L’opposition vénézuélienne plus divisée que jamais

L’opposition vénézuélienne est un nid de serpents, tous contre tous et Guaidó de plus en plus décrédibilisé reçoit des coups de pelle où qu’il regarde. Tout cela à cause des dialogues qui se tiennent avec le gouvernement de Nicolas Maduro en Norvège.
Ils n’ont pas pu convoquer « les masses » et ont échoué avec leurs guarimbas criminelles, tout ce qui leur reste, c’est de continuer à se diviser et d’espérer que Papa Trump les aide mais pour Washington, les choses ne vont pas non plus comme ils voudraient puisque le multimilliardaire en a assez des magouilles de Marco Rubio et des idioties verbeuses de John Bolton.
Pendant ce temps, le chavisme est toujours debout, résiste et avance et se prépare à toute situation et sait que le temps joue en sa faveur.

Les bagarres des opposants dans leurs propres paroles :

Guaidó et les dialogues en Norvège
L’invitation de la Norvège s’ajoute à celle de nos alliés internationaux. De la Norvège à Barquisimeto, de Caracas aux Etats-Unis, la stratégie est la même : l’arrêt de l’usurpation, un gouvernement de transition et des élections libres. Croyez-vous que de l’initiative de la Norvège, nous n’en parlons pas avec tous nos alliés ? Ou de celle du Groupe de Contact qui va se réunir de nouveau et amènera des surprises. Celui qui ne comprend pas qu’on doit jouer sur tous les tableaux coopère avec les autres. Aujourd’hui, ils ont tous les outils et ils ne vont en abandonner aucun et par conséquent, ils ne dépendent pas une seconde de la bonne foi de quelqu’un et c’est quelque chose qui doit être clair pour le Venezuela.
La communauté Internationale n’aurait pas reconnu l’opposition si en 2015, elle n’avait pas gagné les élections à l’Assemblée Nationale, le monde n’aurait pas appelé dictateur Maduro si elle n’était pas sortie pour protester en 2017 ou en 2018, le monde n’aurait pas reconnu la lutte si le 23 janvier de cette année, elle n’avait pas juré d’assumer les compétences de l’Exécutif. Ils ne se rendent pas. Nous n’allons pas permettre qu’un petit dictateur de merde, apprenti autoritaire, nous vole nos rêves. Je demande au Venezuela de ne pas se rendre parce qu’une chose est claire : le régime va partir une bonne fois pour toutes. Que ce soit eux qui décident comment ils veulent partir.
Juan Guaidó, Président (autoproclamé) du Venezuela
 María Corina Machado ne veut rien savoir
Soy Venezuela (Je suis le Venezuela) s’adresse à la nation et à la communauté internationale à propos de la déclaration du Ministère Royal des Affaires Etrangères de Norvège du 25 de mai 2019 annonçant que « les principaux acteurs politiques du Venezuela ont décidé de revenir à Oslo la semaine prochaine pour faciliter un processus facilité » par ce Gouvernement. A ce sujet, nous déclarons ce qui suit :
1. Nous rejetons catégoriquement cette initiative car elle est la tragique répétition de l’expérience de dialogues encouragés par le régime dictatorial de celui qui aujourd’hui usurpe les pouvoirs de l’Etat vénézuélien, Nicolás Maduro Moros, en République Dominicaine, afin de prolonger son gouvernement de satrape et de se moquer de la dignité et du sentiment démocratique du peuple vénézuélien.
2. Nous considérons que répondre à l’invitation du Gouvernement norvégien manque de respect et dilue les efforts faits par le président par interim, chef de l’Assemblée Nationale, Juan Guaidó, et les acteurs de la communauté internationale les plus sensibles et engagés dans la tragédie des Vénézuéliens et les efforts pour sauver leurs libertés, en particulier ceux du Groupe de Lima et des Gouvernements de Colombie, du Brésil et des Etats-Unis en plus de porter atteinte à la stratégie contenue dans la Statut pour la Transition vers la Démocratie et aux règles de sa conduite parlementaire.
3. Nous sommes convaincus que le seul sujet à discuter avec les émissaires de l’usurpateur, c’est l’arrêt de l’usurpation et les conditions du départ de Maduro du pouvoir qu’il exerce avec violence et rage, en marge de la Constitution comme l’ont dit catégoriquement le Gouvernements des Etats-Unis et le Secrétaire Général de l’OEA. 
4. Les délinquants qui usurpent le pouvoir au Venezuela n’ont ni honneur ni parole comme le prouvent jusqu’à la saturation, les parodies qu’ont été leurs dialogues antérieurs. Nous accompagnons de notre solidarité l’Assemblée Nationale et son président, dans sa qualité de Président par interim de la République, au Tribunal suprême de Justice en exil sur la base et attaché aux dispositions constitutionnelles du Statut pour la Transition vers la Démocratie en créant avec les citoyens et nos alliés internationaux les conditions de force nécessaires pour réussir à chasser Maduro du pouvoir et pour que le Statut précité soit la base du consensus de la nation et de tous les acteurs qui luttent pour l’arrêt de l’usurpation, la formation d’un Gouvernement d’unité nationale et l’organisation d’élections libres et justes.
Soy Venezuela, 26 mai 2019
 Antonio Ledezma : « Je ne crois pas à la bonne foi de ces mafieux »
La confirmation par Juan Guaidó, président de l’Assemblée Nationale reconnu comme président par interim du Venezuela par plus de 50 pays et par le président Nicolás Maduro contesté de l’envoi par chacun de délégations en Norvège pour engager des conversations a provoqué une certaine indignation parmi les dirigeants de l’opposition. L’ex-maire de la métropole de Caracas, Antonio Ledezma, exprime son désaccord avec cette décision et alerte sur le manque de confiance qu’on doit avoir envers le Gouvernement de Maduro.
« Je vais être très sévère dans ce que je vais dire. Même si nous ne pouvons rien faire pour éviter de « rapprochement » qui se fait sous a tutelle de la Norvège, entre l’organisation criminelle que représente Maduro et le Gouvernement légitime du président Juan Guaidó, nous devons comprendre ce qui suit : nous ne pouvons pas l’éviter précisément par ce que c’est une décision de Juan Guaidó et en même temps, cela ne va affecter l’opposition ni en bien ni en mal, cela n’affecte que ceux qui l’ont accepté. Et en très mal.
Et je dis que cela n’affecte l’opposition ni en bien ni en mal parce que la véritable opposition ne se trouve pas à cette rencontre. Ce qui y est représenté pour le mal, c’est la trahison de la confiance et de la parole ternie de ceux qui ont affirmé que les dialogues avec le régime n’étaient plus viables. Là, monsieur le président Juan Guaidó, vous faites ce que vous avez promis de ne pas faire et l’histoire vous jugera pour cela.
L’incohérence en marche. Ce qui se passe en Norvège est une torpille contre la ligne de flottaison de la crédibilité de Guaidó qui a dit avec insistance qu’il n’y aurait pas de dialogue avec le régime mais qui, malheureusement, ne respecte pas sa parole. Evidemment, nous sommes humains, il est fréquent de nous tromper. Mais si souvent, sur un même point et en si peu de temps, c’est beaucoup et ça ne semble pas être une erreur mais quelque chose de prémédité.
Cette phrase du président est trop récente : « l’aide humanitaire entre le 23 février « oui ou oui, » le 30 avril, ce sera l’Opération Liberté et les militaires se diviseront. Maintenant, ils nous sortent cette rencontre en Norvège mais selon lui, là-bas, on ne verra pas le visage des imbéciles. Nous le regrettons pour Guaidó. Qu’il en soit certain, pas pour l’opposition. La véritable opposition, celle qui est très claire pour sortir de la tyrannie et non cohabiter avec elle.
Nous avons l’habitude de voir que les personnes qui entrent en panique et se paralysent, on leur donne un coup pour qu’elles réagissent. Car je pense qu’il faut le faire avec ceux qui commencent à se glorifier de n’importe quelle annonce de Guaidó et/ou de son équipe. Eux aussi se trompent. 
Nos espoirs doivent se concentrer sur notre désir et notre engagement envers la lutte. Jamais, nous n’avons placé nos espoirs en une seule personne. Plaçons-les en nous-mêmes. Aujourd’hui, je te demande de réagir selon ce que le bon sens te conseille à fleur de peau. Cela n’est pas une attaque insensée contre Juan Guaidó. Par Dieu, rien à voir. C’est seulement une réflexion avec des arguments qui sont nés d’une inquiétude réelle pour l’avenir du Venezuela.
