Lettre au Ministre français des Affaires Étrangères, par Marc Girard.

au Ministère de l’Europe de des Affaires étrangères… Monsieur le Ministre des Affaires étrangères / 37, quai d’Orsay – 75007 Paris

Monsieur le Ministre,
Le 4 août dernier , le président du Venezuela, Monsieur Maduro, a été la victime d’une tentative d’attentat sur sa personne.
Contrairement à ce qu’en en ont rapporté les journaux français, je n’emploie ni le conditionnel ni les guillemets pour évoquer ce terrible fait qui aurait faire beaucoup plus de morts que la seule personne du président de la république de ce pays.
Or, je n’ai entendu aucune déclaration des autorités officielles françaises sur cette tentative d’assassinat, confortant ainsi d’une certaine manière, l’attitude soupçonneuse et pour certains, ironique, qu’ont eue les journaux français qui ont relaté cet évènement.
Certes, je ne vous pas rends pas responsable du parti-pris farouchement anti bolivarien de la presse française, mais la politique extérieure que vous mettez en œuvre envers ce pays, suscite, pour ne pas dire encourage, toutes les attaques dont ce pays fait l’objet. Attaques qui bien souvent d’ailleurs ne reposent que sur les affirmations des opposants qui, elles, sont acceptées sans réserve par la presse et par la France (pour preuve, la réception par le président de la république française d’opposants vénézuéliens qui demandent – et obtiennent ! – des sanctions envers leur propre pays).
J’aurais espéré que la France, traditionnellement attachée aux droits de l’Homme (en tous les cas, se revendiquant comme telle) aurait réagi de manière officielle face à un tel acte ; en effet, même si le gouvernement français ne partage pas les orientations du gouvernement vénézuélien, une attitude respectueuse des droits de l’Homme, ou tout simplement humaine, aurait consisté à condamner la tentative d’assassinat. A la place, nous avons eu droit à un silence assourdissant et complice de la France.
Les gestes d’inimitié (c’est une litote) de la France envers ce pays sont tels que je m’interroge sur le sens de la politique extérieure française.
Ainsi, vous vous êtes rendu dernièrement à Cuba dont le régime est, par certains aspects, proche de celui du Venezuela, mais la France persiste malgré tout , avec l’Union européenne, à l’isoler et à l’affaiblir.
Peut-être suis-je ignorant des subtilités diplomatiques, mais il y a là un vrai paradoxe, voire une contradiction. Aussi, je m’interroge sur les raisons qui justifient le mauvais traitement dont le Venezuela est victime de la part de la France.
Dans l’espoir d’être éclairé sur les motivations de la politique extérieure française envers ce pays, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération,
Marc Girard Paris, le 12 août 2018
Psychothérapeute
Bolivar infos