23 janvier

La dernière fois qu’une puissance étrangère a désigné un mandataire dans notre pays, ce fut lorsque Joseph Bonaparte, envahisseur de l’Espagne, nous envoya Vicente de Emparam avec le titre pompeux de Capitaine Général du Venezuela.

Le 19 avril 1810, le peuple destitua le mandataire et le renvoya à la Mère Patrie. Depuis lors, les Vénézueliens nomment et destituent leurs mandataires.
Dans les pays parlementaristes, il est d’usage que le chef de l’Exécutif soit désigné par le Pouvoir législatif. Dans les pays présidentialistes, comme le Venezuela, le Président est élu au suffrage universel, direct et secret.
L’article 194 de la Constitution de la République Bolivarienne du Venezuela dispose que « l’Assemblée nationale choisira en son sein un(e) Président(e) et deux Vices-Président(e)s, un(e) Secrétaire et un(e) Sous-secrétaire hors de son sein, pour une durée de un an ». Aucune disposition n’autorise l’Assemblée nationale à choisir le Président de la République.
Nulle part la Constitution de la République Bolivarienne du Vénézuela ne dispose que l’Assemblée nationale puisse choisir le Président de la République, ni que le président de ce corps législatif puisse s’autoproclamer Premier Mandataire.
A fortiori, une Assemblée nationale est encore moins habilitée à procéder de la sorte dès lors qu’une décision du Tribunal Suprême de Justice l’a déclarée illégale et dépouillée de ses facultés.
L’article 138 de la Constitution dispose que « Toute autorité usurpée est inefficace et ses actes sont nuls ». Par conséquent, tout acte d’une fraction du Pouvoir législatif visant à désigner le Président de la République ou à assumer une telle charge constitue une usurpation, nulle et dépourvue de toute portée juridique.
« Elu par personne », disait Eduardo Galeano du dictateur Carmona Estanga. Choisi par personne : c’est le cas d’un président de l’Assemblée nationale qui s’autoproclame Président de la République avec 110 votes de députés de l’opposition, contre le Président Maduro, élu avec 6.245.862 des suffrages, soit 67,84% des votants.
Est a fortiori nul l’acte d’ingérence par lequel des gouvernements étrangers reconnaissent et légitiment pareilles usurpations ; et que dire d’une telle reconnaissance lorsqu’elle est émise par un supposé mandataire via twitter ou les réseaux sociaux…
Souvenons-nous que Carmona Estanga fut immédiatement reconnu par les Etats-Unis, par l’Espagne et par la présidence de l’OEA, qui le qualifia d’« illustre » ; et souvenons-nous de la manière dont ça s’est terminé.
La tentative des Etats-Unis d’imposer un président marionnette constitue purement et simplement une agression ouverte, l’apogée d’une série atroce et ininterrompue d’agressions, qui ne peut demeurer sans réponse.
Sur le plan interne : sanctions contre les auteurs et complices des usurpations et atteintes à la Constitution et aux lois ; fin des poursuites judiciaires contre les syndicalistes qui luttent pour leurs droits sociaux ; neutralisation de l’appareil paramilitaire qui occupe notre territoire et mène des campagnes terroristes ; radicalisation de la Révolution pour la défense, et mesures énergiques contre la Guerre économique, conformément à l’article 114 de notre Charte fondamentale : « Les infractions économiques, la spéculation, l’appropriation illicite, l’usure, la cartellisation et autres délits connexes, sont punis sévèrement conformément à la loi ».
À l’extérieur : réciprocité avec les alliés et les agresseurs. Fermeture de la frontière qui alimente l’économie d’un gouvernement voisin agresseur. Dénonciation de l’Accord de Cartagena, qui établit le libre commerce avec celui-ci et, à travers lui, avec les Etats-Unis. Dénonciation des infâmes Traités contre la double imposition, en vertu desquels individus et entreprises ressortissant d’Etats agresseurs étrangers ne paient pas d’impôts dans notre pays.
Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe d’alimenter nos assassins.
Luis Britto Garcia
Source : Aporrea / Traduction : Venesol