Le vote de confiance est épuisé. Avant, ils me disaient qu’il savait ce qu’il faisait, de ne pas m’en faire parce que les Etats-Unis dirigeaient ses mouvements. Il a déjà prouvé que ce n’était pas la vérité. Les Etats-Unis sont contre le fait de discuter avec des criminels, d’importants porte-parole du Gouvernement Trump et des représentants du parti Républicain l’ont dit. Celui de Luis Almagro, secrétaire général de l’OEA est plus éloquent : la Norvège est une absurdité.
Je le répète, nous ne sommes pas affaiblis par la voie de la Norvège. Celle-ci ne mènera nulle part. Nous savons déjà que ce qu’on cherchera, ce sera à faire pression sur Maduro ou sur un autre représentant de la narco-tyrannie au pouvoir, exactement ce qui s’est passé en Colombie dans la farce intitulée « accord de paix avec la FARC. » La FARC continuent à faire des siennes et avec plus de pouvoir qu’auparavant parce qu’on leur a donné de l’argent et des représentants au Parlement et dans l’administration de la justice.
Je continue à insister : le départ dépendra seulement de notre action, de notre détermination à chasser les tyrans. Sachez-le, personne ne le freinera parce que nous devons également être clairs sur le fait que l’aide internationale sera notre véritable force. Pas « l’aide » de la Norvège, un pays qui reconnaît Maduro comme président et dont le Gouvernement est aux mains des partis fondateurs de l’Internationale Socialiste. D’Oslo sortira une proposition électorale avec la participation des criminels.
De l’affliction à l’action. Ne nous souvenons de rien qui puisse nous affliger, au contraire, continuons à organiser la lutte. Bien que nous soyons convaincus que seuls, nous n’y arriverons pas, nous devons aussi nous convaincre que nous devons faire encore quelque chose de plus pour provoquer le dénouement. Par exemple, nous sommes très dociles dans les queues pour faire de l’essence, nous nous comportons correctement parce que nous avons peur du châtiment. La prison ou la mort si nous protestons.
Question : est-ce par hasard, la politesse n’est pas synonyme d’esclavage, dans ce cas ? Les esclaves, on les châtiait quand ils protestaient pour ce dont plus tard, on a compris que c’étaient leurs droits. Ce que je veux dire, c’est que ces queues que nous voyons aujourd’hui dans tout le pays, nous devons les transformer en grandes protestations simultanées. Impossible pour le régime de pouvoir les contrôler dans tout les états du Venezuela et au même moment.
A ces canailles qui sont au pouvoir, peu leur importe la popularité (qu’ils n’ont pas), ce dont ils ne peuvent pas se payer le luxe, c’est de perdre la possibilité de gouverner. C’est pourquoi ils disent que la petite bougie qu’on allume doit s’éteindre. Pensons à ces queues et donnons-leur la forme de protestations généralisées, là, nous verrons le régime un peu plus inquiet. Le régime ne quittera pas le pouvoir volontiers, il cherchera toujours à avoir de l’oxygène mais le moment viendra où cet oxygène sera épuisé.
Les dialogues se font quand on a la force et les armes pour faire pression et faire respecter ce qui a été décidé (j’imagine que c’est « l’arrêt de l’usurpation »). Nous savons tous que les envoyés du groupe de Guaidó n’ont pas la force de faire respecter quoi que ce soit face à cette puissante organisation criminelle avec laquelle on « négocie » soi-disant son départ.
Pour finir, il ne me reste à dire que de ne pas nous laisser vaincre par le découragement. Analysez cette phrase : « les choses qui valent vraiment la peine s’obtiennent toujours dans la dernière tentative. » Ne laissons pas le découragement nous empêcher de faire cette dernière tentative. Je le regrette pour le jeune et charismatique président Juan Guaidó qui n’a pas su mettre en valeur la confiance et le pouvoir que le Venezuela lui a mis entre les mains.
Pablo Aure @pabloaure
Nous apercevons un appel à descendre dans la rue fait par le Front Large pour soutenir le dialogue, qui s’opposera à un appel similaire à descendre dans la rue fait par Soy Venezuela pour rejeter ce dialogue. Il n’est pas viable de nous prêter comme chair à canon pour une telle lutte pour des espaces et des parcelles. Il y a des intérêts de sommités de partis qui ont accès à des fonds troubles qui cherchent à imposer une certain calendrier électoral dont l’ambigüité suggère que l’arrêt de l’usurpation est relégué au niveau d’un vieux refrain populaire.
Rubén Rivero Capriles
Source en espagnol : RL / Traduction : Françoise Lopez pour Bolivar Infos