Le Venezuela ne se taira pas!

Pour Ernesto Villegas, journaliste et ministre du Pouvoir Populaire pour la Culture, l’installation d’un soi-disant Tribunal Suprême de Justice (TSJ) à l’étranger, la tentative de l’Assemblée Nationale (dans l’illégalité), ne pas reconnaître le Président Maduro et nommer un « Président en exil »… sont des actions qui pourraient avoir un lien avec la tentative d’assassinat du Président samedi 4 août dernier. 
« Ça ressemble a des pitreries, » a-t-il dit à propos de l’installation d’un TSJ « en exil » mais « cela prend beaucoup de sens quand c’est complété par un plan qui cherche à en finir avec la tête de  l’État, » a ajouté le ministre dans une interview diffusée jeudi dans l’émission “Todas Adentro en Radio”, présentée par Iván Padilla Bravo.
« La pitrerie que ces agents organisaient prend un sens. Si ce plan avait été exécuté, au mieux, ils se seraient revendiqués comme « les institutions légitimes du Venezuela, » a déclaré le ministre.
Il a rappelé que « l’assassinat n’était pas seulement celui du Président, ce qui était déjà assez grave, il allait couper la tête de l’État vénézuélien avec ses composantes civiles et militaires. » A la tribune présidentielle se trouvaient le Président Maduro mais aussi le président du Tribunal Suprême de Justice, le Procureur Général de la République, le Haut Commandement Militaire, le Haut Commandement de la Révolution, plusieurs ministres et le Corps Diplomatique (des ambassadeurs et des diplomates accrédités dans le pays).
Le plan des terroristes était une opération « enclume et marteau » dans laquelle l’un des drones allait exploser au-dessus de al tribune et l’autre à l’avant pour faire le plus de morts possible. Heureusement, les mesures de sécurité de la Garde d’Honneur du Président parmi lesquelles des brouilleurs de signal ont empêché les drones de s’approcher suffisamment bien qu’il y ait eu 7 membres de la Garde Nationale Bolivarienne blessés.
« Là, le chavisme ne va pas rester les bras croisés, » a déclaré Villegas Poljak. Le Venezuela ne se taira pas quand, depuis la Colombie, on assassine un Président et le haut commandement de ses institutions. C’est pratiquement un casus belli (cause de guerre), comme ils disent dans le jargon politique ! » a dit le ministre à propos du fait que les terroristes qui ont organisé l’attentat se sont entraînés dans une plantation située à Chinacota, Nord de Santander (Colombie) et qu’ils ont bénéficié de la collaboration de fonctionnaires colombiens pour entrer et sortir du pays.
De plus, le Président Maduro a accusé directement Juan Manuel Santos, Président de la Colombie au moment de l’attentat, d’être impliqué dans celui-ci.
Pour Villegas, le chaos provoqué par l’attentat, s’il avait réussi, non seulement n’aurait pas eu des conséquences qu’au Venezuela : « Le continent tout entier aurait subi l’impact de la déstabilisation ! » En plus, « aux problèmes que nous avons au Venezuela, d’autres se seraient ajoutés, inexprimables. »
Rappelant le principe que « si ton ennemi se trompe, ne le détrompe pas, » il s’est demandé : « si l’opposition vénézuélienne dit être convaincue que les mesures économiques qui vont être prises le 20 août vont échouer, pourquoi mettre en travers du chemin une tentative d’assassinat du Président ? » Il a indiqué que le peuple vénézuélien s’est encore plus uni après l’attentat.
« Il y a de nombreuses raisons de mécontentement, de mal-être, d’insatisfaction, de critiques de toutes sortes. Il y a un million de raisons pour que ce débat ait lieu dans le chavisme mais quand des situations comme celle-ci surviennent, les critiques et les observations sont petites face à la volonté de préserver le Venezuela en tant qu’unité politique nationale. Les gens ne sont pas fous, ils savent distinguer quand la critique est nécessaire et quand ce qu’on cherche, c’est de détruire les institutions de l’État pour chercher à faire contrôler le Venezuela par des intérêts étrangers. »
« Nous sommes sortis victorieux de ces circonstances difficiles. Ce n’est pas rien ! Il fait célébrer le fait que l’assassinat de samedi ait échoué. Ça, il faut le célébrer ! »
« Nous espérons pouvoir, à partir du 20 août, non seulement avec la reconversion monétaire mais aussi avec le programme de rétablissement de l’économie que le Gouvernement du Président Maduro a conçu, entrer dans une nouvelle époque économique » qui permette de contrôler l’hyperinflation et d’entrer dans une étape de développement des forces de production. »
Banaliser l’attentat
Villegas a aussi condamné la campagne destinée à banaliser, à mettre en doute ou à ridiculiser l’attentat en l’attribuant même au Gouvernement lui-même alors que des journalistes extrémistes comme Patricia Poleo ou Jaime Bayly ont publié des communiqués ou ont indiqué ouvertement dans des médias qu’ils ont rencontré les conspirateurs à Miami.
« José Vicente Rangel disait qu’il y a ceux qui n’accepteront jamais la dénonciation de l’assassinat du Président parce qu’ils n’admettront que le cadavre de Chávez. Dans ce cas, la seule preuve qu’ils admettraient, c’est le cadavre de Maduro. » Cependant, « nous les informons que la Garde d’Honneur est très efficace » et l’a protégé.
En ce qui concerne la réaction du Président Maduro pendant l’attentat, Villegas a déclaré : « Pour moi, ça a été une leçon personnelle sur la façon dont quelqu’un, face au danger, peut garder une attitude sereine quand tes convictions te permettent d’être en paix avec toi-même et de plus, d’avoir conscience que de tes réactions dépend la vie de personnes. » Il a indiqué que ça a été « une attitude très courageuse, très sereine, qui lui a fait gagner le respect de beaucoup de gens dans le chavisme et à l’extérieur. »
Il a déclaré : « Il est très facile d’être courageux quand on est derrière un micro, sur un ordinateur ou un téléphone à la main mais le véritable courage se prouve quand tu es face au danger. Ta réaction face au danger est la véritable preuve de ton aplomb. Souvent, il y a des démonstrations de choses qu’on n’a pas mais souvent, il n’y a pas de telles manifestations mais la pratique te permet de prouver que tu as tellement de force de caractère. »
Mille cerfs-volants pour la paix
Le ministre a invité à l’événement « Lançons mille cerfs-volants pour a paix » qui aura lieu vendredi à 10 heures du matin au Musée d’Architecture sur l’avenue Bolívar, à quelques mètres du lieu de l’attentat. Il a indiqué qu’ils cherchent à « exorciser » l’avenue Bolívar et à ce que « la mort ne revienne plus jamais par là, ais la vie. »
par Luigino Bracci
source en espagnol : albaciudad / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos