Henri Falcon, candidat de l’opposition, du FMI à la Banque mondiale en passant par la dollarisation

Le candidat aux élections présidentielles Henri Falcón a affirmé que s’il devient président du pays, il acceptera l’aide des organismes multilatéraux et du Fonds Monétaire International (FMI). Falcón a dit samedi dans l’état de Zulia, que Venezuela doit avoir recours au FMI, aux Etats-Unis et à la Banque Mondiale.
Le candidat du parti Avancée Progressiste (AP), Mouvement Vers le Socialisme (MAS) et du Parti Social Chrétien (COPEI), a réaffirmé qu’il n’y a pas de raisons pour ne pas participer aux élections du 20 mai prochain et a déclaré que ceux qui appellent à l’abstention ne montrent pas un plan solide qui profite aux Vénézuéliens.
Il a assuré que s’il est élu, il fera des réformes à la Constitution Bolivarienne parmi lesquelles celles demandées par la dollarisation de l’économie et que l’un de ses premiers décrets sera destiné à ouvrir les ports et les aéroports du pays en tant que « canaux humanitaires. » 
Dans ses tweets on peut lire :
• Notre pays sera une garantie de stabilité pour tous les travailleurs publics et nous envisageons la dollarisation du salaire
• Comme les soldes et les pensions, les programmes sociaux seront aussi dollarisés. Nous allons restaurer la valeur du salaire et provoquer de véritables bénéfices #09May #Zulia
« Si tu acceptes les dollars, tu dois être dans les mains de la Réserve Fédérale des Etats-Unis qui va gérer la politique monétaire du Venezuela, » a assuré l’économiste vénézuélien ouvertement d’opposition José Guerra.
« La droite oligarchique cherche à remettre la pays au FMI qui ne cherche qu’à dominer grâce à la privatisation de secteurs comme l’éducation, » a dit Nicolás Maduro, le lundi 7 mai, à Caracas.
Bien que le FMI ne se rende plus dans le pays depuis 2004, il a demandé au Gouvernement des données concernant l’Institut de Sécurité Sociale, les chiffres officiels des exportations et des importations, des données concernant les marchandises mais le Gouvernement n’a pas donné ces informations et le FMI a sanctionné le Venezuela pour ne pas lui avoir remis ces données et a menacé de l’exclure.
La popularité de Falcón atteint 34% et celle de Nicolás Maduro 58%. C’est ce qu’a révélé un sondage de l’institut Hinterlaces. 
Ci dessous une vidéo montrant l’équipe de campagne d’Henri Falcon en train de distribuer des billets de 50 & 100 bolivars…

Source en espagnol : telesur / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos
 

Pourquoi la dollarisation ne fonctionnerait pas 

Le candidat d’opposition Henri Falcón du parti Avancée Progressiste (AP), Mouvement Vers le Socialisme (MAS) et du Parti Social Chrétien (COPEI), a promis que s’il était président, il dollariserait l’économie vénézuélienne fortement frappée par les sanctions des Etats-Unis, la spéculation et le sabotage.

Les politiques sociales mises en place dans le pays sont rendues possibles par la capacité qu’a la Banque Centrale du Venezuela d’émettre la monnaie nationale, ce qui serait impossible si l’économie était dollarisée.

5 raisons qui font que la proposition de Falcón n’est pas viable :

  1. Donner 25 dollars à chaque adulte et 10 dollars à chaque enfant du pays n’est pas une politique sociale parce que les besoins des groupes sociaux sont différents et dépendent de facteurs socio-économiques particuliers.
  2. Le Venezuela pourrait subir une baisse de la croissance économique si l’économie était dollarisée, a soutenu l’un des principaux conseillers financiers de la Table de l’Unité Démocratique Asdrúbal Oliveros, et il a assuré que face à la baisse du prix du pétrole, le Venezuela, en plus de subir une baisse importante, subirait aussi un choc extérieur très fort et n’aurait pas de politique économique pour se défendre.
  3. La proposition de Falcón est soutenue par la firme Torino Capital et par l’économiste étasunien Steve Hanke, qui donne une légitimité au niveau international au prix du dollar parallèle et qui, avec la firme, soutient l’idée que la valeur réelle du bolivar est celle que donne le site Dólar Today.
  4. Le revenu de la rente pétrolière pourrait atteindre les 28 700 millions de dollars, un chiffre très éloigné des 40 000 qui entrent dans le pays au moment où le brut était à 100 dollars le baril, selon les estimations de la firme Torino Capital qui fait partie de l’équipe de Falcón, selon le site Mission Vérité.
  5. La proposition de Falcón ne serait viable qu’en cas de souscription d’une énorme dette d’environ 100 000 millions de dollars dans les 5 prochaines années envers des créanciers comme le Fonds Monétaire International (FMI).

Source en espagnol : telesur / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos