Qui est le député impliqué dans l’attentat raté contre Maduro ?

Juan Requesens… un jeune vénézuélien si violent ? Tellement violent qu’il avoue avoir participé à la préparation d’un attentat à l’explosif ? Un cafteur ? Requesens est-il vraiment un élément qui ne peut tenir sa langue lors d’une circonstance atténuante ?  Voyons, il n’a que 29 ans et seulement sept ans de vie publique, ses agissements et ses déclarations permettent de se faire une idée de son profil et de ses tendances.
Un bachelier démocratique
Requesens apparaît dans la vie politique nationale, en 2011, lorsqu’il a gagné les élections pour la présidence de la Fédération de Centres Universitaires de l’Université Centrale du Venezuela, où il suivait des cours de Sciences Politiques. Son slogan était : « Viva la U » et il militait à Action Démocratique, un parti plus ou moins social-démocrate. Le chef d’AD, Mr Henry Ramos Allup déclarait de manière euphorique à l’époque : « pour la première fois en 53 ans, la FCU sera dirigé par un membre du parti« .
Cependant, au début de son ascension politique, le dirigeant estudiantin (qui n’a toujours pas obtenu de diplôme) s’est déclaré un électron libre et a été postérieurement recruté par le parti de droite Primero Justicia. Le changement de parti entraine également un changement d’image, car jusqu’alors Requesens est obèse… il se soumet aux traitements nécessaires qui changent radicalement son poids et son apparence.

