Leopoldo López assigné à résidence

Cette décision a été effective au petit matin de samedi, l’avocat de López, Javier Cremades, l’a confirmé sur Twitter à 6H52 : «  Leopoldo López est chez lui, à Caracas avec Lilian et leurs enfants. Il n’est pas encore libre, il est assigné à résidence. Il est sorti ce matin. » López serait chez lui depuis 4 heures du matin.
Note de presse du TSJ indique :
Suite à un rapport du magistrat Maikel Moreno, la Cour Pénale du Tribunal Suprême de Justice s’est saisie d’office de l’affaire contre le citoyen Leopoldo López, en vertu de signalements sérieux d’irrégularités sur la distribution du dossier à un Tribunal d’Application des peines et en vertu d’informations que nous avons reçues sur l’état de santé du dirigeant politique, le magistrat rapporteur, Maikel Moreno a considéré conforme au droit d’accorder à López une mesure humanitaire effective ce même 7 juillet.
En février 2014, López, qui a aussi participé au coup d’Etat du 11 avril 2002, a mis en place le plan d’insurrection La Sortie et appelé l’opposition vénézuélienne à prendre les rues de Caracas et des principales villes du Venezuela « jusqu’à ce que ceux qui nous gouvernent s’en aillent. »
Cette conspiration a fait 43 morts par assassinat, 800 blessés et d’innombrables dégâts matériels comme l’incendie de centres de santé, d’universités et d’écoles, d’unités de transport public et de centres de distribution des aliments. Pour instigation à la violence, dommages aux biens, incendie et association de malfaiteurs, López a été condamné à 13 ans, 9 mois et 7 jours de prison en septembre 2015.
Il représente le parti d’extrême droite Volonté Populaire et s’est rendu aux autorités le 18 février 2014. Jusqu’à vendredi, il purgeait sa peine à la prison militaire de Ramo Verde, dans l’état de Miranda.

Réactions à l’assignation à résidence de Leopoldo López et explications
Le ministre de la Communication :
  1. Par décision du TSJ, Leopoldo López a été ramené chez lui où il continue à purger sa peine selon la loi vénézuélienne.
  2. Cette décision a été prise par le même TSJ qui a défendu la Constitution Bolivarienne, la gouvernabilité et le processus crucial de Constituante en cours.
  3. Nous devons tous RESPECTER cette décision que cela nous plaise ou non, surtout quand la droite et la 5° colonne DESOBEISSENT ensemble à ce même TSJ.
  4. Le 3 mai, la droite a annoncé faussement la mort de Leopoldo López. Maintenant, sa vie est sous la responsabilité exclusive de sa femme et de ses alliés.
  5. La Commission pour la Vérité, avec la participation des victimes, a demandé des mesures de substitution de la prison pour ceux qui sont impliqués dans des violences politiques.
  6. Les actions de l’ex-président Zapatero pour un dialogue avec des résultats au Venezuela ont été sabotées pendant des semaines par des actes de violence fasciste.
  7. Ce que la droite appelle « rue » : morts, incendies, destructions, a été déployés par eux précisément pour faire obstacle au dialogue et aux résultats.
  8. La feuille de route de guerre inclut l’exploitation et même la transformation en martyre de Leopoldo López en prison. Ce prétexte ne tient plus.
  9. L’Assemblée Nationale Constituante sera le lieu pour stimuler des changements par l’application effective de la justice, pour éclaircir la vérité et dédommager les victimes.
  10. Le Président Nicolas Maduro a toujours appelé à la paix et au dialogue. La droite l’a toujours refusé mais le dialogue donne toujours des résultats.
  11. Puisse que dans ses nouvelles conditions de vie, Leopoldo López appelle ses alliés et ses partisans à la réflexion pour qu’ils abandonnent la violence.
  12. Nous, les Vénézuéliens, devons régler les conflits dans la paix et devons condamner les voix apatrides qui réclament un effondrement ou une intervention étrangère comme monsieur Requesens.
  13. L’Assemblée Nationale Constituante devra appeler les Victimes des guarimbas et de TOUTE forme de violence politique ainsi que les assassins à guérir les blessures et à signer un accord de non répétition.
  14. Chávez disait: « Notre victoire est la paix. »
    Tomás Borge disait: « Ma vengeance personnelle sera que tes fils et les miens grandiront dans une Patrie libre. »
 
L’avocat Hermann Escarra sur la mesure humanitaire envers Leopoldo López :
A) CE N’EST PAS une libération mais un accomplissement de la peine par un mécanisme prévu par la loi. Il n’y a pas d’ « impunité ». Cette mesure a été recommandée par la Commission pour la Vérité et les familles des victimes.
B) Cette mesure montre qui agit pour la construction de la paix et qui s’engage dans la guerre et l’intervention étrangère (par exemple Requessens).
C) La recommandation de la Commission pour la Vérité s’est produite après de longues journées de travail avec les victimes des guarimbas qui, sans céder sur leur exigence de justice, expriment qu’elles ont conscience de la nécessité d’accompagner toutes les étapes nécessaires pour la paix en éliminait des prétextes ou des excuses pour l’escalade du conflit vers des niveaux de violence supérieurs.
D) Cette nouvelle situation enlève des bases à l’opposition violente. L’idée de la dictature avec des prisonniers politiques ne tient plus au niveau international, rendu nulle Tintori, divise les gens de Capriles, enlève son autorité à Freddy Guevara, annule la convocation au « plébiscite », laisse la voie libre à la campagne pour la Constituante.
E) Leopoldo continue à être prisonnier et ne peut participer à des activités politiques sous peine de perdre le bénéfice de l’assignation à résidence et de retourner en prison.
F) UNE EXCELLENTE MESURE QUI DEMANTELLE LA MUD A TOUS LES NIVEAUX, UNE MESURE HUMANITAIRE ENVERS LEOPOLDO LES REND TOUS RIDICULES Y COMPRIS ALMAGRO.

Les points importants de la mesure d’assignation à résidence
Bien qu’elle ait déjà été annoncée ouvertement par des porte-paroles comme la chancelière de l’époque, Delcy Rodriguez et le maire de Caracas, Jorge Rodríguez, cette mesure n’a pas été bien reçue par la plupart des chavistes qui s’expriment sur les réseaux sociaux.
Du côté de l’opposition, sa femme, Lilian Tintori, n’a même pas exprimé une réaction de joie à cause de la décision prise vendredi par le Tribunal Suprême et exécutée le jour même. D’autres porte-paroles comme Julio Borges ou Henrique Capriles ont essayé d’enlever son rôle à López qu’ils considèrent comme un adversaire politique à l’intérieur de l’opposition en affirmant que cette décision a été obtenue par la violence de rue (le premier) et en soulignant qu’il reste encore de soi-disant prisonniers politiques (le second).
Il y a plus d’un mois, la possibilité d’appliquer cette mesure a été envisagée lors d’une réunion à laquelle participait l’ex-président espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero et sa femme, Lilan Tintori, s’y était opposée bien que ce soit l’intérêt de Leopoldo López. « La vérité est que (López) voulait et que vous et Guevara, qui sait dans quel but vous l’avez empêchée », a déclaré le maire de Caracas, Jorge Rodríguez. En ce sens, l’acceptation de cette mesure implique une défaite pour les positions extrémistes des proches de la famille et des politiques de López. Aujourd’hui, le Défenseur du Peuple a révélé que Tintori elle-même a signé une lettre sollicitant cette mesure.
La concrétisation de cette décision met en évidence un triomphe du mécanisme de dialogue et de conciliation stimulé depuis un an par le Gouvernement de Nicolás Maduro qui envisage ouvertement la possibilité d’encourager cette sorte de mesures. Cependant, la résistance des propres groupes de l’opposition avait empêché de continuer. Il faut se souvenir qu’en novembre dernier, 5 détenus ont été libérés et le 31 décembre 7 autres dont l’ex-gouverneur de l’état de Zulia, Manuel Rosales.
Cette mesure relance, par conséquent, le mécanisme de la Table de Dialogue et met en évidence devant la communauté internationale la volonté de négociation et de reconnaissance des acteurs de l’opposition, même les plus extrémistes, de la part du Gouvernement Bolivarien.
L’acceptation de cette sentence implique la reconnaissance de l’autorité du Gouvernement et de la légitimité des institutions telles que le Tribunal Suprême de Justice. Si cette mesure est valide, cela implique une reconnaissance des autres décisions. Si c’est une bonne mesure humanitaire, ce qui a été décidé concernant les élections à l’ANC ou la désignation de la vice-procureure générale sont aussi de bonnes mesures.
La concrétisation et l’acceptation expresse de cette mesure comprend, sas aucun doute une sorte de contre-prestation1 de la part de certains secteurs de l’opposition. Et s’il n’en était pas ainsi, la gouvernement pourrait interpeler publiquement ceux qui ne respectent pas les accords.
Il faut aussi préciser que les mesures humanitaires pour raison de santé ne sont pas permanentes et sont destinées à instaurer de meilleures conditions pour soigner le détenu et sont accordées sous certaines conditions qui doivent obligatoirement être respectées. Par conséquent, elles peuvent être annulées si ces conditions ne sont pas respectées ou si les raisons qui l’ont motivée n’existent plus.
Le fait d’être chez lui impliquent que López pourra participer plus activement au débat politique à l’intérieur de son parti, Volonté Populaire, et de la coalition d’opposition MUD, c’est pourquoi la feuille de route que d’autres secteurs ont tracée devra inévitablement changer dans une situation profondément complexe.
traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos
NOTE de la traductrice:
1 Contre-prestation : prestation peu convaincante, inférieure aux prestations habituelles
don effectué en retour d’un cadeau ( http://dictionnaire.reverso.net/francais-definition/contre-prestation)