Dix lectures post-10 janvier

Le président vénézuélien Nicolás Maduro a prêté serment pour un second mandat. Un tel événement de grande notoriété a des connotations à large spectre car il est extrêmement médiatisé et est l’objet d’interprétations de positions divisées. Ce moment de grande particularité politique laisse une traînée de dérivations et de considérations qu’il est opportun de faire pour le comprendre à partir de la vision vénézuélienne du monde.

 1 – L’opposition réagit 7 mois après les élections du mois de mai. Ne s’en sont-ils rendu compte que maintenant ? Non. Ils ont reçu l’ordre d’adopter cette posture.
2 – Malgré ce qui est dit sur le front intérieur vénézuélien, ce qui se passe réellement est délimité sur le front extérieur.
3 – Tout le discours anti-vénézuélien est clairement interventionniste, flirte avec la rupture de la paix et promeut la guerre au Venezuela.
4 – Sept mois avant les élections du mois de mai, l’opposition ayant appelé à l’abstention, a également boycotté son propre candidat (et ses partisans déçus ont quitté le pays en masse), et demande aux Etats-Unis des sanctions, un blocus, un coup d’État et une intervention, espérant bénéficier de miettes de pouvoir une fois le chavisme écarté.
5 – Ceux qui pensent qu’une guerre au Venezuela ou un renforcement du blocus économique peuvent aider les gens à surmonter la crise, souffrent d’un grave non-sens politique.
6 – Les relations internationales dans cette région du monde sont divisées en pays qui approuvent ou non l’ingérence au Venezuela. Ce n’est pas Maduro qui a imposé cette relation manichéenne. Ce n’est donc pas le Venezuela qui favorise l’isolement du pays. Ce sont les États-Unis qui l’ordonnent. Et il est bien connu que les États-Unis ne sont pas guidés par l’intérêt du peuple, mais par leur appétit pour la puissance hégémonique.
7 – Le discours sur la « dictature » au Venezuela est démantelé par le simple fait que Maduro a été assermenté par mandat de plus de 6 millions d’électeurs en mai. C’est donc un exercice d’attachement institutionnel. Ce n’est pas lui qui est inconstitutionel. Par contre, ceux qui exercent des pressions soutenues par des gouvernements étrangers sont en dehors de la Constitution.
8 – L’opposition vénézuélienne est devenue désormais une sorte de prestataire de services, une filiale locale ou une extension de la Maison-Blanche. Ce sont des acteurs de troisième niveau. Sans rapport avec la politique locale. L’opposition à Maduro a été laissée entre les mains de Trump, Almagro et le Groupe de Lima.
9 – Face à un monde en pleines convulsions où les Etats-Unis activent partout des foyers de conflit et mettent en œuvre leur stratégie d’assujettissement des États-nations, qu’un Président assume son mandat à contre-courant d’une telle « logique » et intimidation est un acte osé, souverain et politiquement correct. Un acte cohérent. Si les gringos ordonnent une direction et que nous prenons, ici, le chemin opposé, nous sommes sur le droit chemin. Si quelqu’un au Venezuela doutait de l’existence d’une patrie, d’un pays autodéterminé, les faits lui apportent un démenti.
10 – Peu importe ce qui se dit, la majorité de notre pays, quelle que soient les opinions de chacun, veut vivre en paix. Et la paix n’est pas un cadeau, elle se gagne. Maduro commence une autre période après avoir combattu, enduré, dialogué et fait pratiquement tout, allant même à l’encontre de ses convictions, pour qu’aujourd’hui nous puissions en bénéficier.
Bien qu’il n’ait pas pu réaliser beaucoup de choses, Maduro, contre toute attente a obtenu la paix et c’est pour poursuivre cette même fin qu’il assume son mandat aujourd’hui. Le contraire serait la reddition du pays aux voyous du monde entier qui exercent des pressions pour imposer leur programme de haine, d’horreur et de persécution. Il reste encore un long chemin à parcourir pour parvenir à la paix mais aujourd’hui est un jour important.
Franco Vielma pour Mission Vérité /traduction : Venesol