A propos des bouffons et des tombeaux

A propos des « Stars » en faveur du coup d’État qui donneront un concert payant à la frontière du Venezuela, côté Colombie, en faveur de l’intervention « humanitaire » des États-Unis. Le méga-concert est financé par le milliardaire britannique Richard Branson et aura lieu à Cúcuta le samedi 22 février.

Dix mille, c’est le nombre macabre de faux positifs enregistrés en Colombie par l’ONU. Faux positifs est le nom donné aux assassinats extrajudiciaires qui ont impliqué des membres de l’armée nationale colombienne en Colombie dans des assassinats de civils innocents, dans le but de les faire passer pour des guérilleros morts au combat. Ces assassinats avaient pour objectif d’améliorer les résultats des brigades de combat.
Dix mille jeunes Colombiens ne pourront pas assister au concert donné à Cúcuta par leurs compatriotes Carlos Vives et Juanes. Ils ont été assassinés par les forces de l’ordre sans que les chanteurs n’aient jamais élevé la voix, pas plus que les autres artistes engagés par le magnat britannique pour camoufler dans une chanson humanitaire l' »option militaire » des Etats-Unis et qui menace le Venezuela.
Dix mille, c’est le nombre macabre de faux positifs enregistrés par l’ONU, les médias indépendants et les publications universitaires. Jeunes étudiants, paysans, travailleurs, chômeurs et handicapés recrutés pour être assassinés, puis déguisés en guérilleros et accusés d’être tués au combat.
Sur cette scène de cadavres, Carlos Vives, Juanes et d’autres monteront leur concert pour la paix des sépulcres.
La scène n’est pas terminée. En plus des 10.000 faux positifs, il y a plus de 400 leaders sociaux assassinés et près de 5.000 enfants Wayuu morts de malnutrition dans la Guajira colombienne, sans voix, sans un cri de leurs compatriotes chanteurs ou des autres dans ce sombre spectacle de la musique, des morts et des lumières.
Le spectacle n’a rien d’original. Il a déjà été mise en scène au même endroit, lorsque le gouvernement colombien a violé la souveraineté de l’Équateur et a bombardé son territoire lors de L’opération Phénix. Face aux protestations du Venezuela, un « concert pour la paix » a été organisé à la frontière, où les personnes déplacées par les narcotrafiquants, les paramilitaires, la guérilla et les forces régulières de la nation y trouvent refuge.
Le nord de Santander est l’une des régions de Colombie les plus touchées par la pauvreté et la violence. Fortement dépendant de l’économie vénézuélienne, de là l’empire prépare, contre la patrie de Bolivar, ce que Trump appelle « l’option militaire ». Option enveloppée dans le cellophane musical de Carlos Vives, Juanes – c’est ainsi que le diable paie – et d’autres « gloires » étrangères du chant d’avant-guerre.
Le massacre de 3.000 paysans en 1928 à Aracataca, où Gabriel García Márquez a inventé ou rêvé de Macondo, a été précédé par les « parrandas colossales » avec lesquelles M. Herbert a nargué le peuple. Aujourd’hui, à Cúcuta, le rôle de M. Herbert est joué par Juanes, Carlos Vives et d’autres bouffons qui chantent pour une armée responsable de des dizaines de fosses communes sur lesquelles l’aide humanitaire la plus élémentaire n’est jamais arrivée.
Asalia Venegas / 21 février 2019.
Journaliste / Professeur UCV
Ultimas noticias / Traduction : Venesol