Venezuela, la démocratie authentique, la porte du socialisme

Alors que l’Assemblée nationale constituante (ANC) du Venezuela se prépare à présenter ses propositions constitutionnelles au peuple vénézuélien, ce serait un bon moment pour réfléchir au cheminement du Venezuela vers le socialisme. Elle a commencé avec l’élection d’Hugo Chavez Frias à la présidence du Venezuela, ainsi que celle de son Mouvement de la Ve République (MVR) à la législature, en 1998…

En 1999, une Assemblée constituante nationale a été convoquée pour rédiger une nouvelle Constitution, que les électeurs vénézuéliens ont approuvée à une large majorité: elle a renforcé la protection des droits de l’homme des Vénézuéliens, redéfini la relation entre les branches existantes du gouvernement vénézuélien, ajouté de nouvelles branches, rendu le corps législatif monocaméral, etc.
Immédiatement, le Président Chavez a lancé les missions sociales pour contourner la bureaucratie des ministères et fournir directement des services sociaux au peuple vénézuélien: un processus qui se poursuit à ce jour.
Lors du Forum social mondial de Sao Paulo en 2005, le Président Chavez a critiqué les limites du projet social bolivarien, affirmant qu’il n’avait pas encore abordé les relations de production: reconnaissant que le « socialisme dans un seul pays » avait déjà abouti au capitalisme d’Etat bureaucratique. Chavez a plutôt approfondi son alternative à la bureaucratie en fondant les Conseils communaux en 2006: sites de démocratie authentique, directe, participative et protagoniste.
Bien que ces Conseils communaux aient pu se combiner pour créer des Communes, organes locaux d’autonomie qui ont joué un rôle de premier plan dans l’administration des Missions sociales, leur relation avec les structures gouvernementales existantes n’était pas claire: l’échec de la tentative de créer une « République socialiste bolivarienne du Venezuela » n’a pas permis de clarifier la situation. Le peuple vénézuélien a rejeté les propositions en 2007, laissant le Venezuela où il est aujourd’hui: un pays capitaliste avec un gouvernement socialiste, vulnérable aux menaces internes et externes à sa démocratie.
Aujourd’hui, un nouvel ANC s’est attelé à la tâche de reprendre là où le premier s’était arrêté en 1999: que faire?
À mon avis, le commandant Chavez a mis le doigt sur le problème lorsqu’il a tracé la voie du socialisme par le biais de la démocratie authentique, directe, participative et protagoniste des conseils communaux et de leurs communes: seule une Assemblée nationale composée de leurs députés, dans laquelle les communes, comme les comtés américains ou les municipalités mexicaines, seraient capables de s’étendre à tout le territoire national et être ainsi en mesure de faire évoluer le Venezuela vers le socialisme du XXIe siècle.
Un tel socialisme, fondé sur une démocratie authentique, directe, participative et protagoniste, n’aurait pas seulement la capacité de livrer l’économie aux travailleurs: en contestant directement la relation employeur-employé de la production, il priverait la bureaucratie de son principe et diminuerait le rôle des partis politiques, remplaçant leur antagonisme par celui des communautés que les députés représentent.
Le commandant Chavez voyait clairement l’indivisibilité de la démocratie et du socialisme: si l’ANC veut briser le siège capitaliste du Venezuela, il doit suivre l’exemple du commandant Chavez et poursuivre le travail de la Commune de Paris et des Soviets pour abolir le capitalisme en faveur de la démocratie.
Par M.K. Owen (pour OT)
Titre original : Authentic Democracy : the Door to Socialism / Traduction Bernard Tornare pour son blog politique « Hugo Chavez »