Pompeo, Bolsonaro et Duque vont décider que faire à propos du Venezuela

Le secrétaire d’État des Etats-Unis Mike Pompeo a commencé lundi un voyage au Brésil et en Colombie destiné à renforcer les liens avec ces pays et à aborder le problème de la continuité qui débute au Venezuela le 10 janvier avec la nouvelle investiture du président du pays, Nicolás Maduro.
Une haute fonctionnaire du Département d’État a déclaré à la presse que le Venezuela sera l’un des problèmes que Pompeo abordera avec le président colombien Iván Duque, le président péruvien Martín Vizcarra et Jair Bolsonaro, investi président du Brésil le 1° janvier.
Selon cette fonctionnaire, les Etats-Unis ont en vue deux « dates importantes » pour le Venezuela : le 5 janvier, début de la nouvelle période de sessions de l’Assemblée Nationale (AN, Parlement) et le 10 janvier, date de l’investiture de Maduro pour un nouveau mandat de 6 ans, c’est à dire jusqu’en 2025.
Maduro, qui est au pouvoir depuis 2013, a été réélu le 20 mai dernier lors d’élections non reconnues par la plupart de la communauté internationale et, par conséquent, maintenant s’ouvre une situation incertaine où les pays doivent décider s’ils conservent des relations diplomatiques avec son Gouvernement ou s’ils les rompent.
À ce sujet, la fonctionnaire a dit : « C’est quelque chose dont nous parlons avec d’autres pays de la région, avec les membres du Groupe de Lima et avec d’autres pays ainsi qu’avec l’Union Européenne et d’autres pays que ça intéresse. C’est un moment important. »
Le Groupe de Lima, composé d’une douzaine de pays qui « considèrent que la démocratie au Venezuela est brisée » et que les Etats-Unis soutiennent de l’extérieur, s’est réuni à Bogotá le 31 octobre dernier pour analyser les possibilités après le 10 janvier mais n’a annoncé aucune décision.
Le Gouvernement du président des Etats-Unis Donald Trump n’a pas précisé non plus s’il romprait les relations avec le Gouvernement vénézuélien.
Interrogée à ce sujet, la fonctionnaire s’est limité à déclarer : « je ne vais pas m’avancer sur notre décision à ce sujet mais je dirais que nous le voyons (le 10 janvier) comme une date importante et que nous voyons avec une grande inquiétude la situation au Venezuela. »
Les Etats-Unis ont demandé à l’Organisation des États Américains (OEA) de convoquer le Conseil Permanent pour ce même 10 janvier pour discuter de la façon dont le continent américain doit répondre à l’investiture de Maduro.
Le responsable des affaires étrangères a prévu de rester au Brésil jusqu’au 2 janvier. Demain mardi, il conduira la délégation des Etats-Unis à l’investiture de Bolsonaro et ensuite, il rencontrera le nouveau dirigeant brésilien et son ministre des Affaires Etrangères, Ernesto Araújo.
Selon la fonctionnaire, Pompeo et Bolsonaro discuteront de « problèmes régionaux et des efforts destinés à défendre et à promouvoir la démocratie et les Droits de l’Homme au Venezuela, au Nicaragua et à Cuba « dont les Gouvernements ont été qualifiés par la Maison Blanche de “troïka de la tyrannie”.
De plus, au Brésil, Pompeo a prévu de rencontrer le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et Vizcarra qu’il remerciera pour « sa direction » du Groupe de Lima.
Le 2 janvier, Pompeo sera près de Carthagène des Indes, en Colombie, où il abordera avec Duque une multitude de sujets, y compris l’arrivée de plus d’1 000 000 de Vénézuéliens en territoire colombien et les « efforts conjoints » pour « rétablir la démocratie au Venezuela. »
« Nous parlons, c’est certain, de nos efforts avec la Colombie et avec la région pour aborder cette nouvelle ère qui commence le 10 janvier au Venezuela, » a dit la source.
L’autre pays qui sera sur la sellette, c’est la Chine et ses tentatives pour gagner du terrain en Amérique Latine.
C’est pourquoi Pompeo tentera de renforcer les relations économiques avec le Brésil, un de ses principaux partenaires commerciaux et abordera avec Duque le « succès » du traité commercial entre les 2 pays signé en 2012.
C’est la quatrième voyage de Pompeo en Amérique Latine ces 6 derniers mois : en décembre, il est allé à Buenos Aires pour le sommet du G20, en octobre au Panamá et au Mexique et en juillet, il s’est rendu au Mexique après la victoire aux élections du président mexicain actuel Andrés Manuel López Obrador.
Source en espagnol : RL / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos