L’oligarchie colombienne cherche à détruire l’Etat-Nation vénézuélien

Entre la Colombie et le Venezuela, il y a toujours eu un important conflit historique et cela bien que les 2 nations aient les mêmes racines ethniques et historiques, malgré l’étroite amitié et l’étroite coopération que devrait provoquer le fait de partager une frontière terrestre de plus de 2.200 Km. Bien que, de 1819 à 1831, ces 2 pays n’aient constitué qu’une seule nation (la « Grande Colombie ») avec les territoires actuellement occupés par l’Équateur et le Panama, fruit du génie du Libérateur Simon Bolívar. Une seule nation qui, si elle existait actuellement, serait une vrai puissance économique avec une façade sur les 2 grands océans, un territoire de plus de 2,5 millions de Km2, bien supérieur à la moitié de la superficie occupée par les nations qui composent l’Union Européenne. De gigantesques ressources naturelles parmi lesquelles la plus importante réserve mondiale de pétrole, une réserve d’or certifiée de 7 000 tonnes, des réserves de cuivre, de diamant, de coltan, de fer, de bauxite, de thorium et d’autres minerais encore à évaluer. Tout cela serait apporté par le Venezuela. Elle aurait aussi d’importantes réserves d’eau douce et une extraordinaire biodiversité et comme si cela ne suffisait pas, elle aurait aussi et administrerait le canal de Panama, qui est toujours le plus important canal de navigation inter-océanique du monde.
La cause fondamentale de ce conflit réside dans la nécessité pour les producteurs du centre et du sud de la Colombie de sortir, légalement ou illégalement, leur production destinée aux marchés d’Amérique du Nord et d’Europe par notre Lac de Maracaibo pour éviter les forêts inextricables, les hauts sommets et les fleuves puissants qu’ils devraient traverser pour pouvoir accéder à la petite côte du nord-est qu’ils ont toujours eue sur la Mer des Caraïbes. Une ordonnance de la municipalité de Tusa, située au sud de l’actuel département d’Antioquia, datant de 1543 et destinée à envahir et à s’approprier notre lac démontre clairement cette nécessité.
De sorte que la possession de notre Lac de Maracaibo pour avoir un accès facile et sûr à la Mer des Caraïbes par le golfe du Venezuela et la possession des terres proches de notre puissant fleuve Orénoque pour accéder à l’océan Atlantique grâce à son affluent, le Meta a toujours été l’une des ambitions de l’oligarchie colombienne composée par quelques 20 familles qui ont détenu le pouvoir économique, politique, militaire et religieux de l’époque coloniale à nos jours. Ces faits étant prouvés, pour satisfaire une ambition si démesurée et bâtarde, les Gouvernements successifs représentant les intérêts de ces familles n’ont pas hésité à s’allier avec les empires des Etats-Unis et de l’Espagne pour nous dépouiller de quelques 300.000 Km2 de notre territoire dans a péninsule de la Guajira. Dans les environs de l’Orénoque, un fait consacré par un traité signé en 1941 avec l’ex-président Eduardo Santos, grand-oncle de Juan Manuel Santos, qu’à mon avis, doit être dénoncé le plus vite possible ainsi que le fait que nous sommes arrivés au bord d’une guerre fratricide, de façon irresponsable, avec chacune des incursions dans nos eaux territoriales : dans les environs de l’archipel de Los Monjes en 1952 et dans le Golfe du Venezuela en 1987, toutes 2 efficacement repoussées par nos forces armées de l’époque.
Il faut signaler aussi parmi les racines de ce conflit, la grande contradiction entre le projet bolivarien qui inclut la doctrine de l’anti-impérialisme, l’égalité sociale et le gouvernement du peuple. Le modèle « monroïste » qui envisage l’hégémonie des Etats-Unis sur le continent américain auquel s’est plié Francisco de Paula Santander alors qu’il était vice-président de la Grande Colombie quand le Libérateur en était Président en disant de façon impudique devant le congrès de Bogotá début 1824, très peu de temps après la promulgation de la Doctrine Monroe que celle-ci « est une amélioration pour l’humanité et que la Colombie gagnerait beaucoup à se rapprocher d’un partenaire si puissant. »
Avec l’avènement de la Révolution Bolivarienne, cette contradiction n’a fait que s’exacerber à un degré tel que le grand historien vénézuélien membre de l’Assemblée Nationale Constituante qui rédige notre Constitution, Yldefonso Finol, dit que « La Colombie est devenue la tête de pont d’une opération transnationale contre la Révolution Bolivarienne et le projet d’ Hugo Chávez et ensuite a fait pareil ou pire contre Nicolás Maduro mais elle cherche plus que cela, plus que détruire la Révolution Bolivarienne, elle cherche à lyncher moralement la vénézolanité, détruire la vénézolanité en tant qu’incarnation du bolivarien pour dépecer le pays, s’approprier nos ressources naturelles et nous rendre non viables en tant que nation comme ils l’ont fait en Libye et dans d’autres pays. »
Et c’est que l’oligarchie colombienne et les Gouvernements qui l’ont représentée, persuadés comme ils l’ont toujours été qu’ils ne pourront pas mettre la main sur le Venezuela par leurs propres moyens et que s’ils le font avec l’empire, celui-ci, comme à son habitude, les laissera en dehors de la répartition de nos richesses, ont alors opté pour accepter le rôle de promoteur de la dissolution de l’Etat-Nation vénézuélien sous les ordres de l’empire, certains de pouvoir « négocier » de façon avantageuse avec certains des « monstres géopolitiques » qui pourraient être créés dans ce but à partir du démembrement de notre très beau et très riche territoire actuel.
L’attentat raté de samedi dernier sur l’Avenue Bolívar s’inscrit parfaitement dans un plan conçu pour faire débuter cette dissolution de l’Etat-Nation vénézuélien parce que quel autre but pourrait avoir l’exécution d’une opération destinée à en finir simultanément avec la vie des plus hautes autorités des 5 pouvoirs publics du pays et du haut commandement militaire au grand complet ? Il faut aussi tenir compte du fait que le choix de l’événement au cours duquel serait exécuté l’attentat n’a pas été le fruit du hasard puisque, selon la confession du terroriste mercenaire qui a coordonné l’opération à Caracas, il était question de le faire le 24 juin, lors du défilé célébrant le Jour de l’Armée, une date pour laquelle ils n’étaient pas suffisamment prêts, ou le 5 juillet, pendant le défilé civil et militaire commémorant notre indépendance, une date à laquelle ils n’ont pas pu agir parce que les drones n’avaient pas encore passé la frontière colombienne. Toutes ces dates ont en commun avec le 4 août le fait que les hauts fonctionnaires qu’on voulait assassiner étaient présents à la tribune présidentielle, entourant le Président de la République. 
A propos des détails les plus importants de cet attentat manqué, il faut dire que dans chacune des conférences de presse données par le Président Maduro, le 7 août, et par le ministre de la Communication et de l’Information hier, des éléments suffisamment convaincants ont été présentés pour pouvoir assurer de façon indiscutable que :
  • L’attaque a été perpétrée par des terroristes mercenaires liés aux partis d’extrême-droite vénézuéliens dont le chef des opérations a avoué qu’ils avaient reçu comme paiement 50 millions de dollars étasuniens et qu’ils résidaient aux Etats-Unis.
  • Parmi les auteurs intellectuels, se trouvent, entre autres le député Julio Borges, fugitif, réfugié en Colombie et le patron vénézuélien résidant dans l’état de Floride Osman Delgado Tabosky dont les liens avec le sénateur Marco Rubio sont prouvés et qui a financé l’attentat. Comme complice nécessaire, on a identifié le député Juan Requesens qui a dénoncé Borges qui est derrière les barreaux et qui a avoué.
  • La planification, la déploiement logistique, le financement et la présence des auteurs matériels et intellectuels en Colombie et aux Etats-Unis sont pleinement démontrés. Ces individus ont nécessairement dû être protégés et/ou soutenus par des fonctionnaires de ces pays, c’est pourquoi on a demandé l’extradition au Venezuela d’un grand nombre de personnes réfugiées dans ces 2 pays.
  • Le drone qui a explosé devant le tribune présidentielles a été déclenché à distance depuis les Etats-Unis. On peut se demander comment cela a pu passer inaperçu des autorités d’un pays qui, depuis le 11 septembre 2001, fait vivre sa propre population en état de siège permanent.
  • Comme on s’y attendait, les Gouvernements hors-la-loi des Etats-Unis et de Colombie non seulement nient avoir quelque lien que ce soit avec les faits mais comme le voleur qui après avoir commis son méfait, indique un citoyen innocent qui passe par là en criant « au voleur ! au voleur ! », accusent le gouvernement bolivarien d’avoir perpétré un auto-attentat. Pour sa part, l’Union européenne non seulement ne condamne pas l’attentat mais se permet de « réclamer » une enquête exhaustive sur cette attaque avec un drone dont le Président Nicolás Maduro a été victime « de façon présumée. »
  • Au milieu de ce scénario de négation des principaux complices internationaux, un commentaire de l’expert en anti-terrorisme Scott Bennet, un ancien officier de la guerre psychologique de l’armée des Etats-Unis récemment diffusé par Press TV est extrêmement important : « L’attaque a été un autre mouvement de la CIA pour provoquer la mise en place des guerres politiques de l’agence dans la région. Je pense que pendant que nous enquêtons (…), nous allons voir que cela a été en fait une tentative terroriste de certains agents de la CIA, de la Colombie, de l’extrême-droite qui avait pour cible Maduro. » et il a déclaré aussi : « Plus Maduro commence à montrer les joueurs, leur origine, leur méthode, et plus nous allons trouver des liens directs avec cette communauté du renseignement de la CIA et les éléments malhonnêtes que les Etats-Unis ont utilisés pour jouer au Venezuela. » Pour finir, l’expert a déclaré qu’à son avis, l’attaque d’un envoyé politique étasunien au Bangladesh a eu lieu le même jour a été un attentat de « faux drapeau » de la CIA pour essayer de détourner l’attention de l’assassinat raté de Maduro. 
D’autre part, le fait que les représentants les plus connus de la contre-révolution médiatique composée par des «  journalistes » connus pour être payés par la CIA attire l’attention. Ils se sont comportés d’une façon plus que contradictoire, passant d’un extrême à l’autre : faire un apologie complète de cet acte terroriste criminel (Patricia Poleo, Sergio Novelli et Jaime Bayly), ce dernier en arrivant même à dire qu’il avait presque participé à l’organisation du crime en passant par la création d’une fausse information accusant le Gouvernement de s’être attaqué lui-même (Víctor Amaya), jusqu’à en arriver à une critique acérée des auteurs matériels pour avoir échoué (Nelson Bocaranda) et même à dénoncer l’Empire comme l’a fait « l’étrange » Jaime Bayly qui en est arrivé à dire que les services de renseignement de l’Empire ont soutenu explicitement l’attentat.
Et pour terminer, je dois dire que l’oligarchie colombienne représentée à présent par Iván Duque ne s’arrêtera pas de chercher à détruire notre Etat-Nation à cause de cet échec mais au contraire, comme le démontre le fait d’avoir annoncé tout au long de sa campagne électorale et d’avoir réaffirmé il y a peu, après avoir été élu, sa volonté de faire passer par la fenêtre la Révolution Bolivarienne. Imaginons maintenant comment sera cet « habitant de Bogota les ongles sur la queue » après avoir été personnellement désigné par l’ineffable Nikki Haley comme chef de l’alliance régionale que l’Empire cherche à construire pour intervenir militairement au Venezuela.  
Nous devons être plus sur nos gardes que jamais maintenant que la Colombie, comme l’a dit le camarade constituant Julio Escalona a cesser d’être un Etat national pour devenir une base territoriale et géopolitique des pouvoirs que représentent les Gouvernements des Etats-Unis et d’Israël, est arrivée à occuper progressivement les 2 côtés de la frontière pour essayer de créer une nouvelle entité politique et économique détachée de la République Bolivarienne du Venezuela et intégrée au pouvoir mondial et aux réseaux transnationaux que construisent la mondialisation néolibérale au service du capital.
Par Carlos E. Lippo
Source en espagnol : resumen latinoamericano / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos