L’assignation à résidence de Leopoldo Lopez n’arrête pas l’assassinat de chavistes

Le récent transfert de la prison Ramon Verde où Leopoldo Lopez – dirigeant d’extrême droite – séjournait pour délits violents commis en 2014, vers un arrêt à son domicile aurait pu faire croire que ce geste aurait engendré un autre geste, celui de la mise en route d’une réconciliation nationale et vers un paix durable.
Cela avait été exprimé ainsi en tous cas par l’ancienne chancelière Delcy Rodriguez, et actuelle présidente de la commission pour la vérité, justice et réparation envers les victimes : « Même s’il ne nous a pas demandé pardon, nous le lui donnons. C’est le geste historique dont le Venezuela a besoin. (…) Nous aspirons à ce que les dirigeants de l’opposition, protagonistes de tous ces évènements ayant causé des morts, fassent un geste aussi, comme l’ont déjà fait le comité des victimes. Qu’ils abandonnent pour toujours la violence. »
Malgré que Leopoldo continue à être prisonnier et ne peut participer à des activités politiques sous peine de perdre le bénéfice de l’assignation à résidence et de retourner en prison… du haut de son portail résidentiel, hissant un drapeau, il a appelé à poursuivre les mobilisations. Il n’a ni condamné les violences et ni appelé à en finir avec. A bon entendeur, salut !
Leopoldo Lopez est celui que le journal Le Monde présente habituellement comme un modéré, qui envoie des twitter depuis sa prison appelant au soulèvement militaire et c’est aussi celui qui disait à son juge, le 10 septembre 2016 : « Si je suis reconnu coupable, vous aurez plus peur de prononcer la sentence que moi de la recevoir »… Il est un fait que Mr Lopez est le héros de la droite insurrectionnelle et tout ce qu’il dit est sanctifié par ses dangereux partisans. Le juge Nelson Moncada Gomez, qui avait ratifié la condamnation en aout 2015, sera assassiné dans sa voiture le 31 mai 2017, son corps entier fut criblé de balles.
Il est bien connu que Lopez s’est souvent positionné comme rival de ses amis de droite, Julio Borges et de Henrique Capriles Radonsky et que ces derniers auraient préféré l’avoir comme martyr plutôt que comme leader. Désormais, assigné à résidence, Leopoldo continue à construire son mythe et son nouveau rôle semble le renforcer dans l’obstination pour la violence.
Jusqu’à présent, aucun dirigeant de droite n’a appelé à condamner la violence, bien au contraire les déclarations de Julio Borges du 5 juillet sont explicites : « Le Venezuela réclame la libération des consciences dans les Forces Armées Nationales. C’est le moment de sauver la République et de servir la Constitution. Et les soldats courageux qui inscrivent leur nom dans l’Histoire pour défendre la Constitution peuvent compter dès maintenant sur toute la reconnaissance, sur tout le pardon et sur toutes les garanties de la part de cette Assemblée Nationale, du peuple du Venezuela et de la communauté internationale, » a-t-il dit en incitant ouvertement à faire un coup d’Etat militaire contre Nicolás Maduro.
« Je le dis dans l’espoir que très vite, par les luttes du peuple du Venezuela et de toutes ses institutions, nous cohabiterons civiquement avec une république civile. »
Un autre dirigeant de la droite vénézuélienne, Juan Requesens du parti Primero Justicia, a déclaré lors d’un forum à l’Université de Floride : « Pour parvenir à une intervention étrangère nous devons dépasser ce stade », se référant aux mobilisations violentes en cours depuis début avril et où jusqu’à présent, ont péri plus de 80 personnes au milieu de ces événements et a fait au moins 1 500 blessés. Requesens a également insisté qu’il faut tout faire pour saboter l’élection des candidats à l’Assemblée nationale constituante le 30 Juillet « sans qu’il y ait une cessation absolue de la vie quotidienne des gens », de sorte que l’objectif est de « exacerber la crise » et promouvoir un scénario de ingouvernabilité.
Les manifestations violentes de l’opposition ont également été caractérisées par des crimes haineux contre les personnes soupçonnés d’être chavistes (partisans de la Révolution bolivarienne et le gouvernement de Nicolás Maduro), où sept jeunes hommes ont été brûlés vifs par des manifestants.
Malgré le geste historique du gouvernement, la chasse aux sorcières a été ouverte par l’opposition !
A Maracay dans l’État d’Aragua, ce lundi 10 juillet, alors que se tenait un rassemblement politique sur la constituante, José Luis Rivas Aranguren, un des orateurs a été criblé de balles et tué sur le coup. L’assassin a pris la fuite. Aranguren Rivas était candidat à la constituante pour représenter la municipalité Girardot et également président du Front des motorisés (personnes se déplaçant en moto… souvent identifiés par la droite comme délinquants). Il était un des grands promoteurs pour la constituante et organisait plusieurs activités en tant qu’activiste pour amener les électeurs aux bureaux de vote. Il a été tué le jour de son 41e anniversaire.
Dans l’escalade de la violence, les groupes fascisants s’organisent et ne semblent pas connaître de frein. Destinés à combattre les forces de l’ordre et ses fonctionnaires publics, le 7 juillet, les groupes de choc présentaient leurs dernières armes de plus en plus sophistiquées.

https://www.youtube.com/watch?v=gNCgFYzC02o

Ce lundi 10 juillet sept membres de la Garde Nationale Bolivarienne ont été grièvement blessés suite à une explosion activée semble-t-il à distance, alors qu’un groupe de d’opposition tentait d’occuper l’autoroute Francisco Fajardo à Altamira sud (Caracas). Le groupe de journalistes présents sur les lieux et qui couvraient les évènements depuis des heures n’ont jugé utile d’alerter la patrouille qui se dirigeait vers la barricade où était posé la bombe qui les attendait.
Rien que la journée de lundi 10 juillet on dénombre des attaques simultanés  des bureaux du port maritime de Maraibo, ainsi que le ministère des travaux publics et le siège de Corpoelec (à Amparo), tous incendiés. A Perija (frontière avec la Colombie), le siège de Corpozulia et la radio communautaire 95.1 à également été détruite par des incendies volontaires.
Rien n’arrête donc l’opposition pour parvenir, via les armes, à ce qu’ils n’arrivent pas à atteindre par des moyens pacifiques. Lynchages, meurtres et égorgements sont à l’ordre du jour sans que personne de l’opposition ne les condamne, sans que personne de la droite internationale ne les accuse.
Rédaction de Venesol

PS: l’image du lynchage en début d’article concerne un monsieur sauvé de justesse par la garde nationale bolivarienne ce samedi 9 juillet dans le secteur résidentiel de Los Verdes de El Paraiso. Soupçonné de vol, son cas est en cours d’enquête, mais elle parle des pratiques fascistes grandissantes.