Maduro est encore au palais de Miraflores?

C’est la question que pose tous les matins, avec agacement et désespoir croissant, Donald Trump à ses employés de la CIA : Pourquoi, alors que nous avons appliqué tous les manuels pour renverser les gouvernements démocratiques, répété toutes les doctrines et armes de guerre non conventionnelles, Maduro continue-t-il à diriger le Venezuela ?
Trump : Nous avons commencé par faire pression sur les sociétés transnationales pour qu’elles génèrent des pénuries de biens essentiels. Puis nous avons décidé de bloquer leurs transactions financières. Comme aucun autre pays, nous avons attaqué leur monnaie et provoqué une hyperinflation. J’ai perdu le compte du nombre de sanctions que j’ai signées. Nous leur avons volé CITGO, l’or qu’ils ont en Angleterre et de l’argent chez Euroclear.
Nous essayons de déclencher une guerre civile. Nous avons financé ces groupes de la prétendue résistance qui se prenaient pour des libérateurs.
Avec le soutien de nos médias et de Luis Almagro, nous avons essayé de faire croire au monde que Maduro est un dictateur. Qu’il est responsable d’une crise humanitaire que nous n’avons même pas réussi à générer.
Nous en sommes arrivés au point de devoir appeler à la manif du 23 janvier, pour qu’il y ait au moins un petit groupe de personnes qui garantisse le spectacle d’auto-proclamation de Guaidó. Nous l’avons payé, lui et d’autres, pour convaincre la forces armées nationales bolivariennes de faire un coup d’État.
Nous les avons menacés d’une intervention militaire.
Nous avons saboté l’électricité, l’eau, les communications, les transports… et Maduro est toujours là.
Les faucons répondent la tête baissée :
Ils ont une stratégie de guerre que nous n’avons pas codifiée : l’union civico-militaire. C’était une invention de Chavez. Nous sommes en train de déchiffrer ce que c’est et comment cela fonctionne.
Ils sont également soutenus par de bons amis : les Russes avec la dernière génération de jouets de guerre et les Chinois avec leur nouvelle création : le petro-yuan-or. Tous deux empruntent un itinéraire de la route de la soie. Nous pensons qu’il s’agit d’un autre code militaire. Nous sommes en train d’essayer de le déchiffrer. Ce n’est pas seulement Maduro. C’est une sacrée armée. Ce sont des millions. Ils sont organisés et très bien armés d’idées et de conscience. Ils sont descendus dans la rue dans des camps qu’ils appellent tribunes anti-impérialistes.
Il y a quelque chose que vous devriez savoir qui nous inquiète, Monsieur le Président : il y a un certain Rondon dont on dit qu’il ne s’est pas encore battu. Nos agents du renseignement continuent d’enquêter sur qui il est et quel grade il détient.
par Pasqualina Curcio Curcio
Red Angostura / traduction : Venesol