Reconversion Souveraine et Renaissance du Petro

Les mesures que le Président Maduro a annoncées le 25 juillet 2018 dans le but de fortifier le Bolivar et de combattre la crise économique induite, reprennent les propositions que nous avons exposé dans le forum sur le Petro en février. Là nous avons affirmé que la proposition initiale du Petro en tant que cryptomonnaie était timide, peu ambitieuse, orientée à devenir un instrument spéculatif comme le bitcoin.. Et 80 millions de Petros se sont vendus, mais n’ont pas réussi à fonctionner comme un instrument spéculatif. Après avoir eu la valeur d’un actif solide comme le pétrole, avec une valeur de référence fixée par un marché non manipulable, on a démontré qu’il était illogique de spéculer sur son prix ou de parier qu’il explosera dans la stratosphère.
Nous soulignions à ce moment que le Petro n’était pas un nouveau type de crypto-monnaie, un « coin stable » qui maintiendrait son prix, c’est-à-dire un excellent [crypto] actif d’une émission limitée jouant comme réserve de valeur, d’unité de compte et d’unité d’échange. Toutes ces caractéristiques définissent aussi une DEVISE FORTE, appuyée de plus par les barils de pétrole, et, après être mis en application sur une Blockchain, son registre est inviolable, transparent et sûr, un suivi public pour chaque transaction, sans dossiers occultes et fraudes.
Le Petro est solide, il variera doucement d’un jour à l’autre à l’égard d’autres monnaies, car il est associé à la valeur intrinsèque du baril, appuyé par  5 milliards de barils du Champ 1, du Bloc Ayacucho (avec une valeur de 340 $ milliard) qui nous permettra de faire des émissions de Petros soutenu pour beaucoup d’années, et suffisant pour créer une circulaire en Petros parallèle à celui-là en Bolivars. Ancrer le Bolivar Souverain au Petro, comme l’a décidé le Président Maduro, alors aussi le Bolivar reçoit cette force de manière transitive. Nous rompons la dépendance ruineuse avec le dollar en faveur de notre propre devise.
Que signifie ANCRER ? Le taux de conversion du Bolivar Souverain à l’égard du Petro sera FIXE, non fluctuant et non assujettie aux enchères. La valeur de la relation, qui peut prendre plusieurs formes, se détermine à partir d’un référentiel tangible. Les antécédents nous pouvons les trouver dans les travaux de Jeffrey Frankel, économiste primé de Harvard et paradoxalement un conseiller peu écouté au FMI, qui recommande de baser la monnaie des pays producteurs sur la valeur du « Commodity Standard« , un panier des principaux ressources exportables du pays. Le pétrole et d’autres ressources vénézuéliens accomplissent cette condition, et si nous ajoutons le caractère cryptographique du blockchain nous créons une devise pierreuse afin d’en tirer un taux de change réel.
Comme exemple académique d’ancrage, nous pouvons utiliser la dernière valeur du
dollar DICOM. Dans ce contexte, 1 $ = Bs 200.000. Si un Petro vaut 65 $ (le prix du baril) une multiplication simple résulte 1 Petro = Bs. 13.000.000 (BsS 130). La vraie valeur de change dépendra des calculs économétriques que fera l’équipe monétaire du gouvernement et ce n’est pas le point de cet article. Les Petros pourront alors être acquis en Bolivars, pour ceux qui ont besoin de faire du commerce à l’extérieur, et à des émissions répétées, sans l’artificiel manque qui induit une spéculation.
L’audace, le deuxième coup maître, a été d’incorporer le Champ 2 du Bloc Ayacucho
avec 30 milliards de barils aux réserves de la Banque Centrale du Venezuela, qui passent de 10 $ milliard à plus de 2 $ BILLIARDS des nôtres (soit 2 $ TRILLIONS des USA). Et sans perdre le contrôle du gisement, comme le disent certains, parce qu’il s’agit seulement d’un changement d’assignation d’administration à l’intérieur de l’État, mouvoir un actif de la poche droite à la poche gauche du même propriétaire. Nous faisons éclater les algorithmes de toutes les compagnies d’assurances à risque qui nous qualifient mal pour des raisons idéologiques après avoir placé un niveau de réserves supérieur à celui-là de 98 % des pays du globe.
La troisième mesure est la reconversion monétaire qui fait bouger la virgule de 5 lieux vers la gauche afin de faciliter les comptes. L’effet net de ces trois mesures est une réévaluation immédiate du Bolivar et du salaire, avec une diminution appréciable des prix. Confrontés à une réévaluation de ses actifs, les entrepreneurs se dépêcheront à vendre pour éviter des pertes de valeur et les prix baisseront substantiellement. En un an ou un peu moins, les salaires et les prix seront assortis avec les pays voisins, de façon à ce que l’incitation à la contrebande de nourriture et une migration économique disparaîtra.
Il sera nécessaire d’annoncer des ajustements additionnels évidents, comme l’essence, par exemple. L’amener progressivement à des prix régionaux, et donner un subside directe à ceux qui ont des véhicules pour acquérir une quantité limitée d’essence, pour une période transitoire pendant que le pouvoir d’achat du bolivar croît. L’incitation se terminera ainsi que la contrebande de combustible. Pour le transport public, les actuels billets recommenceront à se payer en monnaie, un billet de 10.000 Bs sera de 0,10 Bs. De même que dans le système du métro. D’ici au 20 août, c’est sûr qu’il y aura une attaque sur les prix en essayant de gagner sur l’annonce avant que ses effets ne produisent la réévaluation.
En conclusion, nous verrons des effets positifs palpables dans moins de trois mois, l’hyperinflation freinée à sec et une économie stabilisée dans un délai de six mois à un an.
Víctor Theoktisto – Professeur titulaire de l’Université Simon Bolivar
Source en espagnol : now-salud / Traduction : VeneSol