Le Groupe de Lima a 48 heures pour rectifier sa position

Le président du Venezuela, Nicolás Maduro, a annoncé mercredi lors d’une conférence de presse avec les médias vénézuéliens et étrangers au Palais de Miraflores que son Gouvernement a remis aujourd’hui une note de protestation aux Gouvernements qui font partie du Groupe de Lima pour exiger une rectification sous 48 heures des positions sur le Venezuela qu’ils ont exprimées dans leur communiqué du 4 janvier faute de quoi « les mesures diplomatiques les plus urgentes et les plus rigoureuses » seront prises pour défendre le pays :
« Aujourd’hui, on a remis à tous les Gouvernements du cartel de Lima cette note diplomatique de protestation dans laquelle nous exigeons une rectification de leurs positions sur le Venezuela  sous 48 heures ou le Gouvernement du Venezuela prendra les mesures diplomatiques les plus urgentes et les plus rigoureuses pour défendre l’intégrité, la souveraineté et la dignité de notre Venezuela. Ils ont 48 heures, les Gouvernements du cartel de Lima, pour rectifier leur politique grossière d’intervention ! »
« Ils veulent dire quelle institution est légitime au Venezuela. Pouvez-vous imaginer que les Gouvernements du monde puissent nous donner leur avis et légitimer ou discréditer des institutions, pays contre pays ? » s’est demandé le Président vénézuélien. « que je dise, du Venezuela, qu’en Colombie, la Cour Suprême de Justice n’est pas légitime ou que monsieur Iván Duque n’est pas légitime parce qu’il a trompé le peuple de la Colombie et donc, que nous en le reconnaîtrons pas ? Que deviendraient le Droit International, le droit coexistence, le Système des Nations Unies, les avancées de la culture universelle, la diplomatie de paix dans le monde ? Qu’en adviendrait-il ? Le monde serait fini, alors ? Nous entrerions dans une phase d’interventionnisme et de guerres politiques qui ensuive ouvriraient la voie à une autre sorte d’événements, certainement violents, » a déclaré le Président. « c’est la question que nous nous posons, au Venezuela. »
« Le Gouvernement du Venezuela a prévenu très clairement les Gouvernements du cartel de Lima que s’ils en rectifient pas leur position sur les eaux territoriales vénézuéliennes et leur position destinée à livrer cette mer, par une déclaration publique, à la République Coopérative du Guyana, nous, nous prendrons les mesures les plus rigoureuses et les plus énergiques que puisse prendre un Gouvernement dans le domaine de al diplomatie pour défendre les intérêts de notre pays. »
Maduro a indiqué que « tout le contenu du communiqué » du Groupe de Lima est inacceptable pour le Venezuela, en particulier le point 9 « parce qu’ils prétendent modifier les limites territoriales et maritimes du Venezuela » et « prendre possession des richesses vénézuéliennes, ce que nous n’allons leur permettre en aucun cas. »
Dans le communiqué du Groupe de Lima signé par les Gouvernements de l’Argentine, du Brésil, du Canada, du Chili, de la Colombie, du Costa Rica, du Guatemala, du Guyana, du Honduras, du Panama, du Paraguay, du Pérou et de Sainte Lucie, le point 9 dit :
« Condamnent toute provocation ou déploiement militaire qui menace la paix et la sécurité dans la région. Lancent un appel au régime de Nicolás Maduro et aux forces Armées du Venezuela à éviter des actions qui violent les droits souverains de leurs voisins. C’est pourquoi ils expriment leur profonde inquiétude à cause de l’interception d’un bateau de recherche sismique par la marine vénézuélienne, le 22 décembre 2018, dans la zone économique exclusive de la République Coopérative du Guyana. »
Ce texte se réfère à l’incident survenu le 22 décembre lors duquel le patrouilleur vénézuélien Kariña a intercepté 2 bateaux d’exploration sismique d’ExxonMobil engagés par le Gouvernement du Guyana qui se trouvaient dans les eaux vénézuéliennes sans en avoir l’autorisation.
Dénonciation de coup d’Etat
Le Président Maduro a aussi indiqué que le Gouvernement des Etats-Unis (USA), par l’intermédiaire dudit Groupe de Lima, a ordonné de faire un coup d’Etat contre le Président de la République, Nicolás Maduro, dont le nouveau mandat pour la période 2019-2025 débutera ce jeudi 10 janvier.
« Je ne peux pas vous mentir, camarades civils et militaires, hommes et femmes du peuple : un coup d’État ordonné par Washington est en marche, à partir du Cartel de Lima, contre le Gouvernement constitutionnel que je préside. »
Il a indiqué que si un coup d’Etat se produisait, les Vénézuéliens, dans l’union civique et militaire, sauraient répondre « à toute action, à toute cinquième colonne de traîtres » qui chercheraient à porter atteinte à la stabilité du pays. C’est pourquoi il a souligné qu’il ne permettrait pas une manœuvre comme celle qui s’est déroulée le 11 avril 2002, date à laquelle il y a eu un coup d’État contre le Commandant Hugo Chávez.
« Nous n’allons pas permettre un faux-pas. N’importe comment qu’il s’appelle, n’importe quelle charge qu’il assume, que celui qui cherche à mettre en place un plan de coup d’Etat sache qu’il affrontera la justice, la Constitution et toute la puissance civique et militaire , » a-t-il ajouté en réaffirmant que « nous en pouvons pas fermer les yeux quand ils conspirent devant nous. »
Le Chef de l’Etat a expliqué que les plans de coup d’Etat font partie d’une « forme d’agression violente qui ne respecte pas les principes fondamentaux de coexistence entre les peuples » et est un reflet de la politique interventionniste du gouvernement étasunien contre le Venezuela.
Il a rappelé que les manœuvres putschistes ont commencé avec l’imposition du chaos général » grâce aux guarimbas, une action qui a été déjouée et s’est transformée en « chantages » pour discréditer l’élection de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) de 2017 et les élections présidentielles de 2018.
Face à cela, Maduro a souligné que le Gouvernement est toujours engagé sans restrictions envers la pais, le droit au développement et le bonheur du peuple, raison pour laquelle il a noté que « nous allons nous en sortir brillamment » et avec de bons espoirs pour l’avenir.
Source en espagnol : albaciudad / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos