La Banque d’Angleterre incitée à donner l’or du Venezuela à Juan Guaidó

Le journal britannique « The Guardian » a adopté depuis de nombreuses années une position résolument anti-chaviste. L’article de ce journal que nous traduisons ci-dessous, par les termes employés, ne fait pas exception à la règle. Cependant, l’énormité de la manœuvre qui y est décrite mérite à notre sens que nous publiions cette information.

L’un des ministres britanniques chargé des affaires étrangères a suggéré que la Banque d’Angleterre donne accès aux 1,2 milliards de livres sterling des réserves d’or vénézuéliennes à Juan Guaidó, président auto-proclamé, plutôt qu’à Nicolás Maduro.
Dans une déclaration aux parlementaires du Royaume-Uni, Sir Alain Duncan a indiqué que la décision appartenait à la Banque et à son gouverneur, Mark Carney, et non au gouvernement. Mais il a ajouté : « C’est à eux de prendre la décision en la matière, mais il n’y a aucun doute que – quand ils le feront – ils tiendront compte du fait que de nombreux pays dans le monde remettent en question la légitimité de Nicolás Maduro et reconnaissent celle de Juan Guaidó. »
Guaidó a déjà écrit à Theresa May pour demander que les fonds lui soient envoyés.
L’ancien président de la commission restreinte des Affaires Etrangères, Crispin Blunt, a déclaré que le président actuel de la banque centrale vénézuélienne n’était pas légitime, car il n’avait pas été nommé par l’assemblée nationale du pays. Blunt a envoyé des lettres au secrétaire aux affaires étrangères, Jeremy Hunt, ainsi qu’au chancelier, Philip Hammond, les exhortant à prendre une décision rapide.
Selon Duncan, Hunt traiterait des prochaines étapes dans les efforts de l’Union Européenne pour soutenir Guaidó lors de discussions qui se tiendront à Bucarest jeudi prochain. Certains états essentiels dans l’UE, y compris la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni ont exhorté Maduro à convoquer des élections libres et honnêtes dans les huit jours, sans quoi la communauté internationale reconnaîtrait Guaidó comme président par intérim. La position de l’UE a été soutenue à la Chambre des Communes par le Scottish National Party ainsi que par les Libéraux-Démocrates.
Malgré les critiques internationales visant le gouvernement de Maduro, certains s’inquiètent du fait que les principaux soutiens de Guaidó dans la région sont Donald Trump et Jair Bolsonaro, le président d’extrême-droite du Brésil.
Emily Thornberry, la responsable des affaires étrangères de l’opposition travailliste, a déclaré que la démocratie ne fonctionnait plus de façon significative au Venezuela, et que la population avait besoin d’un gouvernement qui respecte la loi, les droits humains et la démocratie. Elle a cependant émis une mise en garde contre une tentative précipitée d’évincer Maduro.
« Selon les rapports des dernières années, le gouvernement de Maduro ne répond à aucun de ces critères, mais j’ai tendance à croire que c’est une erreur – dans des situations comme celle-ci – de penser qu’un changement de président résoudra automatiquement tous les problèmes, et encore moins le type d’intervention menée par les USA dont Donald Trump et [le conseiller américain à la Sécurité Nationale] John Bolton brandissent la menace. »
Selon elle, la priorité pour les Britanniques devrait être de permettre, au bout du compte, aux Vénézuéliens de décider comment ils souhaitent avancer au travers d’élections libres et honnêtes.
Les remarques de Thornberry semblent indiquer que les travaillistes prennent leurs distances vis-à-vis de l’ultimatum de huit jours décrété par l’UE. Maduro a rejeté cet ultimatum, répétant que son gouvernement ne céderait pas à un coup d’état.
Selon la porte-parole aux affaires étrangères des Libéraux-Démocrates, Jo Swinson, l’approche interventionniste est justifiée du fait de la crise humanitaire et des élections truquées dirigées par Maduro. Duncan a répété que les pays voisins du Venezuela ont demandé que Maduro soit traduit devant une cour criminelle internationale.
Quant à l’ancien ministre conservateur Kenneth Clarke, celui-ci a conseillé que de nouvelles sanctions économiques soit appliquées, tout en avouant son impatience vis-à-vis des buts recherchés par les USA. Il a recommandé des sanctions économiques afin que les militaires retirent leur soutien à Maduro.
Duncan a reconnu le besoin de rester prudent: “L’histoire des interventions des USA en Amérique Latine peut faire remonter à la surface des opinions contre-productives alors que nous souhaitons résoudre le problème, et non revivre certaines des difficultés que nous avons connues il y a quelques décennies ».
Sorce : https://www.theguardian.com/
Traduction : Venesol