Manifestation devant l’ambassade des États-Unis à Bruxelles : pas d’ingérence au Venezuela

Ce mercredi 9 janvier, des membres du Réseau européen de solidarité avec la révolution bolivarienne se sont rassemblés devant l’ambassade des Etats-Unis pour exiger que soit respectée la volonté du peuple vénézuélien. Le 20 mai dernier, le Président Nicolas Maduro a été élu pour un second mandat, récoltant près de 68% des suffrages. La prestation de serment du Président Maduro aura lieu ce jeudi 10 janvier.
Pas d’ingérence des États-Unis au Venezuela !
Au nom d’un soi-disant « rétablissement de la démocratie » au Venezuela, les États-Unis multiplient depuis plusieurs années les sanctions économiques, et les menaces de manière à déstabiliser le gouvernement vénézuélien, incluant explicitement des actions militaires. Pour mener à bien le renversement de Nicolas Maduro, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo envisage aujourd’hui de s’assurer du soutien de la Colombie et du Brésil. S’appuyer sur l’extrême-droite pour rétablir la démocratie… si le projet n’était pas ignoble, il prêterait à rire !
Mais au-delà d’une condamnation morale, nous voulons aussi attirer l’attention sur le danger d’une aventure guerrière, non seulement pour la région, mais aussi pour la paix mondiale. Qu’il suffise de rappeler que la Colombie est partenaire mondial de l’OTAN.
Que les ressources pétrolières et minières du Venezuela suscitent la convoitise des entreprises multinationales ne fait pas plus de doute que la vacuité des arguments de la « crise humanitaire » et de la « liberté », déjà utilisés pour justifier les interventions illégales et dévastatrices en Irak ou en Libye.
Mais au-delà de l’accaparement des richesses du pays, c’est le modèle d’un gouvernement, basé sur plus de justice sociale qu’ils cherchent à détruire.  Car en réélisant une nouvelle fois le Président Maduro, le peuple vénézuélien a réaffirmé démocratiquement son choix courageux de suivre sa propre voie socialiste, indépendante, anti-impérialiste et anti-néolibérale.
Nous demandons que la Belgique reconnaisse le Président Maduro, qu’elle œuvre à la suppression des sanctions économiques et financières contre le peuple vénézuélien et qu’elle agisse en ce sens au niveau des instances européennes.
VeneSol
Argumentation :
Le 20 mai dernier a eu lieu la 6e élection présidentielle de l’histoire contemporaine de la République Bolivarienne du Venezuela. A cette occasion a été élu Président Constitutionnel le citoyen Nicolás Maduro Moros qui, conformément à la Constitution vénézuélienne, sera investi pour un nouveau mandat le 10 janvier prochain.
L’élection s’est déroulée dans un climat de paix et de tranquillité et 46,02% du corps électoral y a participé. Ce chiffre est plus élevé que, par exemple, celui enregistré lors des dernières élections européennes.
À ces élections se sont présentés des candidats de différentes tendances politiques comme Henry Falcón, dirigeant du parti « Avancée Progressiste » et Javier Bertucci, dirigeant du parti « Le Changement », deux opposants au Gouvernement actuel. Il faut souligner que 67,84% des personnes votantes ont voté pour le candidat du Front Large de la Patrie, Nicolás Maduro. Cela représente 6.245.862 de votes valides. Le candidat d’opposition le mieux placé, Henry Falcón, n’a eu que 20,93%, ce qui représente 1.927 387 voix.
Le résultat des élections et la réponse démocratique du peuple vénézuélien mettent en évidence la détermination de celui-ci à continuer à construire son destin de façon indépendante et démocratique.
Pendant ces 5 dernières années, différents Gouvernements étasuniens ont mis en place contre le Venezuela un plan de déstabilisation sophistiqué pour renverser le Gouvernement élu démocratiquement grâce à un système électoral considéré comme l’un des meilleurs du monde, comme l’a dit l’ex-président étasunien Jimmy Carter en personne.
Les déclarations du Gouvernement étasunien demandant un changement de régime, violent systématiquement la souveraineté et l’autodétermination du peuple vénézuélien.
En mars 2015, dans un Décret Exécutif, le Gouvernement des Etats-Unis a qualifié le Venezuela de « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et pour la politique étrangère des Etats-Unis » et déclaré une « urgence nationale pour faire face à cette menace. » Un autre Ordre Exécutif, en août 2017 exigeait que le Département du Trésor mette en place des sanctions « irréversibles » contre l’économie et le système financier vénézuélien, un ensemble de mesures coercitives unilatérales inacceptables pour le Droit International. Grâce à ces cadres légaux, ont été mis en place un blocus économique contre les plans de rétablissement de l’économie vénézuélienne affectée par la chute des prix du pétrole à partir de l’été 2014.
Par le blocus économique de la compagnie pétrolière appartenant à l’État vénézuélien (PDVSA), la colonne vertébrale de l’économie vénézuélienne, et le blocus commercial et financier, on porte directement atteinte au commerce et à l’achat de produits de première nécessité et on porte un coup dur à la qualité de vie du peuple vénézuélien en aiguisant ainsi la crise économique. C’est pourquoi William Brownfield, ex-ambassadeur des Etats-Unis au Venezuela a déclaré récemment : « En ce moment, la meilleure solution serait peut-être d’accélérer l’effondrement malgré la période de souffrance, peut-être des mois ou des années, qui en découlerait pour la population. »
La situation est très similaire à celle que Richard Nixon avait induite au Chili, en 1973, quand il voulait en « faire crier l’économie », mettant ainsi en place les bases du renversement du président démocratiquement élu Salvador Allende par le général Pinochet.
Grâce à leur monopole du pouvoir médiatique, les États-Unis manipulent l’opinion publique mondiale en imposant le discours narratif d’une « crise humanitaire » au Venezuela destiné à justifier une intervention militaire déguisée en « aide humanitaire. » En septembre 2018, Trump a déclaré aux médias, à l’Organisation des Nations Unies, que, concernant le Venezuela, « toutes les options sont sur la table…»
En 2016 a été publié le document du Commandement Sud des Etats-Unis (SOUTHCOM) “Venezuela Freedom-2 Operation” signé par l’amiral Kurt W. Tidd-Commander, dans lequel est détaillé le plan destiné à provoquer une implosion-effondrement grâce à un ensemble de politiques destinées à renverser le Gouvernement vénézuélien en utilisant une stratégie à large spectre dans le cadre de laquelle des opérations simultanées, combinées et continuelles ont été développées de 2016 à 2018.
Les Etats-Unis et un groupe de Gouvernements qui obéissent aux ordres de la Maison Blanche (le Groupe de Lima) s’apprêtent à refuser de reconnaître la légitimité du mandat conféré au Président Nicolás Maduro Moros à partir du 10 janvier. Face à l’annonce de ces intentions, nous lançons un appel au peuple des Etats-Unis et à la communauté internationale à la non-intervention, à reconnaître et à respecter la volonté souveraine du peuple vénézuélien qui continue à tracer sa propre voie de paix, guidé par son droit inaliénable à la libre détermination et à l’indépendance.

VENESOL est une plate-forme née d’une initiative de divers réseaux, associations et citoyens belges créée le 21 juin 2017 à Bruxelles. Notre vocation est d’être une source d’information et d’analyse pour le public francophone et travaillons pour ouvrir le réseau au-delà de nos frontières linguistiques. Le but est de créer un vaste réseau de solidarité avec le Venezuela afin de sensibiliser et de mobiliser les citoyens. (venesol.org)
VeneSol fait partie du Réseau européen de solidarité avec la révolution bolivarienne composé de plus de 80 groupes et associations dans 17 pays européens.