Clés pour penser le Venezuela

Tout d’abord, nous devons nous rappeler ce qui est en jeu, c’est le pétrole : son utilisation souveraine ou sa récupération par l’impérialisme. L’exemple de la révolution bolivarienne inquiète les riches de la planète.
Deuxièmement, la stratégie impérialiste doit être analysée :
• Le blocus empêche l’arrivée de pièces de rechange pour les puits de pétrole ;
• La baisse mondiale du prix du pétrole brut est artificiellement orchestrée par l’Arabie saoudite contre le Venezuela et l’Iran ;
• La pénurie de nourriture et de médicaments est orchestrée par l’oligarchie, ainsi que par les paramilitaires colombiens infiltrés et les mafias, avec les difficultés que cela entraîne pour la population.
• Sabotage permanent de la production et du transport.
• Les actions violentes de rue (guarimbas) visant à rechercher et à obtenir des morts innocents.
• L’auto-proclamation d’un gouvernement  » transitoire.
• La préparation à une intervention militaire directe.
• Le siège mondial des médias, dont les mensonges et les images manipulées sont répétés par les actus serviles dans le monde entier
• Troisièmement, nous devons analyser la situation mondiale et régionale qui précipite le coup d’État et l’action interventionniste. Trump est vaincu en Syrie et est assoiffé de vengeance ; l’expansion momentanée de l’extrême droite dans la région, et en particulier du gouvernement Bolsonaro, permet une alliance militaire Brésil-Colombie qui se prépare déjà à une intervention « humanitaire ». En Colombie, où un dirigeant syndical ou communautaire est assassiné tous les jours, il y a également des bases yankee pour intervenir. En d’autres termes, la corruption de Lula et Dilma, qui a fait tant de mal à leur peuple, qui a discrédité même le mot « gauche », qui a permis au monstre de s’élever, que la corruption a également sa part de responsabilité dans l’agression actuelle contre le Venezuela.
Quatrièmement, la situation intérieure délicate doit être prise en compte. Il y a des milices populaires, mais d’un autre côté, il y a un secteur populaire insatisfait et angoissé par les difficultés, et qui attribue les causes entièrement au gouvernement. Les Forces armées nationales bolivariennes semblent rester fermes, malgré les pressions, les menaces et les offres séduisantes de l’étranger, mais la corrélation militaire interne entre les officiers patriotes et les dirigeants du coup d’État ne sera visible que dans les prochains jours. A ce stade, il ne nous appartient pas de juger d’ici la fermeté ou les hésitations du gouvernement de Maduro. En ce moment, il y a un empire agresseur et un État et un peuple agressés.
Cinquièmement, nous voyons à quel point cette enclave pétrolière vénézuélienne est importante pour la corrélation des forces entre les puissances mondiales. Il est évident que la Chine et la Russie ne les arrange pas que le pétrole vénézuélien revienne entre les mains des États-Unis. Ces contradictions entre les puissances sont sans aucun doute un facteur qui fait qu’il est difficile pour les Etats-Unis de compléter un blocus mondial.
Dans l’Unidad Popular nous avons des approches différentes lorsque nous caractérisons le processus bolivarien et l’administration du gouvernement de Maduro ; mais nous serrons les rangs contre les agresseurs. Lorsqu’une invasion impérialiste est préparée contre un pays de la région, lorsqu’une puissance impérialiste déplace ses laquais pour s’approprier les ressources naturelles d’un État souverain, toute neutralité est complice avec l’agresseur.
L’Unidad Popular est dans le tourbillon d’une compétition électorale transcendante et inégale. Nous sommes la tranchée uruguayenne de la cause des peuples du monde, une tranchée parmi mille qui sont érigés en plein lumière du jour ou dans les ombres des persécutées. Nous sommes l’une des tranchées ouvertes par les peuples du monde pour empêcher le capitalisme de détruire la planète. La solidarité anti-impérialiste est un élément essentiel de notre raison d’être. On est là.
Par Gonzalo Abella
Écrivain et historien uruguayen, membre de Unidad Popular – coalition de partis politiques uruguayens fondée en 2013, très à gauche et qui se présente en désaccord avec le Frente Amplio au pouvoir, qu’ils considèrent comme ayant évolué vers des positions politiques du centre.
Resumen Latinoamericano / traduction  : Venesol