Pourquoi des sanctions contre Delcy Rodríguez et Diosdado Cabello

Delcy Rodríguez, Vice-présidente Exécutive de la République Bolivarienne du Venezuela et Diosdado Cabello, actuel Président de l’Assemblée nationale constituante sont dans la ligne de mire des Etats-Unis juste après le Président Nicolás Maduro.

Actuellement, une politique de persécution sur plusieurs fronts est mise en place contre le Venezuela : violence induite, tentatives de déstabilisation, campagnes de communication, imposition d’une image négative du Venezuela, non-reconnaissance de ses institutions et des fonctionnaires de son Gouvernement, attaques du système économique et financier. Il y a aussi des sanctions, actuellement utilisées comme outils politique pour donner une image négative, empêcher certains fonctionnaires de se déplacer ou de les neutraliser. Parmi les personnalités sanctionnées par le Conseil de l’Europe se trouve Delcy Rodríguez, Vice-présidente Exécutive de la République Bolivarienne du Venezuela « responsable de violations des Droits de l’Homme et d’avoir sapé la démocratie et l’Etat de Droit au Venezuela. »
Pourquoi attaque-t-on Delcy Rodríguez ?
Delcy Rodríguez est la fille du martyr Jorge Rodríguez Père, assassiné sous la IV° République après avoir été torturé. Elle a été ministre du président Hugo Chávez Frías et a assumé plusieurs charges de la Révolution. Elle est très aimée du peuple et considérée comme une personne à la parole implacable et déterminée. Elle est également reconnue pour son action en tant que Chancelière et sa grande connaissance de la politique étrangère et du Droit International, en particulier du droit qui régit les relations entre les États.
A propos des sanctions de l’Union Européenne, elle a évoqué la double morale de l’Union Européenne et a ironiquement invité la Haute Représentante de l’UE, Federica Mogherini, à prendre possession des soi-disant biens à son nom qui n’existent pas et à les mettre au service de la crise migratoire que les politiques bellicistes, racistes et xénophobes de l’Union Européenne ont provoquée.
Qui est Diosdado Cabello?
Diosdado Cabello1a participé avec le Commandant Chávez à la Rébellion civique et militaire du 4 février 1992. Aujourd’hui considéré comme le second homme politique le plus influent du Venezuela. Premier vice-président du Parti Socialiste Uni du Venezuela (le parti le plus puissant du pays) et Président de l’Assemblée Nationale Constituante. Dirige l’une des émissions de télévision les plus regardées au Venezuela (même par les opposants à la Révolution) intitulée “Con El Mazo Dando” qui sert de lieu de prise de conscience des me,songes diffusés sur le processus bolivarien. Un énorme travail a été fait contre lui par les médias et l’opposition vénézuélienne aux Etats-Unis. On l’a beaucoup visé mais on n’a jamais rien prouvé.
Historique des sanctions contre Diosdado Cabello
Le 27 septembre 2017, le Gouvernement du Canada a pris pour la première fois des sanctions contre Diosdado Cabello et Delcy Rodríguez parmi d’autres fonctionnaires,parce qu’ils auraient contribué au démantèlement de la démocratie et pour cela, il a gelé « leurs actifs au Canada. »
Le 22 janvier 2018, l’Union Européenne a pris des sanctions contre Diosdado Cabello pour sa « soi-disant participation à la répression au Venezuela, » qui impliquent le gel de ses actifs dans l’Union Européenne et l’interdiction d’entrer sur le territoire de la communauté.
Le 28 mars 2018, le Conseil Fédéral de Suisse a pris des sanctions contre Diosdado Cabello sous le même prétexte pour lui interdire l’entrée en Suisse (siège du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU).
Le 18 mai 2018, le Bureau de Contrôle des Actifs Etrangers du Département du Trésor des Etats-Unis (OFAC) a pris des sanctions contre Diosdado Cabello en l’accusant de blanchiment d’argent et d’organiser un réseau de corruption. Cette sanction concernait aussi sa femme Marleny Contreras et son frère José David Cabello. Elle a été prise 2 jours avant les élections présidentielles et a été considérée comme un moyen de pression pour empêcher les élections du 20 mai. 
Les Etats-Unis accusaient Cabello d’utiliser une entreprise du nom d’Alunasa (située au Costa Rica) pour blanchir de l’argent. Cette sanction était destinée à porter atteinte aux intérêts économiques des Vénézuéliens. L’entreprise en question a été créée avant l’arrivée de la Révolution et appartient à l’État vénézuélien. Elle a toujours été sujette au contrôle fiscal du Gouvernement du Costa Rica (un gouvernement qui n’est pas favorable à la Révolution Bolivarienne) et a fait des bénéfices. C’est justement ce que les Etats-Unis veulent empêcher.
Quels comptes les Etats-Unis et leurs alliés gèlent-ils ?
Les attaques contre des fonctionnaires vénézuéliens sont destinées à masquer la véritable attaque, dirigée contre le peuple vénézuélien et ses institutions. Mais ces sanctions n’ont pas eu d’effet pour une simple raison : les Etats-Unis et leurs alliés n’ont pas trouvé un seul compte bancaire ou un actif à l’étranger des fonctionnaires sanctionnés. Ce qui s’est passé, c’est qu’on a fermé des comptes de l’Etat vénézuélien et de ses entreprises pour porter atteinte aux transactions destinées à se procurer des aliments , des médicaments et d’autres produits dont le pays a besoin.
Plus de ressources pour attaquer la Révolution Bolivarienne
En plus de l’importance économique et géostratégique du Venezuela, dans le pays se développe un processus de libération et de véritable indépendance basé sur les idéaux du Commandant Hugo Chávez Frías qui, à son tour, a servi de fer de lance et d’inspiration aux processus de libération qui se déroulent en Amérique Centrale et dans les Caraïbes. Le Venezuela a été distingué au niveau international pour avoir empêché que les Etats-Unis reprennent l’hégémonie sur la région et s’être mis du côté de la majorité pour dénoncer les violations des Droits de l’Homme et des autres lois internationales par les Etats-Unis. C’est pourquoi Washington agresse de toutes les façons possibles le Venezuela pour renverser la Gouvernement du Président Nicolás Maduro qui suit toujours la voie de la Révolution Bolivarienne fixée par Hugo Chávez. Le 25 juin de cette année, le Comité des Assignations du Sénat des Etats-Unis a approuvé l’attribution de 20 000 000 de dollars « pour promouvoir la démocratie au Venezuela. » Il faut souligner que les Etats-Unis ont déjà approuvé l’attribution de fonds contre le Venezuela, fonds qui ont été utilisés pour la déstabilisation et pour essayer de porter atteinte aux institutions démocratiques du pays.
Par Laila Tajeldine
Source en espagnol : RL / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos
NOTE de la traductrice:
1Après une carrière dans les forces armées, Diosdado Cabello rejoint Hugo Chávez qui le nomme vice-président de la République en janvier 2002. À ce titre, il exerce brièvement l’intérim à la tête de l’État les 13 et 14 avril 2002, à la suite de l’échec du coup d’État contre Chávez. Ministre de la Défense de mai 2002 à janvier 2003, il est ensuite gouverneur de l’État de Miranda de 2004 à 2008. Élu député en 2010, il devient président de l’Assemblée nationale le 1 et réélu à son poste le 5 janvier 2013. Président de l’Assemblée nationale constituante depuis le 19 juin 2018. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Diosdado_Cabello)