Haïr ton pays (huit phrases antichavistes à retenir)

L’anti-Chávisme vénézuélien a toujours eu comme caractéristique la haine de l’Autre qui invisibilise l’adversaire et privilégient ses aspirations au pouvoir. Son mépris pour le Chavisme a transgressé toutes les formes de pratique politique, mettant l’accent sur la résolution violente des différends et l’annulation de l’Autre comme principe. Voici huit des nombreux messages haineux qui le démontrent.

1. « …l’aut’mort-là, du cable » (el muerto de la guaya)

Le député du parti de l’Action démocratique, Henry Ramos Allup, alors président de l’Assemblée nationale (AN), a qualifié Elvis Durán de « l’aut’mort-là, du cable« , à la suite du message annuel du président Nicolás Maduro, offert par la salle du protocole en janvier 2016. Il a ainsi minimisé le drame des familles des victimes fatales du coup d’État et plaidé pour la libération des responsables de la violence.
Durán a été tué par un câble tendu, placé par des groupes violents sur l’avenue Rómulo Gallegos, municipalité de Sucre, dans l’État de Miranda, le 22 février 2014 alors qu’il rentrait chez lui en moto.

2. les victimes pleines de haine.

Lilian Tintori, épouse de Leopoldo López, a fait référence en février 2016 aux proches des victimes qui demandaient justice, en disant : « afin que les victimes qui aujourd’hui sont pleines de haine et de rage soient libérées de cette haine et de cette rage, du calme ! Car il est très clair qu’elles sont là parce qu’elles sont payées pour crier, car elles sont mises là pour saboter« .
C’est ainsi que le couple de l’homme condamné à un peu plus de 13 ans de prison s’est exprimé pour sa responsabilité dans les actes terroristes appelés « La Salida » qui ont mis fin à la vie de 43 personnes et causé de graves blessures à plus de 900 Vénézuéliens, lorsque l’AN, à majorité anti-Chávez, a approuvé expressément en première discussion la loi d’amnistie par laquelle ils essayaient de pardonner ces crimes contre l’humanité et autres crimes.

3) Les migrants vénézuéliens sont une « maladie contagieuse »

En avril 2017, lors d’une tournée à Washington pour demander des sanctions contre le Venezuela, Julio Borges, membre du Congrès vénézuélien et du parti Primero Justicia, alors président de l’Assemblée nationale, a déclaré, lors d’un outrage à la Cour suprême de justice : « La Colombie compte aujourd’hui 500.000 Vénézuéliens. Nous représentons trois pour cent de la population du Panama. Il y a eu un exode vers les Caraïbes, la République dominicaine, au sud vers le Chili, l’Argentine (…) et même le Brésil : l’État de Roraima compte plus de 70.000 Vénézuéliens qui vont et viennent, causant tout un problème social là-bas. »
Il a qualifié la migration induite par les mesures de blocus exercées par Washington depuis 2015 de « problème social des migrations… ce problème migratoire, qui est déjà un problème de la région, s’accompagne d’autres problèmes tels que le crime organisé, le militarisme, le para-militarisme, le trafic de drogue, voire le problème du terrorisme. Le Venezuela est donc aujourd’hui le foyer de l’instabilité et de tout ce que signifie la dégradation sociale, qui peut être une maladie contagieuse dans toute l’Amérique latine.« 
Pour cette raison, il a demandé à ses gouvernements d’agir contre le Venezuela en affirmant que « ce n’est pas seulement un problème du Venezuela. La crise au Venezuela est une maladie contagieuse qui s’est propagée dans toute la région.« 

4. Freddy Guevara a menacé des journalistes pour incitation à la « haine ».

Lors des guarimbas (violences de rue) de 2017, en juin, Freddy Guevara, député de l’AN en outrage et leader de cette escalade violente, a menacé les journalistes des médias d’Etat en disant que « si vous ne vous soignez pas de ce que vous faites bientôt, vous finirez comme ces dictateurs » et les accuser de « incitation à la haine » par des analogies avec le génocide au Rwanda.
A l’époque, Guevara, qui se trouve actuellement réfugié à l’ambassade du Chili, a lancé des appels incendiaires dans les médias et les réseaux sociaux pour demander de générer « l’ingouvernabilité » et « créer des problèmes » pour le gouvernement du président Nicolás Maduro. Ces appels ont fait partie des manuels de la guerre non conventionnelle et, dans le cas du Venezuela, ont servi d’excuse pour brûler vif des personnes soupçonnées d’être des Chavistes, bloquer des rues, assiéger des maternités et mettre le feu à des bases militaires, entre autres crimes commis.

5) « ….la mort des Vénézuéliens représente un investissement pour l’avenir. »

En février dernier, Juan Guaidó, l’autoproclamé « président en charge » du Venezuela, a assuré que « la mort des Vénézuéliens représente un investissement pour l’avenir ».
Il a affirmé que les centaines de vies humaines qui ont été perdues à la suite des violences générées par les anti-Chávez ces dernières années ne sont pas un « coût » mais un « investissement ». « Pour nous, ce n’est pas un coût, c’est un investissement dans l’avenir. Et nous sommes prêts à faire tout ce qu’il faut pour la liberté », a-t-il dit, remettant en question le début d’une nouvelle vague de violence dans le pays en raison de l’entrée de l’aide dite  » humanitaire  » sans autorisation du gouvernement.

6) « Coopération militaire » pour ne pas dire « intervention militaire ».

Samedi dernier, Juan Guaidó a demandé à Carlos Vecchio, qui prétend le représenter aux Etats-Unis, de rencontrer le Commandement Sud de ce pays pour coordonner une éventuelle « coopération » face à la crise vénézuélienne. « Nous avons chargé notre ambassadeur Carlos Vecchio de rencontrer immédiatement » le « Commandement Sud et l’amiral pour pouvoir établir des relations directes en matière de coopération », a-t-il dit devant un petit groupe de personnes qui se sont concentrées sur la place Sadel à Caracas Est.
Il a soutenu que, de concert avec les gouvernements alliés, dirigés par les Etats-Unis, ils gardent « toutes les options » sur la table pour parvenir à la sortie du pouvoir de Nicolás Maduro.
« J’ai toujours parlé de coopération (parce que) l’intervention au Venezuela existe déjà », y compris dans son discours, en coordination avec Duque, la prétendue présence dans le pays de la guérilla colombienne de l’Armée de libération nationale. Il a également insisté sur la prétendue participation des Cubains à la Force armée nationale bolivarienne (FANB).
Ses déclarations sont arrivées 48 heures après que le chef du U.S. Southern Command, Craig Faller, ait posté un message sur Twitter se mettant aux ordres de l’anti-Chávisme vénézuélien.

7. « S’il y a une intervention, il est faux qu’il y aura une guerre civile. »

En avril 2018, María Corina Machado, chef du parti Vente Venezuela, a indiqué sur son compte Twitter qu’elle soutenait les actions américaines en Syrie, exprimant son désir que la même chose se passe au Venezuela.

En mars dernier, Machado a demandé avec mépris à l’Assemblée Nationale de demander une intervention au Venezuela parce que « Maduro assassine le peuple vénézuélien et nous devons nous défendre. Cette tragédie ne peut être banalisée. Il est temps d’aller de l’avant : l’Assemblée nationale doit activer l’article 187.11 maintenant. La communauté internationale doit assumer le principe onusien de la responsabilité de protéger » et a assuré que la Chambre « a l’obligation » d’activer cet article, qui établit qu’il correspond à l’Assemblée nationale d’autoriser l’utilisation des missions militaires vénézuéliennes à l’étranger ou des missions étrangères dans le pays ».
Mercredi dernier, 15 mai, dans une interview accordée à Sergio Novelli dans VPI, elle a déclaré que « personne ici n’a augmenté la présence des marines au Venezuela. Il existe des options chirurgicales plus dissuasives et plus spécifiques », a ajouté Machado, ajoutant que « les options qui restent sur la table sont celles de la force », bien qu’il ait exclu la possibilité d’une guerre civile au Venezuela dans le cas d’une intervention sur le territoire vénézuélien.

8. Ledezma demande à Duque d’accélérer le chaos au Venezuela

L’ancien maire métropolitain de Caracas, Antonio Ledezma, un fugitif de la justice, a demandé mercredi 15 mai au président colombien Ivan Duque d’appliquer le concept de « responsabilité de protéger » qui justifiait l’intervention militaire et le chaos que traverse la Libye depuis Madrid à travers une vidéo sur son compte Twitter, où il affirme que « le drame au Venezuela est aussi un problème en Colombie ».
Le président Iván Duque devrait être l’un des chefs d’État, des gouvernements qui font partie de l’OEA, du Groupe de Lima, par exemple, et de la TIAR, en demandant que le concept de la responsabilité de protéger soit appliqué au Venezuela.

Quand la haine devient terreur

Les messages de haine anti-Chávez correspondent davantage à la prétention de semer la terreur dans la population, que la guerre multiforme menée par Washington a notamment affectée dans sa vie quotidienne.
Le discours récurrent de mépris et de menace cherche à répandre dans la communauté un sentiment de terreur et de culpabilité pour ne pas avoir chassé Nicolás Maduro du pouvoir, même si les mêmes personnes qui les suivent rejettent les mécanismes de chantage appliqués et dirigés par les sociétés qui dirigent ceux qui occupent la Maison Blanche.
La composante psychologique de la guerre menée contre la population vénézuélienne est forte ; brouiller l’imaginaire Chaviste, c’est éclipser sa capacité de lutte et de résistance par le culte de la mort, du chaos et de la destruction qui a été imposé à la Libye, la Syrie, l’Afghanistan et le Yémen.
Eder Peña
Mission verdad / traduction : Venesol