Non au Coup d’Etat ! Non à la guerre ! Pas touche au Venezuela !

Eduardo Correa Senior et James Patrick Jordan examinent la menace et les options militaires qui sont sur la table, et proposent une organisation populaire pour vaincre l’interventionnisme US dans la nation latino-américaine. La menace est bien réelle…

Les trompettes du changement du régime ont sonné, et les tambours annonçant la possibilité d’une guerre résonnent contre la démocratie vénézuélienne. Des provocations jusqu’ici inimaginables menacent de plonger toute la région dans le chaos, et de porter un coup sérieux contre la démocratie populaire dans le monde. Le coup d’état au Venezuela, conçu depuis l’étranger, a commencé par un coup de fil du vice-président US Mike Pence à l’imposteur Juan Guaidó, pour donner le feu vert à un candidat « président » sans aucune légitimité. La perspective d’une intervention étrangère directe, y compris militaire, est aujourd’hui plus qu’une option « sur la table ». Elle est si imminente que nous devons cesser de nous demander si l’impensable est possible. Nous devons plutôt arrêter l’impensable.
Nous devons faire cesser ce coup d’état. Nous devons faire cesser cette guerre.
Le monde entier a été choqué par les mots qu’on a pu lire sur le bloc-notes jaune que John Bolton, Conseiller à la Sécurité Nationale, a dévoilé « par inadvertance » durant une conférence de presse à la Maison Blanche. L’homme à la jaunisse avait griffoné sur ses papiers jaunâtres : « Afghanistan → Accepter les négociations », suivi juste en-dessous par « envoyer 5,000 soldats en Colombie». S’agissait-il d’une fuite incroyable ? Ou était-ce intentionnel ? De toute manière, cela constituait une menace à peine voilée dont quiconque connaît le contexte actuel peut comprendre qu’elle s’adresse au peuple vénézuélien. Il n’y a pas d’autre explication. Et on ne peut se tromper en associant la possibilité de la fin de la guerre en Afghanistan avec la possibilité de l’envoi de troupes en Amérique du Sud. On peut lire, dans l’article de l’Alliance pour la Justice Globale publié le 23 janvier 2019 sur Venezuela Analysis :
“Bien sûr, il y a depuis longtemps un lien entre les militaires colombiens et la guerre en Afghanistan. La Colombie a envoyé des conseillers, des instructeurs et des forces spéciales en Afghanistan, et il y a des précédents de transferts de troupes états-uniennes entre les deux pays. En fait, les officiels de l’armée mentionnent souvent qu’on a appliqué en Afghanistan les leçons apprises durant des décennies de guerre prolongée en Colombie. En ce qui concerne la Syrie, Negrón Valera, un expert vénézuélien en matière de guerres non conventionnelles, a écrit en octobre 2018 que « l’hypothèse d’un conflit direct ne peut pas être écartée. Mais tout indique que le premier objectif du Pentagone sera la Syrie… » Mais, alors que débute l’année 2019, la situation a changé. Si les troupes états-uniennes devaient être retirées d’Afghanistan et de Syrie, elles pourraient parfaitement être redéployées dans le cadre d’un conflit avec le Venezuela basé en Colombie.”
Depuis le début de l’année, des rapports de témoins oculaires – et des photos – ont circulé, évoquant la présence d’hélicoptères de l’armée US et de déploiements inhabituels de troupes au Panamá le long de la frontière colombienne. Au même moment, Bolton laisse apercevoir ses notes lors de la conférence de presse. Le général Mark Stammer, chef de l’Armée Sud des Etats-Unis, est a Bogotá pour discuter de problèmes aux frontières. A l’heure où ces lignes sont écrites, les troupes colombiennes sont rassemblées en masse dans les zones de production de coca dans le sud du pays, ainsi qu’aux abords de la frontière vénézuélienne. L’amiral Kurt Tidd, du Commandement Sud des Etats-Unis (SOUTHCOM), a visité ces deux régions l’année dernière, à deux reprises, en février et en novembre. Une des premières actions du nouveau commandant, l’amiral Craig S. Faller, fut de visiter la Colombie, en novembre, deux jours après la passation du commandement. Dans le même ordre d’idées, le nouveau président colombien, Iván Duque a visité les quartiers généraux de SOUTHCOM à Doral, en Floride, en juillet dernier. Lors de la cérémonie durant laquelle l’amiral Faller a pris le commandement de SOUTHCOM, il a indiqué : « Je vois les choses ainsi : l’hémisphère occidental, c’est notre quartier… et dans notre quartier, on ne peut jamais considérer la sécurité et la stabilité comme acquises. »
On ne peut pas encore dire avec certitude qu’il y aura une intervention militaire étrangère ; cependant, on observe des mouvements de troupes et des indications de plans de mauvais augure qui pourraient en présager. Plus que jamais, il est aujourd’hui temps de prendre position et de dire « Non aux sanctions ! Non au coup d’État ! Pas touche au Venezuela ! »
A quoi ressemblerait une intervention militaire?
A quoi ressemblerait une intervention militaire? Il y a plusieurs scénarios différents, depuis l’invasion pure et simple, jusqu’à la fermeture des frontières vénézuéliennes, jusqu’aux frappes chirurgicales et au soutien logistique aux putschistes locaux. Nous devons nous préparer à toutes les éventualités.
Les menaces d’action militaire elles-mêmes sont une forme d’intervention. De la devise répétée par Trump selon laquelle « toutes les options sont sur la table » jusqu’à John Bolton qui dévoile son bloc-notes jaune, tout cela vise à intimider le gouvernement légitimement élu du Venezuela et tous les partisans du mouvement bolivarien. A tout le moins, nous voyons là des opérations psychologiques (PSYOPs dans le vocable états-unien) en action.
Avant d’examiner les différentes possibilités, nous devons discuter l’affirmation selon laquelle l’intervention militaire est improbable car nous ne voyons pas le genre d’accumulation de forces que l’on a pu voir avant les guerres contre l’Irak. Le lieutenant-colonel Octavio Perez, militaire à la retraite de l’armée états-unienne, joue à présent le rôle d’analyste militaire pour plusieurs chaînes d’information dont CNN, NBC, Telemundo, et Univision. Il explique ceci :
« Le président a dit… c’est une bonne chose que le Venezuela soit si proche. De nombreux amis journalistes me disaient : « Où sont les porte-avions ? Où est la marine américaine ? ». En fait, à moins de sept heures [de distance], il y a une base militaire appelée Fort Bragg, en Caroline du Nord, où est basée la 82e [Division] de parachutistes… et aujourd’hui [le Président vénézuélien Nicolás Maduro] sait qu’en huit heures, plus de 1200 parachutistes pourraient être en route vers le Venezuela. Ils n’atterriront pas nécessairement à Caracas, ils peuvent atterrir à Maracay, ils peuvent atterrir à la frontière colombiennes, établir une zone de confinement pour la ‘République Libre’ du Venezuela et y amener Godoy [Guaidó]. De là, ils pourraient établir ce passage humain pour Guaidó. Et c’est par là que les militaires entreraient, non pour une invasion du pays, mais pour établir ce ‘couloir humanitaire’. »
Les partisans d’un changement de régime ont tenté différentes méthodes pour renverser le gouvernement élu du Venezuela, jusqu’ici sans succès. Parmi ces méthodes figuraient des manifestations organisées visant à générer une grande instabilité politique, le sabotage économique via des sanctions, et l’infiltration de l’armée vénézuélienne par des collaborateurs. Une autre tactique visible a été de causer des pénuries de nourriture et de médicaments, accompagnant cela d’une campagne de propagande très intense pour prouver que le Venezuela n’est pas une nation viable. Il y a quelques semaines, une réunion de sénateurs de presque tous les pays sud-américains a eu lieu, à l’appel du sénat colombien, afin de prendre des mesures contre le gouvernement de Nicolás Maduro. On y a proposé de faire passer des lois nationales afin d’empêcher les échanges monétaires ou commerciaux avec le Venezuela.
Ces tactiques ont causé des déplacements massifs au cours des deux dernières années, précipitant l’exode de segments significatifs de la population comme réfugiés. En d’autres termes, la crise humanitaire vénézuélienne est une crise provoquée depuis l’extérieur. Et aujourd’hui cette crise sert de justification pour une intervention « humanitaire » potentielle. Cet argument a été souvent utilisé à l’époque contemporaine pour justifier des invasions et des guerres.
Les bases les plus dangereuses : en Colombie.
On peut définir le moment où les guerres commencent, pas celui où elles se terminent : elles laissent toujours des blessures profondes difficiles à guérir. Une agression depuis la Colombie sera nécessairement considérée comme une trahison par les Vénézuéliens, même par ceux qui appellent aujourd’hui au renversement de Maduro. L’action militaire proviendrait le plus vraisemblablement des bases militaires colombiennes dotées d’une présence US : c’est au départ de là que les attaques les plus directes et virulentes pourraient se produire dans un délai très court.
La base la plus dangereuse est peut-être le site d’opérations avancé (SOA) situé dans le département colombie de La Guajira, entre le chef-lieu Riohacha et la ligne de chemin de fer qui relie la mine de charbon de Cerrajón à Bahia Portete. Les SOA sont dépourvus de de présence militaire états-unienne directe, mais ont la même fonction que des porte-avions sur le continent. Ils restent dissimulés dans leur environnement, et disposent d’une longue piste d’atterrissage. Y sont installés tous les équipements nécessaires pour lancer une attaque surprise de grande ampleur. Du carburant y est stocké sous terre, et il y a des systèmes de communication, des radars et l’arsenal nécessaire à réaliser une attaque de ce type sans devoir retourner à une autre base située à des centaines ou des milliers de kilomètres. Dans le cas présent, la piste d’atterrissage est sur la route que relie Riohaca à Maicao, précisément sur la frontière vénézuélienne. Cette route est plate sur la plus grande partie de son parcours. A un endroit stratégique, elle s’élargit à 8 bandes sur un peu plus de 3000 mètres. A moins de 500 mètres de là, on voit seulement un camp indigène Wayú. Personne ne semble y habiter. Sous ces bâtiments, il y a un complexe militaire qui contient le matériel, les instruments et le carburant nécessaires pour bombarder le Golfe de Maracaibo, la zone principale de production pétrolière au Venezuela. Cette base est située à un peu plus d’une minute du Golfe de Maracaibo pour un F-16 ou un F-18 en vol à basse altitude.
Un peu plus loin, au Sud-Ouest de ce site se trouve la base navale de Cartagena, qui a la capacité d’accueillir des douzaines d’avions B-54, capables de transporter en quelques heures tout l’arsenal requis pour réaliser un bombardement. En plus de l’aéroport, on y trouve le port de la base navale, qui a déjà été évalué lors de plusieurs essais militaires « communs » entre les états-uniens et la marine colombienne, et a la capacité d’héberger plusieurs porte-avions et sous-marins, ainsi que des centaines de navires de différents tonnages.
Plus au Sud, en suivant le cours de la rivière Magdalena, entre la Cordillera centrale et la Cordillera de l’Est, on trouve la base aérienne de Palanquero, entre La Dorada et Puerto Salgar. C’est la base aérienne la plus importante de Colombie. On y trouve une piste et des hangars capables d’héberger simultanément des centaines de F-16, de F-18 ainsi que plusieurs B-52. Cette base permet d’atteindre le Golfe de Maracaibo en 13 minutes en vol à basse altitude. Aucune montagne ne perturbe la visibilité, ni n’impose une augmentation de l’altitude moyenne des avions lors d’une action militaire de ce type.
Un peu plus au Sud, presque dans la même gorge formée entre les deux cordillères, on trouve la base de Tolemaida, dans la banlieue de la ville de Melgar : c’est la plus grande base d’infanterie de Colombie, capable d’accueillir plusieurs milliers de soldats, suffisamment vaste pour y mobiliser des centaines d’hélicoptères pour le transport de troupes et d’équipement militaire.
Il y a quatre autres bases militaires dotées d’une présence états-unienne, à savoir : Bahía Málaga — avec une piste d’atterrissage longue de plus de 3000 mètres —, au nord de Buenaventura, l’unique port commercial de Colombie sur le Pacifique; la base militaire de Tres Esquinas, dans le département de Caquetá, avec aussi une piste de plus de 3000 mètres, depuis laquelle il serait possible de bombarder plusieurs points stratégiques de Caracas, y compris le palais de Miraflores ; et la base militaire de Larandia, plus au sud, au milieu de la jungle amazonienne.
La stratégie inclut-elle l’OTAN?
Dans les derniers mois du gouvernement de Juan Manuel Santos, lauréat du Prix Nobel de la Paix, celui-ci a signé un accord pour que la Colombie adhère à l’OTAN. Cela signifie que toutes les bases aériennes sont disponibles pour les besoins militaires de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. En plaçant la Colombie dans le cadre de ce traité, la tenaille se referme sur le Venezuela. En outre, comme il est possible que le Venezuela soit soutenu militairement par la Russie, si une invasion était lancée, étant donné l’attitude belliqueuse de l’OTAN envers la nation russe, il serait facilement imaginable qu’un conflit militaire soit perçu comme une affaire impliquant directement l’OTAN. Ce conflit pourrait donc se dérouler de la même manière que les nombreuses guerres chaudes par procuration qui ont caractérisé la période de la Guerre Froide. Un élément qui ajoute du crédit à cette conjecture est l’ultimatum lancé par la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Espagne, partenaires de l’OTAN, pour exiger que Nicolás Maduro, président vénézuélien déjà légitimement élu, convoque malgré tout de nouvelles élections.
Le Brésil rassemble lui aussi une bonne partie de son armée vers la frontière vénézuélienne, sous le prétexte de contrôler les réfugiés en provenance de la république bolivarienne. Depuis fin 2017, la base militaire et spatiale d’Alcántara réalise des opérations militaires communes avec le Pérou, la Colombie et les Etats-Unis. Une stratégie d’invasion à large échelle est déjà conçue et préparée. Cette invasion pourrait être effectuée par plusieurs armées : celles de Colombie, du Brésil, de l’Argentine, du Pérou, du Chili, même de l’OTAN. La présence de l’armée états-unienne pourrait bien être «de petite ampleur».
L’invasion à large échelle n’est pas la seule possibilité
Le scénario d’une intervention militaire directe, à large échelle et belliqueuse par des puissances étrangères n’est pas le seul possible. Un autre scénario pourrait être similaire à ce que nous avons vu dans divers conflits dont ceux en Syrie, en Libye et en Irak entre les deux guerres. Il s’agirait d’une combinaison de soi-disant « frappes chirurgicales » sur des cibles spécifiques, visant principalement à soutenir les acteurs du coup d’État sur le terrain, ou via des combats limités pour imposer des zones d’exclusion aérienne.
Cependant, d’autres options pourraient mieux convenir à l’hémisphère occidental, telle que le modèle que nous avons observé lors du renversement du gouvernement élu de Jean Bertrand Aristide à Haïti. Les putschistes avaient été financés, formés et dirigés par le gouvernement états-unien et ses agents, mais agissaient « indépendamment ». Ils ont ensuite été soutenus par des interventions au nom de l’ « aide humanitaire », complétée plus tard par une « réponse à la catastrophe ». Un facteur central a été la mise en place de troupes internationales des Nations Unies – troupes qui, malgré qu’elles réprimaient des mouvements populaires, se présentaient comme une mission de « maintien de la paix ».
Une telle intervention militaire se concentrerait d’abord sur le confinement géographique. Les activités états-uniennes visant à étendre son modèle de militarisation des frontières, et à développer des efforts de déploiement militaire rapide à l’étranger, ont-elles quoi que ce soit à voir avec la tentative de coup d’état au Venezuela ?
L’armée US est experte dans la mise en place de bases militaires temporaires et mobiles, construites ostensiblement pour apporter de l’aide humanitaire, affronter des désastres naturels et mener ce qu’ils appellent la Guerre contre la Drogue. En réalité, il s’agit d’exercices de déploiement rapide et de contrôle des populations à large échelle. Amazonlog, au Brésil en 2017, a été le plus grand exercice militaire international de l’histoire, au niveau mondial, impliquant des troupes des Etats-Unis, de Colombie, du Brésil et du Pérou. Une composante majeure de ces exercices visait à coordonner la sécurisation et le contrôle des frontières internationales par les militaires.
On pourrait dire que la militarisation des frontières et la mise en place de bases temporaires autour du Venezuela mais non à l’intérieur de ses frontières ne constituent pas une intervention militaire directe. On aurait tort. Ces frontières et ces bases seraient coordonnées avec des agents militaires et paramilitaires, ainsi qu’avec d’autres participants au coup d’État. La capacité visée non seulement d’absorber des réfugiés, mais aussi de contenir le Venezuela dans ses frontières, serait une composante importante d’un coup d’État réussi.
Le coup d’État à Haïti en 2004 a été réalisé par des dirigeants paramilitaires financés et formés dans un camp en République Dominicaine géré par l’Institut Républicain International, institut financé par le gouvernement US. Le coup d’État a été une réussite, malgré l’immense popularité du président Aristide. Le pic de violence et de réfugiés fut utilisé pour justifier une occupation militaire plurinationale. Durant ce temps, Lavalas, le plus grand parti politique en Haïti, a été mis hors la loi et n’a pas été autorisé à participer aux élections.
