Venezuela : Pourquoi les grèves échouent

Aujourd’hui, 26 juillet, l’appel à la grève (ils ne se mettent même pas d’accord sur le moyen de pression qu’ils ont décidé d’appliquer) est perçu comme un autre échec pour des raisons qu’il ne faut pas expliquer beaucoup mais qu’il faut vérifier en sortant dans la rue : dans un pays supposé « arrêté, » les habitants remettent leur travail habituel ou font des efforts pour le faire. On note moins de trafic que d’habitude dans les rues mais on tient compte du moment auquel ils ont décidé de convoquer cette grève : le début des vacances. Toutes les années, à ce moment-là, des millions de personnes ne circulent plus à cause de la fin des classes. Que la direction du fascisme ne vienne pas nous dire que le pays marche à demi régime à cause de son pouvoir de mobilisation.

Il est vrai que beaucoup de gens se sont vus obligés de rester chez eux à cause de la paralysie des transports (ils auraient pu l’annoncer ainsi : Grève des transports) ou par mesure de sécurité étant donné les menaces directes d’agression, de destruction de biens ou d’assassinats. Dans ce cas, comme la grève n’est pas volontaire mais forcée, il ne s’agit pas d’une protestation citoyenne mais d’une contrainte ou d’une prise en otage. Les citoyens obligés à faire grève à cause du besoin qu’ont certains groupes d’exercer un contrôle massif et violent sur la volonté des gens.

Les grèves triomphent et ont des répercussions solides et durables quand les peuples s’unissent activement ou au moins volontairement. La grève d’aujourd’hui n’est pas l’oeuvre du peuple mais d’une faction qui a besoin de vidéos et de twitts qui leur servent de rapport d’activités « Regarde, maître, ce que nous avons fait aujourd’hui. ») Bien que le fascisme obtienne l’un des effets souhaités qui est d’interférer dans la vie quotidienne des gens, l’érosion de leur base sociale a déjà commencé à tirer la sonnette d’alarme : comme en décembre 2020-janvier 2003, l’opposant de base va comprendre que se sacrifier pour un clan qui se déclare très radical sur les réseaux sociaux alors qu’il négocie avec le Gouvernement dans l’ombre est une perte de temps, d’énergie, de crédibilité et de force émotionnelle. Ce qui est sale et pervers, c’est ce qu’ils ont annoncé qu’ils tenteraient pour essayer de maintenir l’appel sur la base du sang : le déplacement fou et à vocation criminelle vers le centre du pouvoir à Caracas. Près de Miraflores, le peuple attendra.

Source en espagnol : mission verdad / Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos