Le peuple vénézuélien sait que c’est une guerre.

Quelques jours après la nouvelle investiture de Nicolas Maduro, nous nous sommes entretenus avec l’économiste vénézuélienne Pascualina Curcio, qui, de Caracas, a défendu avec vigueur les mesures prises par le gouvernement face à la crise des dernières années.

Comment s’est produite la grave crise économique au Venezuela ?
L’inflation et les pénuries sont aujourd’hui deux des problèmes les plus urgents pour le peuple et le gouvernement vénézuéliens. Ces facteurs ont également poussé des milliers de personnes vers d’autres parties du monde, comme le Chili. Cependant, certaines études montrent que les deux situations, y compris la chute du prix international du pétrole, ont été incitées de l’étranger afin de retourner l’électorat vénézuélien contre le Chavisme.
« Nous avons fait des analyses et avons d’abord déterminé qu’il ne s’agit pas d’un problème de production. Ces biens sont produits, à tel point qu’ils sont disponibles sur les marchés informels. Il y a donc eu une modification des mécanismes des canaux de distribution. C’est-à-dire qu’ils sont produits, mais qu’ils ne sont pas placés de façon régulière dans les rayons et sont détournés vers les circuits informels où ils sont obtenus moyennant un supplément de prix ».
C’est pourquoi le Gouvernement de Nicolás Maduro a encouragé la création de Comités locaux d’approvisionnement et de production (CLAP) qui, gérés par les communautés elles-mêmes, veillent à ce que les denrées alimentaires de base soient distribuées directement à la population, sans l’intervention des grandes chaînes. L’économiste a expliqué que cette mesure répond aux « actions préméditées » qui cherchent à « générer des files d’attente et des pénuries pour générer des troubles et une déstabilisation sociale ».
L’inflation au Venezuela a été un autre sujet abordé au cours de la conversation. Au milieu de l’année dernière, le gouvernement vénézuélien a reconverti sa monnaie en « bolivar souverain », éliminant cinq zéros par rapport à l’ancienne dénomination. Curcio a accusé que, malgré l’initiative, de 2013 à ce jour, les données seraient manipulées pour générer la dépréciation continue du bolívar.
« La cause de l’inflation au Venezuela est la manipulation politique du taux de change. C’est l’attaque sur la monnaie. Depuis 2006, ils positionnent des portails web qui affichent une valeur du Bolivar qui n’est pas réelle. Ici, au Venezuela, il ne s’est rien passé qui explique pourquoi notre bolivar s’est déprécié à ce point. »
La professeure a également abordé le blocus économique des États-Unis, auquel le Venezuela est soumis depuis 2015, et a averti que le peuple vénézuélien est conscient de ces actions.
« Ce n’est pas que nous ne sommes pas dans une situation difficile. Le peuple vénézuélien le vit, nous devons faire la queue. Mais il y a surtout une grande prise de conscience de ce qu’est la cause. Sur le même sujet, elle a fait remarquer que  » le peuple vénézuélien est conscient que c’est une guerre.
Pour faire face à ces problèmes, Nicolás Maduro a annoncé le « Plan de la Patria », qui, parmi ses objectifs, propose de mettre un terme aux pénuries alimentaires sous le slogan « faim zéro ». Le plan sera présenté à l’Assemblée nationale constituante lundi.
P. López y R. Verdugo, 16 janvier 2019
Radio U-de Chile / traduction : Venesol