Des études en violence
Lorsque Requesens siégeait comme président de la FCU, la tendance pyromane de l’opposition a mis en place le plan « la salida » (le Départ), une vague de violence de rue qui s’est prolongé durant plusieurs mois en 2014 dans le but de faire partir le président fraichement élu, Nicolas Maduro… Star des médias occidentaux, le leader de Voluntad Popular, Mr Leopoldo Lopez – auteur intellectuel des violences, des incendies de bâtiments publics et des 84 morts, fût arrêté et condamné pour 14 ans. Là, commencent les premières transgressions démocratiques de Requesens, bien qu’exclusivement verbales semble-t-il. Ses discours s’alignent à la ligne dure et attirent l’attention des chasseurs de tête de Primero Justicia, en manque de leadership.
Ses multiples appels à la violence, au chaos et à la guerre lui valent une bouteille reçue en pleine figure. En effet, face au siège Bureau du médiateur où il réclamait en vain une autorisation de manifester (qui se terminaient toujours avec de la violence), des objets ont été lancés, mais le destinataire les a renvoyé à l’expéditeur… L’occasion pour se poser en victime devant les photographes.
Après une période en tant que conseiller de la municipalité Baruta, il se présente comme candidat député à l’Assemblée Nationale pour l’État de Táchira. Malgré que les dirigeants régionaux, agacés par l’imposition de sa candidature, ont voté pour lui dans l’avalanche électorale de décembre 2015.
Une ascension météorique
Cela ne faisait pas trois mois qu’il sévissait en tant que député à l’Assemblée Nationale qu’il a encore fait parler de lui lors d’un épisode qui a été profité au maximum par les chavistes et a causé l’indignation des honnêtes gens : une conversation téléphonique (sous écoute) été rendu publique où il était question d’un immense appartement dans la zone chic des Los Palos Grandes et qui lui serait destiné moyennant la somme de deux ans de location, sans que la source de financement ne soit jamais rendue publique. L’équivalent de trois ans de son salaire de parlementaire.
Dans cette même période un autre député de l’opposition, Mr Freddy Guevara, a admis sans honte que le véhicule BMW dans lequel il se déplaçait, était la propriété d’un entrepreneur qui lui avait prêté amicalement. Beaucoup d’électeurs de la coalition d’opposition MUD se sont demandés légitiment d’où sortait cette génération de « jeunes loups » si privilégiés et, en même temps, si grande gueules.
Une promo de colériques
En 2017 Requesens s’est entêté à faire participer Primero Justicia dans l’orgie de violence orchestrée par la trilogie satanique des parti d’extrême droite : Voluntad Popular, Vente et Alianza Bravo Pueblo. Ainsi il a été l’un des principaux instigateurs des actions aventureuses assumées par des jeunes et des adolescents manipulés, ainsi que des petites frappes généreusement engagés afin d’intervenir dans ces émeutes. Dans une interview réalisé à l’époque, le député a philosophé sur ce sujet : « Les processus politiques ont des acteurs et tous ont leurs rôles. Par des raisons physiques ou d’âge, le mien est celui d’agitateur« . Encore une fois, ses camarades lui ont fait remarquer qu’il avait la langue bien pendue et l’ont averti que cela pourrait lui apporter de graves problèmes.
Pris de folie, les députés, les maires et d’autres dirigeants contre-révolutionnaires (surtout les jeunes) ont commencé à rivaliser pour le trophée de l’héroïcité des actions de rue. Requesens était de la partie, au début de juin 2017, il apparait subitement au bord de l’autoroute Francisco Fajardo, à l’intérieur d’un égout, dans une zone où les « manifestants pacifiques » s’efforçaient de pénétrer la Base militaire Aérienne de La Carlota. Les réseaux sociaux ont fait circuler la vidéo où on le voit s’en extraire avec difficulté, mais sans que personne n’ai jamais vu la garde nationale le pousser dedans. Petits détails dans ce monde de post-vérité digitale. La scène est devenu l’objet de multiples plaisanteries, dont la plus facile était en rapport à son obésité perdue spectaculairement, du contraire il y serait resté coincé. En tout cas, cette scène lui a servi à se mettre à la hauteur d’autres dirigeants d’opposition mouillés par des jets d’eau des appareils répressifs, tel Carlos Paparoni, ou Freddy Guevara, maréchal de bataille des jeunes écuyers en carton.
Études supérieures internationales
Devenu jeune espoir de l’opposition d’extrême droite, Requesens est allé livrer des batailles dans l’espace international, là où le fer des finances de l’opposition est forgé. Est-ce sa vocation d’agitateur ou simple stratégie politique bien huilé ?
En juillet 2017, tandis qu’au Venezuela la nouvelle vague de violence de l’opposition consommait son quatrième mois et tentait d’empêcher la tenue des élections de l’Assemblée Nationale Constituante, Requesens montait sur une tribune du Floride International University de Miami, avec le gratin de l’antichavisme global où il exposait ses idées en faveur d’une intervention étrangère au Venezuela. Le scénario proposé consiste à générer un tel chaos que le pays en deviendrait ingouvernable afin que de l’étranger on puisse établir l’ordre.
Violence de genre
Si la vidéo de l’égout ne lui fit pas obtenir la gloire recherché, la nouvelle vidéo qui lui assura une nouvelle présence dans le monde viralisé des réseaux sociaux, au mois de mai 2017, lui consacra une deuxième chance. L’héroïque député se dispute cette fois-ci avec quelques membres de la garde nationale bolivarienne aux portes du Palais Fédéral Législatif et il a le mauvais réflexe d’infliger un puissant coup de poing, non pas à l’un des hommes, mais à l’unique femme du groupe, le sergent Surielis Padrón Blanco. Malgré le « noble » le travail de blanchissement qu’ont faite pour lui les médias les plus récalcitrants de la droite nationale et internationale en parlant de coup « supposé », la rejet a été généralisée, femmes de l’opposition inclus. L’étudiant fût calé dans cette délicate matière.

Un doctorat en attentat
Il est plus que probable que Requesens reste un bachelier toute sa vie, sa carrière politique a pris le dessus. Mais en matière de violence, personne ne peut douter qu’il ait complété son doctorat avec sa participation dans l’attentat frustré qui visait le président Nicolas Maduro et les hautes autorités de l’État vénézuélien.
Depuis son arrestation, l’opposition a essayé de construire un récit épique de type classique, en lui assignant le rôle de martyr civil en lutte contre la féroce dictature. Mais, quelques heures à peine, après sa capture, une nouvelle vidéo diffuse ses déclarations, dans lesquelles il attribue toute la faute à Julio Borges, c’est qu’il a été diplômé docteur en langue bien pendue.
Source : LaIguana.TV / traduction : VeneSol