plus de 3 000 000 et que ce nombre augmente toujours, qu’on indexe la pension sur l’inflation – même aujourd’hui où il y a une hyperinflation induite par la manipulation du dollar – qu’il y a un système de santé gratuit – qui aujourd’hui est touché par le blocus financier imposée par les États-Unis et l’Union Européenne.
Enfin, la presse française ou, pour mieux dire, les entreprises de presse françaises et transnationales ne publieront jamais rien qui aille dans le sens d’un projet de société qui s’oppose aux politiques néolibérales qui dominent dans le monde. Par contre, il existe des médias alternatifs français qui, par conséquent, ont soutenu la diffusion de ce qui se passe réellement au Venezuela. Nous avons plusieurs médias, c’est Bolivar Infos qui diffuse tous les jours des informations sur ce qui se passe au Venezuela mais pas seulement, également dans tous les pays de Notre Amérique. Ses sources sont diverses et c’est réellement un média alternatif face à la NON diffusion de ce qui se passe en Amérique Latine et dans les Caraïbes.
Il y a aussi Le Grand Soir, Mémoire des Luttes, parmi les médias alternatifs. VenezuelaInfo est aussi un média alternatif en français réalisé par un communiquant alternatif qui est aussi cinéaste et montre le Venezuela bolivarien du point de vue des communautés. C’est un média qui nous a été très utile, au Cercle Bolivarien de Paris, parce que la commune, c’est l’essence de la Révolution Bolivarienne : le Pouvoir Populaire… Il y a des médias qui émanent des syndicats progressistes et du Parti Communiste comme le journal l’Humanité qui, dans des occasions ponctuelles comme par exemple la période des guarimbas ou explosions « pacifiques » de l’opposition vénézuélienne les ont couvertes mais en en donnant une vision différente de celle que la presse française hégémonique voulait imposer. Sans aucun doute, c’est sur les réseaux « sociaux » virtuels que l’opposition prolifère mais il y existe aussi un ensemble de sites qui expriment la vérité sur les réussites de la Révolution Bolivarienne et qui, en ce moment de guerre non conventionnelle à laquelle est soumis le Venezuela, jouent un rôle très actif dans la défense de la vérité et dans la bataille des idées qui est essentielle pour nous, au Venezuela. 
Ni la France ni l’Union Européenne n’ont condamné la tentative d’assassinat du Président Nicolás Maduro et elles continuent à proroger des sanctions illégales qui affectent le peuple vénézuélien. Comment vois-tu ces faits, du Cercle Bolivarien de Paris ?
Bien que nous soyons conscients que ni la France ni l’Union Européenne ne sont d’accord avec le modèle politique et économique que la Révolution Bolivarienne met en place, nous ne pouvions pas croire ce que nous entendions et ce que nous lisions dans les médias français… Mettre en doute la tentative d’assassinat du Président du Venezuela, Nicolás Maduro Moros – un Président élu démocratiquement, qui représente le pays qui possède la première réserve de pétrole certifiée au monde, qui a présidé en 2017-2018 le Mouvement des Pays Non-alignés, un pays qui a le droit de parole et de vote dans le concert des pays qui font partie des Nations Unies, un Président qui, bien qu’il soit attaqué depuis son premier mandat en 2013 a toujours appelé au Dialogue et rappelé la nécessité de vivre en paix au Venezuela et dans le monde – en laissant supposer que cette tentative d’assassinat n’a pas eu lieu… Ces 2 drones dont l’un a explosé. La scène a pu être filmée parce qu’elle s’est déroulée au cours d’une cérémonie publique – télévisée par toutes les chaînes vénézuéliennes – une cérémonie où se trouvait aussi tout le haut commandement militaire, les membres du Pouvoir exécutif et Judiciaire du pays… La presse française et ceux qui la dirigent ont pu mettre en doute cet acte terroriste grave contre un président latino-américain démocratiquement élu. Cela montre l’absence de morale et d’éthique des dirigeants européens. Si cela s’était passé en France, le monde aurait hurlé à l’unisson pour le condamner irrévocablement. Je pense que cette attitude des dirigeants européens et en particulier français est regrettable à long terme parce qu’elle montre la soumission, l’absence d’indépendance et même une position néocolonialiste qui s’est ancrée en Europe qui conduit à des positions plus conservatrices et proches du fascisme dont nous étions nombreux à penser qu’elles avaient disparu après la Seconde Guerre Mondiale… Mais non… avec ces positions, ces mouvements se renforcent et montrent un retour que nous sommes nombreux à voir avec horreur, ici, en Europe face au dédain et presque au mépris pour les avancées que les pays d’Amérique Latine ont faites pour sortir de la pauvreté et des inégalités économiques et sociales que provoquent les politiques néolibérales dans le monde.
Maintenant que tu fais aussi partie du Réseau Européen de Solidarité envers la Révolution Bolivarienne, comment peux-tu renforcer cet espace de combat et comment lancer un appel à d’autres groupes pour qu’ils le rejoignent ?
Nous pouvons renforcer cet espace de combat avec plus d’organisation, plus d’unité dans la diversité qui existe dans la solidarité internationale. Avec des coordinations qui nous permettent de faire des campagnes et des actions unitaires. Nous demandons de soutenir le peuple vénézuélien qui, avec dignité, résistance et créativité, lutte tous es jours pour conserver les conquêtes, les droits et les devoirs que la Révolution Bolivarienne leur a permis d’atteindre. La Révolution Bolivarienne a sans aucun doute été une révolution pour le peuple et même pour ses opposants parce qu’elle a transformé la culture de tout un pays. Le Vénézuélien d’aujourd’hui sait que ce qui a été gagné n’est pas suffisant, qu’il y a encore beaucoup de choses à changer parce qu’elles viennent de nombreuses années d’oppression et d’inégalités, plus de 500 ans, exactement. Une révolution ne se fait pas en 20 ans de gouvernement progressiste, plus si on pense que pendant ces 5 dernières années, nous avons été attaqués par une guerre non conventionnelle destinée à étouffer économiquement notre peuple pour qu’il se soulève contre le Gouvernement qu’il a lui-même élu. La lutte du peuple vénézuélien est la lutte de tous les peuples du monde, du peuple des travailleurs, des citoyens de la République… Soutenir la Révolution Bolivarienne et le Président du Venezuela, Nicolás Maduro qui a démontré qu’il était un fils de Chávez, un ouvrier que les circonstances ont amené à assumer la présidence d’un pays qui venait de perdre son dirigeant éternel, c’est soutenir un autre pays qui cherche, en toute souveraineté, indépendance et démocratie participative à construire une société juste, équitable, soutenable, indépendante et anti-impérialiste. La Révolution Bolivarienne veut construire son propre destin, veut être solidaire de tous les peuples qui luttent pour leur libération, veut que la solidarité, la complémentarité, le multilatéralisme, la diversité dans l’unité, soient la voie pour surmonter les injustices que le capitalisme et ses politiques néolibérales ont imposées au monde. Travailleurs, citoyens, peuples, unissons-nous pour construire en Paix notre propre destin, nous voulons être libres, souverains, indépendants et vivre dans le plus grand bonheur possible comme le disait notre Libérateur Simon Bolívar. Vivent Chávez et Maduro! Vive le Peuple de la République Bolivarienne du Venezuela !
Source : Réseau Européen
traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos
Source en espagnol : http://portalalba.org/index.php/entrevistas/18736-la-lucha-del-pueblo-venezolano-es-la-lucha-de-los-pueblos-del-mundo