Le chancelier vénézuélien face au Haut Commissaire de l’ONU aux Droits de l’Homme

Merci beaucoup, Monsieur le Président, de nous donner l’occasion de nous adresser au Conseil. Un pays avec un beau projet : un rêve démocratique, socialiste. Un pays soumis à l’agression économique. Un pays où on a fait « hurler » l’économie, comme disent les porte-parole du Gouvernement des Etats-Unis, un pays qui a été conduit à la déstabilisation intérieure, un pays qui a beaucoup souffert. Nous ne parlons pas du Venezuela, nous parlons du Chili.
Il y a 45 ans, un jour comme aujourd’hui, un coup d’Etat terrible, fasciste, soutenu par l’Agence Centrale de Renseignement des Etats-Unis, en a fini avec un beau rêve démocratique, avec un rêve du peuple. 17 ans de dictature, 17 ans de souffrance, de torture : des milliers de disparus, des milliers de familles qui souffrent, ont été le résultat de cette intervention prouvée par les documents déclassifiés du Département d’Etat et du Département de la Défense des Etats-Unis.
45 ans… Notre Haute Commissaire aux Droits de l’Homme, des Nations Unies, a été l’une des si nombreuses victimes de cette tragédie politique, sociale, dans notre pays frère le Chili. Et cependant, 45 ans après, continuent à se produire des phénomènes dirigés et conduits par le pouvoir des Etats-Unis pour faire échouer les rêves des peuples de Notre Amérique, pour continuer à considérer Notre Amérique comme « l’arrière-cour » – ce qu’elle n’a jamais été et en sera jamais – et les peuples résistent toujours.
Notre génération – j’ai 45 ans, précisément – a grandi dans la peur de ne pouvoir mener à bien le projet démocratique du peuple parce que nous aurions le sort qu’a eu le Chili de 1973. Mais nos peuples ont insisté et insisteront dans leur liberté, dans leur indépendance et dans l’égalité en tant que prémisse fondamentale.
Nous dénonçons une fois de plus ici le siège du Venezuela, le blocus économique et financier contre notre pays, les mesures coercitives unilatérales prises par le Gouvernement des Etats-Unis, par Union Européenne qui cherchent à « faire hurler » notre économie comme ils l’ont fait avec le Chili dans les années 71, 72 et 73. 
Il a même été difficile que le Venezuela puisse recevoir, importer, se procurer ce qui est essentiel et basique pour la production, pour l’alimentation de notre peuple, pour la santé de notre peuple.
Un exemple, seulement : Ici même, la banque Crédit Suisse, dont le siège est en Suisse. Nos titres ont subi à cause des sanctions des Etats-Unis une perte réelle de 265 millions de leur valeur entre 2007 et 2018 (nous parlons en dollars).
Selon l’OPS, c’est de 120 millions de dollars que le Venezuela a besoin pour garantir les vaccins de toute la population. Les médicaments rétroviraux, les fournitures pour les banques du sang, les médicaments contre la malaria, les médicaments contre la tuberculose, les médicaments contre le cancer, les médicaments contre la leishmaniose : 120 millions. Et seulement dans une banque, ici, en Suisse, 265 millions de pertes pour le Venezuela.
Mais un peu plus loin, à Bruxelles, 1.700 millions de dollars vénézuéliens bloqués aussi par une entreprise intermédiaire du nom d’Euroclear.
C’est l’argent du peuple du Venezuela qui est bloqué pour provoquer des troubles dans le pays.
Le 4 aout, notre pays a aussi vécu une tragédie ignorée qui heureusement n’a pas porté ses fruits. La tentative d’assassinat du Président, pas seulement du Président Nicolás Maduro mais de tout le Haut Commandement Politique et Militaire, des Pouvoirs Publics qui se trouvaient à une cérémonie militaire dans le centre de la capitale du Venezuela. Où cet assassinat du Président raté a-t-il été planifié ? A Miami, Etats-Unis. Et ceux qui y ont participé ont été entraînés – ils ont déjà avoué, il y a des preuves suffisantes – en Colombie.
De sorte que nous, nous devons dénoncer une fois de plus le harcèlement de notre pays. Ils ont organisé des campagnes médiatiques, des campagnes politiques et les problèmes de l’économie ont provoqué une migration induite, une migration forcée et ensuite, ils utilisent cette migration pour causer des dommages aussi à l’image du Venezuela. 
La xénophobie contre les Vénézuéliens qui ont émigré dans certains pays de Notre Amérique et qui aujourd’hui – nous devons le dire ainsi – d’autant plus qu’on a demandé le canal humanitaire, nous avons dû ouvrir un canal humanitaire pour aider, pour faciliter le retour de milliers et de milliers de Vénézuéliens du Pérou, d’Argentine, du Chili, du Brésil.
Le Gouvernement vénézuélien, dans un programme que le Président Nicolás Maduro a intitulé Retour dans la Patrie, garantit le retour de milliers de Vénézuéliens dans leur pays parce qu’ils ont été l’objet d’exploitation dans le travail, d’exploitation sexuelle, de trafic de personnes, de toute sorte de souffrances dans certains des pays dans lesquels ils sont allés.
Nous voulons dire aussi que nous condamnons les rapports du Haut Commissaire aux Droits de l’Homme sortant, monsieur Zeid Ra’ad Al Hussein, toujours tendancieux, toujours contre le Venezuela, qui prend toujours une position politique personnelle et nous avons une totale confiance dans le fait que la nouvelle Haute Commissaire aux Droits de l’Homme, en respectant toujours son mandat, son indépendance, aura la volonté – comme le dit le Gouvernement de la République Bolivarienne du Venezuela – de commencer une nouvelle étape de coopération et de fournir toutes les informations nécessaires – au bon moment et en temps réel – pour collaborer avec le Système Universel des Droits de l’Homme, totalement.
Le Conseil des Droits de l’Homme, la Haute Commissaire auront toute la collaboration du Gouvernement de la République Bolivarienne du Venezuela et du Président Nicolás Maduro.
Tournons la page de ces 4 dernières années, de ce que nous avons vécu avec le Haut Commissaire sortant.
Hier, nous avons eu l’occasion de partager nos réflexions sur l’expert indépendant Alfred de Zayas, qui a visité le Venezuela en novembre et décembre de l’année dernière et qui a mis l’accent sur la réalité : le blocus, les sanctions et le siège du Venezuela.
C’est une violation des Droits de l’Homme comme Cuba en vit une depuis des décennies : une violation flagrante des Droits de l’Homme et ce Conseil a à prendre position à ce sujet et à condamner, de façon absolue, les mesures coercitives unilatérales contre n’importe quel peuple du monde destinées à faire dévier sa volonté pour accomplir les diktats des pays puissants. 
Notre pays a un système de protection sociale complet quia pu non seulement surmonter les difficultés économiques mais même se renforcer pendant ces années de guerre économique.
Au Venezuela, la santé est pour tous et elle est gratuite malgré les difficultés. Des médecins formés par la Révolution qui sont toujours aux côtés du peuple vénézuélien. L’éducation est gratuite pour tous, de la maternelle à l’université.
Le logement : Nous avons remis plus de 2 millions de logements pendant ces 4 dernières années.
Plus d’un tiers, 10 millions, presque 1& millions de Vénézuéliens étudient en ce moment au Venezuela.
75% du revenu national a été destiné, pendant ces 20 dernières années, à l’investissement social.
Le chômage au Venezuela est en-dessous de 6%.
L’alimentation : Malgré les perturbations de al crise, nous avons garanti, grâce à un programme intitulé Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production (les CLAP), nous avons réussi à garantir des aliments à plus de 6 millions de foyers, au Venezuela, au bon moment.
C’est un gros effort que nous faisons.
Et enfin, je voudrais dire que le Président Nicolás Maduro, malgré les sanctions, malgré la guerre, malgré les menaces contre sa vie, bien qu’il ait été révélé dans la presse internationale qu’il y a eu des réunions entre de hauts fonctionnaires du Gouvernement des Etats-Unis et des militaires vénézuéliens pour faire un coup d’Etat au Venezuela – nous parlons de ce qui est sorti dans le New York Times, dans le Washington Post, dans le journal ABC d’Espagne il y a 2, 3 jours – malgré la tentative d’assassinat du Président Maduro, malgré le blocus du Venezuela, a engagé un Plan de Rétablissement de l’Economie, de croissance, de prospérité qui a brisé les paradigmes de l’économie traditionnelle, de l’ancrage de l’économie vénézuélienne dans les anciennes institutions du système financier international et que nous voyons avec espoir l’avenir économique du Venezuela. 
Nous voyons avec espoir l’avenir démocratique du Venezuela qui se renforce jour après jour grâce aux efforts d’un peuple en Révolution. Et nous savons que nous, nous réussirons à vaincre et que dans Notre Amérique ne se répèteront pas les phénomènes comme celui qui est survenu il y a 45 ans, ce coup d’Etat terrible et violent, ce bombardement de La Moneda, la mort du Camarade-Président Allende, la mort d’un rêve, la mort de l’espoir au Chili.
Nous, nous vaincrons !
Merci beaucoup…
Jorge Arreaza, ministre des Relations extérieures
Source en espagnol : RL / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos