J’aime bien quand ça s’aère…

Dans le contexte de l’agression étrangère croissante contre notre patrie, le Président Nicolás Maduro a appelé à une journée de dialogue et de rectification du Chavisme, qui a eu lieu le week-end dernier. J’ai écouté attentivement les porte-parole du Parti Socialiste Unifié du Venezuela, des Missions, du Conseil Présidentiel des Communes, des travailleurs, des hommes et des femmes indigènes, des différentes organisations de jeunesse, des enseignants, parmi beaucoup d’autres sujets d’intérêt populaire.
Ils ont exprimé avec honnêteté et clarté ce que pense le peuple Chaviste, ils proposent et exigent des rectifications pour approfondir la révolution démocratique et où le peuple est protagoniste, ils ont transformé le slogan « Commune ou rien, c’est la mission, dit par Chavez lors du coup de gouvernail », en un cri de rébellion contre la bureaucratie et le réformisme.
J’ai noté en détail chaque diagnostic et chaque proposition faite par les compatriotes, que je résumerai ci-dessous :

Dans le domaine de l’éthique politique.

Face à l’agression impérialiste et à la dernière tentative de coup d’État fasciste, ils ont réaffirmé avec passion leur loyauté à la patrie, à l’héritage révolutionnaire du commandant Chávez et à la direction du président Nicolás Maduro.
Ils affirment qu’il y a de moins en moins d’espaces pour la participation des protagonistes à la prise de décision ; ils proposent qu’ils soient reconnus comme Pouvoir Populaire. « Le peuple est la Révolution ».
Ils dénoncent la corruption croissante, la bureaucratisation et l’autoritarisme de nombreuses institutions de l’État ; ils proposent une transformation profonde des méthodes de gestion et des relations avec le peuple, ainsi que la lutte contre les mafias de la corruption qui ont occupé l’activité publique et en particulier dans le domaine de l’économie.
Ils s’inquiètent de ce que le Président soit informé que les Caisses d’Alimentation – CLAPS arrivent tous les 15 jours, alors qu’il y a des endroits où ils ne sont pas arrivés cette année ; ils proposent que la vérité soit dite, en cela et dans tous ses aspects, que la confiance puisse régner car les gens savent comment comprendre ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas.
Ils dénoncent que le sectarisme et l’exclusion interne affaiblissent l’unité ; ils proposent une réunification de tous les Bolivariens et Boliviennes afin de pouvoir faire face à la situation difficile que nous vivons.

Dans la sphère économique productive.

Ils dénoncent la non-réalisation du transfert plusieurs fois approuvé des moyens de production au Pouvoir populaire ; ils proposent qu’il soit respecté et mis à l’épreuve, en lui accordant les mêmes apports et le même soutien qu’aux entreprises privées qui travaillent en alliance avec le gouvernement.
Ils exigent une explication des raisons pour lesquelles les entreprises privées qui reçoivent toutes sortes d’aides de l’État ne respectent pas les accords d’approvisionnement et de prix. « Nous soutenons ceux qui nous font la guerre », s’indigne un compatriote de Mérida. Ils proposent de rétablir la gouvernance de l’économie et de garantir les droits du peuple contre les capitalistes.
Les travailleurs se sont dits préoccupés par la situation salariale, par la violation des conventions collectives ; ils ont proposé la nécessité de revoir ces aspects avec notre gouvernement et d’y remédier au besoin.
Les travailleurs ont également indiqué que les gestionnaires sans connaissances techniques et avec des pratiques autoritaires font beaucoup de tort aux entreprises publiques ; ils proposent de récupérer l’expertise technique dans les instances de gestion, d’ouvrir des espaces de participation pour écouter les propositions techniques et innovantes des travailleurs professionnels.
En ce qui concerne la production agricole, il y a eu un désaccord sur l’indisponibilité des intrants et la distribution inégale du peu qu’il y a ; ils ont proposé un « Coup de Gouverail dans le plan de plantation », comme ils l’ont littéralement demandé.
Préoccupés par la circulation croissante du dollar et du peso colombien dans le commerce quotidien, ils demandent que des mesures soient prises pour garantir une plus grande circulation des espèces en bolivars souverains, ou pour prévenir la surévaluation des paiements électroniques.

Dans le domaine des services publics.

Ils ont dénoncé la détérioration des services publics et le mauvais traitement des prestataires de services ; en ce sens ils proposent le professionnalisme, l’éthique et la loyauté des responsables des différentes instances des sociétés de services ; d’ajuster les prix des tarifs et de facturer les services et produits, notamment l’essence ; de transférer aux municipalités et communes les compétences d’entretien mineur de ces services (eau, éclairage, etc) ; de permettre un contrôle social de la fourniture de ces services. Je tiens à souligner que je n’ai écouté personne dans ces scénarios proposer la privatisation de ces entreprises, ni d’aucune autre dans les mains de l’État.
Beaucoup d’autres ont été les diagnostics et les propositions, mais je crois que dans les domaines mentionnés ont été concentrés la majorité des préoccupations et des recommandations pour la rectification de la part des compatriotes.
Dans tous les cas, j’ai perçu, avec joie, que la flamme des idées du commandant Chavez brûle encore dans les gens qui l’ont suivi, compris, appréhendé, maîtrisé et le feront toujours. Toujours fidèles à Chávez et à ses idées, jamais traîtres au programme démocratique révolutionnaire que nous avons construit et défendu depuis 1997.
Diriger la démocratie où le peuple est le protagoniste, la démocratie socialiste dans les domaines politique, économique, social et culturel est une idée forte du Chavisme et la conviction que seul le pouvoir populaire est l’instrument pour construire notre propre modèle socialiste.
Avec Bolívar nous disons « Ne pas oser, c’est se perdre soimême« , à la manière de Chávez et non d’une autre manière, nous allons dégager l’horizon de la patrie. Les gens sages et libres sont clairs, avec eux nous y allons.
Elias Jaua, ancien ministre de Chavez & Maduro
Insurgente / Traduction Venesol