Que se passe-t-il au Venezuela?

Imaginez-vous qu’un jour, quelques mois après les élections, un bonhomme, un député, dans une concentration publique se présente comme le Président? Ce jour-là serait le plus drôle et tragique qui puisse arriver à un pays. Ce fait c’est précisément ce qui s’est passé au Venezuela et que le Président Emmanuel Macron considère suffisant pour reconnaitre cette « nouvelle autorité » au pays.

Comme il arrive en France au Venezuela, pour devenir Maire d’une ville, ou Président de la République il est tenu d’effectuer des élections et il faut bien les gagner. Au Venezuela, il n’y existe pas de second tour, et la charge est remportée à la majorité simple, donc ce qui gagne est celui qui a eu le plus de votes dans l’élection.
Le système électoral est simple : tous les vénézuéliens majeurs de dix-huit ans peuvent voter et personne n’est obligé de le faire. La date de choisir le Président est fixée dans la Constitution, le peuple doit voter chaque six ans. L’autorité électorale (Conseil National Electoral), fixe les délais et les audits auxquels tous les partis politiques sont appelés.
Les élections ont eu lieu à la date prévue en 2018. Elles ont été célébrées le 20 mai, date a laquelle elles avaient été convenues, dans le dialogue entre opposition et gouvernement. Cependant, après d’avoir déclaré prête à se mettre d’accord sur les conditions, une partie de l’opposition a décidé de se retirer donc quelques uns de leurs dirigeants les plus promus a l’ étranger, n’ont pas participé, trois candidats se sont affrontés, parmi lesquels M. Henry Falcon un des candidats le plus connus dans les rangs de l’opposition, et Nicolas Maduro a gagné par le 67% des voix.
Avant même des élections, les États-Unis ont annoncé qu’ils ne tiendraient pas compte des résultats et ils ont redoublé une campagne de sanctionnes brutales contre l’économie vénézuélienne, qui ont repoussé les indicateurs sociaux du pays.
Les sanctionnes sont la formule appliquée contre le Venezuela par les Etats-Unis depuis 2015, elles coïncident avec la baisse du prix du pétrole, en faisant de plus en plus difficile l’approvisionnement du marché et la garantie de l’accès aux droits sociaux fondamentaux. Ce qui a généré une forte vague d’émigration, ce qui ne s’était jamais produite auparavant.
Dans ce contexte de pays bloqué, l’opposition a remporté les élections législatives de 2015 en déclarant que, en six mois, le gouvernement du Président Maduro aurait quitté le pouvoir et tout serait remis dans l’ ordre.
Cela n’a pas été le cas, car le Chavisme n’a jamais cessé d’être la principale force politique au Venezuela et de le démontrer dans toutes les élections qui se sont déroulées depuis lors.
Depuis la, l’opposition à une stratégie de destruction de l’État. Ils ont commencé par ignorer la puissance du pouvoir judiciaire et pour essayer de diriger les relations internationales du Venezuela. Ils ont demandé à ce que le pays soit bloqué économiquement, ils ont déclaré que le Président Maduro avait abandonné le pouvoir au même temps qu’ils disait qu’il était devenu un dictateur.
Le 2019 est commencé au Venezuela comme une année difficile. Les sanctions ont eu les effets que l’ONU reconnaît qu’elles ont : Il y a plus de pauvreté, plus de corruption, plus d’émigration et une moindre rémunération du travail. Pour les combattre il n’y a pas beaucoup plus que quelques politiques sociales sous forme de bonus et des assignations directes de nourriture et médecines pour les populations plus vulnérables.
Pour sa part, l’opposition ne se présente pas comme un bloc unitaire, et il est clair qu’elle n’avait pas d’option politique définie après d’avoir abandonné l’espace électoral.
Un secteur majoritaire, comprenant d’anciens candidats à la Présidence de la République, comme M. Henrique Capriles estiment qu’il est temps de reprendre le dialogue, tandis les secteurs le plus extrêmes présentent l’exigence d’une transition politique immédiate qui commence par nier le statut du Président Maduro qui venait d’être élu.
Pour ce faire, ils travaillent sur l’idée qu’il est possible de faire des choix hors des règles de la Constitution et des Lois du pays, et continuer d’être démocrate. Ils parlent de l’urgence de la désobéissance civile violente et déclarent l’absence du Président.
Absence qui va a l’encontre de quelques faits : il existe un Président élu, en bonne santé et qui exerce le pouvoir sur le territoire. D’ailleurs, pourquoi ils considèrent cette « absence » en 2019 s’ils déclarent que Maduro avait quitté la présidence en 2017 ?
Comme ces considérations n’ont pas de réponse, personne ne sera pas surpris que cela ne puisse pas être expliquée. Au point que des différents secteurs de l’opposition ne parviennent pas à un accord et ne appuient pas cette affirmation. Et c’est le moment ou le gouvernement américain décide que le Président de l’Assemblée jure comme Président de la République, même s’il ne dispose même pas de l’appui de toute l’opposition au congrès.
L’OEA et les États-Unis reconnaissent immédiatement le nouveau gouvernement et lui confient l’administration de toutes les biens bloquées depuis 2015. La France accompagne cette reconnaissance malgré le fait qu’ au Venezuela, même l’opposition au gouvernement ne considère pas Président légitime quelqu’un qui n ‘a même pas participé aux élections.
D’autres pays, comme l’Espagne, adoptent une position encore plus surprenante. Ils demandent à Maduro de convoque des élections alors qu’il est déjà élu et s’il y avait une présidence précaire, ce serait celle de Guaidó, qui n’a pas été élu comme Président sinon comme député.
Au Venezuela ils ne dissimulent même pas. Guaidó, n’a même pas quitté son statut de député même s’il déclare aux médias étrangers comme Président de la République. Il est possible qu’il considère que de cette façon il conserve l’immunité parlementaire bien que la Constitution ne permet pas d’accumuler ces fonctions.
Il ne s’agit donc que d’un cirque qui semble servir de préambule à une action étrangère directe sur le Venezuela déjà mise en œuvre avec la mis en place d’une autorité de transition, l’appel au Conseil de Sécurité de l’ONU et l’émission de mesures économiques sur le pays.
Pour y parvenir, une forte propagande des agents de guerre progresse. Par exemple, ils ont publique qu’il existait du recrutement d’enfants pour l’armée, cette nouvelle a mis de la terreur dans les réseaux même si elle a été finalement niée, même à Miami, lorsque certains journalistes ont déclaré qu’elles n’ont pas pu trouver aucun parent qui accuse le gouvernement d’avoir pris son fils.
Vont-ils commencer un conflit à la manière de ce qui s’est passé en Libye? Le Venezuela et la Libye sont deux grands producteurs de pétrole et les campagnes contre leurs Présidents, puis Kadhafi et maintenant Maduro, sont similaires.
Que se passerait-il alors? Des milliers de morts dans le pays? une guerre sans fin, une nation qui disparaîtrait en devenant un conseil où plusieurs facteurs sont présentés comme un gouvernement légitime? Combien de milliers de réfugiés quitteront le pais? Quel pays les recevra? La Colombie? Le Brésil? L’Équateur? Dans ces pays, il y a depuis quelque temps une forte campagne contre l’immigration vénézuélienne.
C’est ce qui se passe dans ce coin du monde qui semble si éloigné de la France mais qui possède des institutions juridiques similaires, notamment dans le concept de la République et de la démocratie. Par conséquent, comprendre qu’il s’agit d’un acte de néo-colonialisme et que la barbarie est si important.
Ana Cristina Bracho Mission Verdad