Venezuela : Investiture et obsession

Les cris hystériques de deux députés peuvent-ils couvrir la voix de milliers de personnes ? Ils le peuvent… à condition que les médias hégémoniques leur fournissent le micro, que les médias hégémoniques soient à la solde de ceux qui veulent convaincre le monde de se mettre du côté de l’oppresseur : un si petit nombre de familles qui possèdent la richesse de la planète en pillant les ressources naturelles au peuple et en profitant au maximum de sa force de travail.
Un système clairement injuste et irrationnel qui détruit les excédents produits au lieu de les distribuer – c’est la loi du marché, fillette ! – qui augmente le nombre de chômeurs et oblige ceux qui travaillent à le faire de façon intensive, sans garanties et pour des salaires de plus en plus faibles.
Si elles regardaient les faits, leur réalité obstinée et complexe, les masses qui marchent derrière de faux drapeaux verraient clairement le précipice vers lequel elles se dirigent. Mais les faits, la dure réalité des faits ou la véritable relation entre les classes sont déformés, précisément par la propagande des médias : par les médias de guerre qui participent au commerce qui découle de tout cela. Jusqu’à ce qu’éclate le soulèvement populaire, hier à Caracas (le Caracazo), aujourd’hui à Paris et alors tout s’éclaire.
L’attaque contre des pays comme le Venezuela qui s’obstinent à laisser ouverte la possibilité d’une alternative au capitalisme et qui cherchent à creuser le trou de l’intérieur est évidente. La peur de la bourgeoisie que le socialisme revienne devient évidente. L’obsession des grandes puissances contre « l’insupportable », Maduro, contre le « dictateur » qui, pendant ses 5 premières années de gouvernement, s’est soumis à l’épreuve de 9 élections, devient évidente…
Plus il réussit à avancer, évitant comme il peut les obstacles et les pièges, plus s’élève le choeur de ceux qui voudraient entonner le De Profundis et célébrer la mort du socialisme qui doit être gommé de l’histoire. « Il n’y a pas pas d’autre solution – dit le refrain – cessez d’agiter ce que vus savez et dépêchez-vous d’acheter (cher) une place en première sur le croisière de luxe vers l’abîme… »
C’est pourquoi, pendant la visite de Nicolás Maduro au Mexique, l’excellent accueil des secteurs populaires, la salle pleine de travailleurs ont été passés sous silence par les médias qui, par contre, ont amplifié la réaction des 4 chats qui s’agitaient pour défendre l’oligarchie. Malgré la pression internationale, le président mexicain récemment élu, Manuel López Obrador, AMLO, n’a pas cédé au chantage des Etats-Unis et de l’axe des forces conservatrices qui demandaient d’exclure Maduro de la cérémonie d’investiture. Mais la photo de Nicolás Maduro avec Evo Morales et Miguel Diaz Canel, prêts pour de nouvelles victoires, a été immortalisée.
S’il avait cédé à ce chantage, AMLO aurait tourné le dos à une partie importante de ses électeurs : aux mouvements populaires qui, lors des réunions internationales, ont reçu le soutien de Cuba, du Venezuela et des Gouvernements progressistes d’Amérique Latine face aux évidentes violations des Droits de l’Homme dans leurs pays néolibéraux (du Mexique à Colombia, en passant par le Brésil et l’Argentine, le Honduras et le Guatemala) …
Mais évidemment, de cela ne se préoccupent ni l’ineffable secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro, ni les patrons de ces Gouvernements qui ont grimpé sur la chaise pour garantir leur combustible tout en mettant leurs peuples à genoux devant le gendarme de l’occident. En Colombie, des dirigeants populaires sont assassinés tous les jours : le dernier à être tombé est un gouverneur indigène de Cauca. Beaucoup de familles sont obligées de fuir des groupes paramilitaires protégés par l’appareil d’État.
A Caracas, lors d’une réunion récente au bureau du Défenseur du Peuple à laquelle les journalistes étaient invités, il y avait des représentants de l’ACNUR, le Haut Commissariat des nations Unies pour les Réfugiés. Peut-être étaient-ils là pour attirer l’attention du Gouvernement de Maduro, responsable, selon la droite, d’une gigantesque « crise humanitaire » dans le pays et sur ses frontières ?
Même pas en rêve : pendant des mois, les représentants de l’ACNUR étaient présents au Venezuela pour mettre en place un plan pour recevoir, sur la frontière, les victimes de la violence, en particulier des femmes, qui ont tout perdu, arrivent de Colombie et demandent le statut de réfugiés. Les représentants de l’ACNUR ont fourni les données et mis en place les projets qui comprennent aussi la formation du personnel la mise en place des communautés.
Un autre aspect important de la politique bolivarienne est la diplomatie de paix menée à bien dans toutes les organisations internationales où le Venezuela a la possibilité d’intervenir aussi bien en tant qu’acteur politique qu’en tant que dirigeant. C’est le cas du Mouvement des Pays Non-Alignés, la seconde institution internationale après l’ONU dont le Venezuela assume la présidence tournante. C’est aussi le cas de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) dont le Venezuela assume maintenant la présidence tournante. 
A son retour de Russie, où il a signé d’importants accords économiques et commerciaux, Maduro a annoncé qu’à l’OPEP, il y avait un accord avec 10 pays alliés, y compris la Russie, pour réduire la production quotidienne de pétrole. Et cela fera augmenter le prix du baril « et l’investissement en faveur de notre peuple, » a dit le Président. La Déclaration de Coopération, proposée par Maduro sera la base de travail de l’organisme international pour 2019.
« Nous avons atteint un objectif très important, nous sommes en train de répondre au développement des pays du monde. L’énergie doit être pour le développement des peuples, pas pour la spéculation, » a dit le ministre vénézuélien du pétrole, Manuel Quevedo.
Une politique de souveraineté qui déplaît à ceux qui se voient comme « le petit caniche » de Trump. Et, en fait, aussi bien le président colombien Iván Duque que son allié argentin Mauricio Macri et que le nouvel arrivant Jair Bolsonaro ont commencé à attaquer et à menacer Maduro. Un général brésilien dit qu’il est convaincu qu’il y aura rapidement un coup d’État au Venezuela. Bolsonaro, qui sera investi le 1° janvier, a réaffirmé son engagement de « lutter contre le communisme » et a offert le Brésil comme siège d’un hypothétique tribunal de justice pour juger les « dictatures » du Venezuela, de Cuba et du Nicaragua.
Une proposition qui vient du “gusano” Orlando Gutiérrez, opposant enragé au Gouvernement cubain qui a déménagé aux Etats-Unis. L’un de ceux qui luttent contre l’investiture de Nicolás Maduro pour son second mandat le 10 janvier. Tous attendent l’os lancé par le maître. Par contre, le peuple bolivarien, a terminé avec ces dernières élections une étape de sa révolution et regarde vers l’horizon.
Par Geraldina Colotti
Source en espagnol : RL / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos / Revu par Gabriela Pereira.