Communiqué de l’Alliance Révolutionnaire des Différences de Sexe et de Genre (ASGDRe) face à l’ingérence impérialiste

Devant la séquence des événements récents que subit le peuble vénézuélien, cristallisés dans l’ingérence brutale de Donald Trump dans nos affaires internes et l’auto-proclamation anticonstitutionnelle comme président intérimaire du député Juan Guaidó, l’Alliance Révolutionnaire des Différences de Sexe et de Genre prend fermement position en faveur du droit à l’autodétermination de notre peuple, creuset de toutes les collectivités et identités de nous tous et toutes, habitant.e.s du territoire de la République Bolivarienne du Venezuela.

Nous refusons que les pouvoirs hégémoniques accaparent les slogans historiques des opprimés afin de favoriser leurs mesquins intérêts économiques et géopolitiques ; cet accaparement trouve des expressions grotesques dans des phrases comme « Nous sommes tous Diana » dans la bouche du président équatorien, Lenin Moreno, qui l’utilise comme instrument pour inciter à la xénophobie contre les Vénézuéliennes et Vénézuéliens qui résident dans son pays, ou dans le discours brandi en faveur des immigré(e)s vénézuélien(ne)s par des porte-parole du gouvernement états-unien alors qu’à la frontière des USA avec le Mexique meurent des centaines de migrants sans aucune solidarité de la part du gouvernement US.
Nous refusons aussi le discours colonial qui nous dépeint comme des sauvages handicapés, incapables de résoudre nos propres problèmes, à qui il faut apporter la paix dans des bateaux de guerre et avec des bombes.
Par conséquent, nous exigeons que les actifs appartenant à la République Bolivarienne du Venezuela qui sont actuellement retenus par la Banque européenne et nord-américaine soient restitués, d’autant plus qu’ils courent le risque de servir de fonds pour financer notre propre destruction (la menace pèse qu’ils soient éventuellement utilisés pour payer des armes et des mercenaires fabriqués par le complexe militaro-industriel des pays de l’OTAN, comme cela s’est produit lors de l’invasion de la Libye).
Nous appelons les peuples frères, les classes sociales et les collectivités qui s’identifient à nos luttes à faire preuve de solidarité et à s’exprimer face à l’outrage que nous subissons. Cette solidarité et ses expressions pourraient contribuer à la conscience dans le monde entier du terrible précédent que constituerait l’intervention au Venezuela, après celles qui ont déjà détruit l’Irak, la Libye et la Syrie. Cette succession vertigineuse d’interventions révèle un schéma terrifiant qui pourrait s’étendre et se normaliser dans le futur contre d’autres peuples en d’autres territoires. Nous appelons les peuples à se solidariser, non tant avec un gouvernement ou un parti politique, mais davantage avec un peuple qui se retrouverait – après une intervention d’une telle envergure – encore plus vulnérable devant la progression vorace du capitalisme néolibéral globalisé.
Le moment historique que nous vivons est un point d’inflexion déterminant dans toutes les dimensions politiques que nous vivons au Venezuela – si nous sommes concerné(e)s par la préservation de conditions minimales d’indépendance et de souveraineté sur nos territoires. Il est temps de prendre conscience du fait que la situation est critique et qu’il est urgent d’agir de façon concertée devant la menace qui pèse sur notre souveraineté. Nous, les plus pauvres et les plus opprimé.e.s, devons dessiner nos propres horizons et mener nos propres batailles pour ne pas servir de chair à canon pour des intérêts étrangers.
Nous appelons le gouvernement de la République Bolivarienne du Venezuela, présidé par Nicolás Maduro Moros, à radicaliser les processus de véritable émancipation des bases populaires et de ne plus retarder le progrès vers une économie productive qui dépasse la rente pétrolière et notre position d’enclave minière dans la division internationale du travail. Nous comprenons que le gouvernement actuel est l’expression d’une multitude de contradictions qui sont encore en cours de résolution; de ce fait, nous invitons les forces et les facteurs à l’intérieur du gouvernement et des institutions du pays, qui veulent sortir avec dignité de l’impasse actuelle pour sauver la mère patrie, a serrer les rangs définitivement avec le peuple pauvre, unique garantie d’un futur libre et souverain.Ce n’est pas avec les oligarchies ou avec le capital transnational qu’on peut garantir la stabilité d’un pays : leur unique horizon est l’accumulation du capital. Par conséquent, nous exigeons que l’on combatte sincèrement les pratiques telles que la corruption, le bureaucratisme, le clientélisme politique,le gaspillage, l’écocide et la brutalité policière, qui sont des instruments privilégiés par lesquels s’impose l’ordre capitaliste spoliateur des biens communs et de la Nature. Si ces mesures ne sont pas prises, l’Etat-Nation s’affaiblira définitivement comme tranchée face à l’avancée du capital global, qui cherche à dissoudre toutes les identités et tous les territoires.
Enfin, il nous faut rappeler à l’arrogance impériale, rappeler que, au-delà des gouvernements, il y a les peuples et les communautés. Le niveau de conscience et de formation des secteurs populaires organisés a augmenté de manière exponentielle durant les dernières décennies et, au moment où ce sera nécessaire, il est certain qu’ils serreront les rangs sans vaciller. Un potentiel de résistance insoupçonnée réside en nous, en nous tous et toutes qui sommes profondément ancré.e.s au territoire, nous qui – face aux pressions spoliatrices – n’avons d’autre voie qu’une marche irréversible de Lutte, de Combat et de Victoire

Source: https://asgdre.wordpress.com/

Traduction: Venesol