Un Venezuela moins vulnérable

Selon les propres mots de Donald Trump, l’invasion militaire du Venezuela est l’une des options des Etats-Unis pour renverser le président Nicolas Maduro et installer un gouvernement au Venezuela qui soit docile aux diktats de Washington. Mais les actes ne suivent pas le même chemin que les paroles. En réalité, l’intervention militaire est une variable qui dépend du succès ou de l’échec éventuel des autres actions en cours pour renverser le gouvernement chaviste.
Ces actions, comme on le sait, puisque nous en sommes témoins, sont le blocus économique, commercial et financier, la création d’un état permanent d’anxiété de la population vénézuélienne par le sabotage, les menaces de guerre et les entourloupes diplomatiques, la construction d’ institutions et de dirigeants fantoches.
Ces mesures ont pour objectif déclaré de réaliser l’une de ces trois situations: une insurrection populaire improbable, une fracture dans les forces armées menant directement à un coup d’État ou à une guerre civile et un assassinat.
Si l’un de ces trois objectifs était atteint, l’invasion militaire deviendrait inutile. Et s’ils échouaient, comme cela s’est produit jusqu’à présent, l’option militaire deviendrait également impossible.
Ainsi, malgré la réitération et la stridence des menaces verbales d’intervention militaire imminente, les efforts visant à éliminer Maduro et le chavisme continueront à transiter par les voies de la guerre économique, la diabolisation du chef, l’encerclement diplomatique, les tentatives d’assassinat et le travail permanent de sape dans les forces armées.
Et si la probabilité d’une invasion armée n’a jamais été robuste, elle l’est encore moins maintenant que le Venezuela a de puissants alliés qui rendent plus difficile pour Washington de décider de la guerre.
Avec les différences de temps et de lieu, le cas vénézuélien est une réplique du harcèlement des Yankees contre la révolution cubaine au cours des 60 dernières années. Et si la recette cubaine pour résister à de telles menaces a été la préparation permanente d’une solide défense militaire, la même chose s’est produite au Venezuela depuis que le chavisme est arrivé au pouvoir.
Il est clair que les menaces d’invasion militaire du Venezuela sont une ressource pour maintenir le chavisme en veille permanente et pour le forcer à détourner des ressources économiques afin de les transférer vers la défense.
Mais, comme on le dit communément, dans son programme de menaces permanentes d’invasion militaire, Washington va se faire avoir : aujourd’hui, il y a un Venezuela moins vulnérable.
Par Miguel Angel Ferrer
Telesur / Traduction Bernard Tornare
Miguel Angel Ferrer est économiste et professeur d’économie politique. Fondateur et directeur du Centre d’études économiques et politiques. Il est chroniqueur pour le journal El Sol de México, le catorcenario Siminforma, le journal Rumbo de México et d’autres médias. Analyste politique dans différentes émissions de radio.