Nous voyons que des éléments du modèle haïtien sont appliqués au Venezuela. On observe des sanctions économiques et d’autres formes de sabotage, une opposition financée et formée par des puissances étrangères, la Colombie utilisée comme base d’entraînement et d’opérations paramilitaires. On pourrait aisément imaginer que des bases temporaires, des concentrations de troupes colombiennes, brésiliennes, péruviennes et – oui – états-uniennes aux frontières colombiennes soient utilisées pour contenir les réfugiés, malgré le bain de sang qui serait perpétré par la droite. Et ce bain de sang, ce chaos économique, social et politique pourrait pousser le monde à appeler à une soi-disant « mission de maintien de la paix », qui pourrait être fournie par une institution internationale respectée… cette mission de maintien de la paix serait en fait constituée de troupes d’occupation qui soutiendraient le nouveau gouvernement issu du coup d’État.
Mais, contrairement à Haïti, qui ne disposait pas de sa propre armée avant le coup d’État, le Venezuela bolivarien et son peuple sont armés et organisés, ils ont des alliés puissants, et la situation en Colombie est instable et pourrait toujours ébranler les plans d’intervention.
Mettre fin aux menaces de guerre
La conclusion est en réalité la suivante : aucun de nous ne peut prédire le futur. Nous ignorons ce qui va se passer. Mais nous savons comment faire en sorte que des choses se passent, et comment arrêter des processus. Nous devons faire croître un mouvement international de paix qui appelle à la fin des sanctions, à la fin du coup d’État et S’OPPOSE A CE QUE L’ON FASSE LA GUERRE AU VENEZUELA !
Terminons cet article par des observations de l’analyste colombien Douglas Hernandez. Hernandez est le fondateur du site Fuerzas militares.org et contribue à la fois au journal « Air and Space Power » des forces aériennes US et à la revue militaire brésilienne Segurança & Defesa.  Dans un article pour Colombia Reports, il observe :
“L’art de la guerre moderne est multidimensionnel, et n’implique pas nécessairement que l’on déploie des navires, des chars et des avions afin de… soumettre son adversaire à sa propre volonté. Etant donné que les opérations politiques, diplomatiques, économiques et psychologiques successives n’ont pas pu faire tomber le « régime » vénézuélien, il est possible que des méthodes directes soient maintenant tentées, en utilisant la force militaire….”
Hernandez dévoile ensuite des indices qui démontreraient que la crise au Venezuela serait sur le point de se retourner – et qu’il s’agit là de quelque chose que ses ennemis détesteraient voir se produire, une humiliation internationale pour eux. Il poursuit :
“La confiance revient, au point que plusieurs milliers de vénézuéliens partis à l’étranger ont demandé de l’aide à leur gouvernement pour les aider à retourner dans leur pays, et dans ce cadre le « Plan de Retour au Pays » a été activé pour organiser ce retour et faciliter leur réintégration sociale et économique.
Au moment où ces lignes sont écrites et en moins d’un mois, 3,364 Vénézuéliens sont rentrés au Venezuela. Il s’agit là de l’unique cas où des gens qui avaient quitté un pays socialiste retournent volontairement dans « une dictature ».
Les mesures prises par le Venezuela sont hétérodoxes, divergentes et visent à lui fournir la souveraineté économique. Maintenant que le Venezuela s’apprête à conduire ses tractations internationales avec le Petro – l’unique crypto-monnaie soutenue par un Etat et adossée à des réserves de pétrole et d’or – le pays a une chance de retrouver le chemin de la prospérité….
Avec sa richesse, qui pourrait être convertie en bien-être pour sa population, et sous un modèle idéologique, politique et économique différent, le Venezuela pourrait devenir un « mauvais exemple » pour le reste du monde. Les peuples pourraient souhaiter imiter ce modèle…
On a donc déchaîné une vague d’attaques et d’accusations pour justifier une intervention militaire et enlever le pouvoir aux chavistes. Là se situe – à mon avis – le cœur du problème.
Il me semble qu’une guerre entre la Colombie et le Venezuela peut être évitée si la société dans son ensemble la rejette sur la base d’une connaissance plus complète de la situation.
Y aura-t-il une invasion, une occupation, une guerre chaude contre le Venezuela ? Nous l’ignorons. Mais la façon d’arrêter cela est de nous exprimer, de résister – d’empêcher cela d’arriver avant que cela ne commence. Nous, la société internationale, devons rejeter intégralement ces perspectives.
Eduardo Correa Senior est Professeur de Droits Humains à l’Université Autonome de Mexico. James Patrick Jordan est Coordinateur National de l’Alliance pour la Justice Globale.
Source : https://venezuelanalysis.com/
Traduction: Venesol