Les humoristes russes appellent Juan Guaidó

Le soi-disant appel téléphonique entre le député d’opposition autoproclamé « président par interim » et le président de la Suisse, Ueli Maurer, n’était rien d’autre qu’une plaisanterie faite par deux humoristes russes.

Vladímir Kuznetsov et Alexei Stoliarov, plus connus sous les noms de Vovan et Lexus, ont appelé le député après que le chargé d’affaires désigné par les États-Unis (USA) pour Guaidó, Carlos Vecchio, ait facilité le contact au « président » suisse.
Cet appel a eu lieu le 20 février dernier et a duré plus de 12 minutes. Les humoristes ont informé Guaidó que le président Maduro a « de gros comptes » dans les banques suisses et qu’ils attendaient ses instructions pour savoir quoi en faire.
« Il faut trouver un moyen de geler ces comptes, président, et vous m’indiquerez par les canaux habituels comment pouvoir avancer, » a déclaré le député qui s’est autoproclamé président, très sûr de la personne à qui il parlait.
Pour réaliser le « blocage » de ces comptes, Vovan et Lexus ont dit à Guaidó qu’ils lui enverraient un brouillon de la demande officielle qui mentionnait une banque fictive du nom de « Lexus Vovanial Bank Ltd, » leurs pseudonymes.
Deux jours après cette « conversation officielle, » les autorités suisses ont nié avoir discuté des actifs vénézuéliens et avec Guaidó qui avait affirmé à un média étranger qu’il avait parlé d’un éventuel blocage des comptes avec le président de la Suisse. « Il n’y a pas eu de contact entre monsieur Guaidó et le président Maurer, » a affirmé le porte-parole du Ministère des Affaires Étrangères de la Suisse, Pierre-Alain Eltschinger.
« L’erreur » de Guaidó
Poursuivant leur plaisanterie, Vovan et Lexus ont appelé le représentant spécial des États-Unis pour le Venezuela, Eliott Abrams, pour lui indiquer « l’erreur » que Guaidó a commise en faisant des déclarations aux médias à ce sujet.
La réponse du fonctionnaire étasunien ne s’est pas faite attendre et il a garanti au « président suisse » que les choses, à partir de maintenant et dans l’avenir, se poursuivraient dans un secret absolu et qu’il parlerait à Guaidó pour lui répéter que « son commentaire a été une erreur qui ne doit pas se renouveler. »
Alors, ils ont à nouveau appelé Vecchio (le chargé d’affaires désigne par les États-Unis pour Guaidó) et celui-ci leur a promis que « cela ne se reproduirait pas. »
Menaces contre le Venezuela
Les humoristes, avant de parler avec le député autoproclamé « président par interim » avaient parlé à Abrams, en se faisant également passer pour le président suisse.
Le « président » avait exprimé la volonté de son Gouvernement de coopérer dans le domaine des finances avec les États-Unis, en particulier en ce qui concerne le Venezuela. Abrams avait confirmé que son objectif était de « préserver les actifs » du Venezuela et qu’il travaillait avec plusieurs pays européens. « Je crois que tout doit être gelé. Complètement gelé, juste pour être sûrs que ça restera où c’est. C’est notre sentiment, » a répété Abrams.
Dans le cas contraire, il a menacé les banques suisses qui « remettraient » les actifs (au Venezuela) : « Il y a un risque pour toute banque suisse qui remettrait ces actifs. Il y a le risque d’un futur litige de la part du futur Gouvernement légitime du Venezuela avec la banque qui l’a permis. »
Pour sa part, le conseiller économique de l’Ambassade des États-Unis à Caracas (capitale du Venezuela), Anthony Eterno, a également menacé les banques suisses qui ne respecteraient pas la suggestion des États-Unis. « Ce litige (dont on a parlé précédemment) comporte un gros risque pour la réputation de ces banques qui traient avec le Gouvernement de Maduro. Je n’ai rien d’autre à ajouter, » a-t-il déclaré.
Telesur / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

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