Où est passé l’argent du concert Venezuela aid live?

Les complots de corruption concernant l’aide supposée humanitaire au Venezuela n’éclaboussent pas seulement les porte-paroles de la droite vénézuélienne, mais aussi les représentants politiques de la bourgeoisie colombienne qui, comme leurs pairs, sont impliqués dans ce nouveau scandale.

Dénoncé par l’homme d’affaires néo-granadin José Luis Mora, propriétaire de la discothèque et du motel où le député de l’opposition Freddy Superlano a failli mourir (deux jours après le concert, il s’y est enregistré en compagnie de deux prostitués, et a été trouvé inconscient sous l’effet de drogues, son cousin y a été trouvé mort, empoisonné, s’étant fait voler 250.000 dollars), à qui le conseiller et directeur du Centre démocratique du Nord de Santander, Juan Carlos Capacho, a proposé de participer comme organisateur du concert Venezuela Aid Live en échange d’un généreux don.

Selon José Luis Mora, dans une lettre publique, bien qu’il ait effectué le don, l’offre ne s’est jamais concrétisée et, comme prévu, personne ne répond pour l’argent investi dans l' »organisation » ou pour l’argent donné.

Dans une lettre qu’il a rendue publique il raconte l’histoire effrayante d’une autre victime de la bourgeoisie et de son aide humanitaire :

Où est l’argent du concert ?

Ces derniers jours, le monde a été choqué parce que les révélations autour des représentants de Juan Guaidó en Colombie ayant dépensé des centaines de milliers de dollars d’aide humanitaire vénézuélienne en shopping, restaurants et bars à Cúcuta et Bogotá.

S’il pleut du côté de Guaidó, tout est sec du côté des organisateurs de VENEZUELA AID LIVE.

Selon les informations officielles fournies par l’événement, un peu plus de deux millions de dollars y ont été recueillis, le chanteur Don Omar a donné un million de dollars. Cela veut dire que sans Don Omar le concert aurait été un échec retentissant, puisque l’objectif était de 100 millions de dollars.

Mais je peux attester et prouver qu’au moins 10.000 dollars que j’ai donnés dans le cadre d’un accord commercial, ne figurent nulle part. Si le même cas s’est répété avec beaucoup de dons, alors il est logique que l’argent n’apparaîtra pas.

Mon ami, le conseiller municipal et directeur du Centre Démocratique du Nord de Santander JUAN CARLOS CAPACHO m’a présenté 8 jours avant la VENEZUELA AID LIVE à un de ses grands amis : l’organisateur officiel FERNAN OCAMPO. Les jambes de CAPACHO tremblaient à chaque fois qu’il prononçait ce nom parce qu’il s’agit d’ « UN TYPE TRÈS RICHE DE BOGOTÁ, AMI DE TOUS LES PRÉSIDENTS, PROPRIÉTAIRE DE UBER EN COLOMBIE, ASSOCIÉ DE RICHARD BRANSON ET ORGANISATEUR OFFICIEL DE L’ÉVENEMENT ». Capacho insistait avec arrogance qu’il était l’ami de Ocampo.

Je voulais rencontrer au plus vite un tel prince. En gardant à l’esprit que j’ai de l’expérience dans les événements et les concerts, CAPACHO m’a présenté à FERNAN OCAMPO qui, partout, agissait et se pavanait comme organisateur officiel. Je me suis joint à eux en tant qu’organisateur bénévole de l’événement. J’ai réservé des hôtels, fait des contacts et beaucoup d’autres activités.

Le dimanche précédant le concert, le conseiller et FERNAN OCAMPO m’ont proposé de devenir le distributeur officiel des vêtements officiels du CONCERT HISTORIQUE, je devais être le distributeur mondial des t-shirts et casquettes de concert. Ocampo m’a dit que je devais lui donner 20.000 dollars en liquide pour conclure l’accord commercial, argent qui serait enregistré comme un don de ma part. Pour chaque vêtement, j’ai donné un grand pourcentage de la vente. Seulement que j’ai dû payer le pourcentage à l’avance avant de les vendre. Il m’a demandé de faire au moins 10.000 T-shirts. Il m’a dit que je devais les faire par un fournisseur appelé SANTIAGO URIBE VELEZ à Bogotá parce que selon OCAMPO, c’était la personne que RICHARD BRANSON avait désignée pour produire les vêtements. Il a également exigé une avance de 10.000 dollars dès que possible pour tenir l’accord commercial pour acquis. Il m’a demandé mes données personnelles et m’a dit que le lendemain, un de ses multiples avocats me contacterait pour signer le contrat d’accord commercial et finaliser les détails du don.

En échange de cela, j’avais un nombre infini de considérations. Pour être le distributeur officiel, pour être le seul dans l’événement à vendre ces vêtements dans 20 stands exclusifs, à faire de la publicité dans les réseaux d’événements, à faire de la publicité sur scène, mes t-shirts allaient être placés par tous les artistes et j’aurais un entretien exclusif et privé avec Branson devant qui je serais présenté comme l’entrepreneur Colombien chargé de la distribution des vêtements officiels.

Tout était parfait ! Qu’est-ce qui pouvait mal tourner ?

Le lundi de la semaine de l’événement, j’ai préparé l’argent des t-shirts avec le fournisseur qu’ils m’avaient imposé. Mardi, Capacho et Fernán m’ont demandé avec insistance une avance de 10.000 dollars. Prenez-les et….

… Il ne s’est rien passé d’autre.

Depuis mardi après-midi après leur avoir donné l’argent, ni mon ami Capacho ni Fernan ne sont revenus. Après les avoir cherchés avec insistance, ils ne m’ont plus jamais montré leur visage, je n’ai jamais eu de contrat, je n’ai jamais eu de stands, ils ne m’ont jamais nommé distributeur officiel, rien de ce qui avait été convenu, chacun, y compris Capacho et Ocampo, portait des chemises totalement différentes de celles qu’ils m’avaient commandées et Richard Branson je l’ai vu à la télévision, comme tous les mortels.

N’ayant pas le soutien qui avait été convenu et pour lequel j’avais fait le don, les ventes ont été un échec retentissant. J’ai actuellement un entrepôt contenant plus de 8.000 t-shirts sur les 10.000 que l’organisateur de l’événement m’a envoyé faire, j’ai des pertes millionnaires et mes 10.000 dollars d’avance pour le don ne sont jamais apparus.

Aujourd’hui, deux procès (l’un civil et l’autre pénal) sont intentés devant la justice colombienne pour escroquerie contre l’organisateur officiel de l’événement FERNAN OCAMPO et contre le CONSEIL ET DIRECTEUR DU CENTRE DEMOCRATIQUE JUAN CARLOS CAPACHO.

C’est entre les mains de la justice colombienne, cette affaire peut ouvrir une boîte de Pandore sur cet événement et le détournement de fonds internationaux. J’espère, puisque je ne pouvais même pas serrer la main de Branson, qu’au moins il est au courant de ce problème causé par ses « partenaires » en Colombie. Je ne sais pas non plus où se trouve l’argent du concert ; pour l’instant, je dois rendre tout l’argent que j’ai investi le plus vite possible.

Con el mazo dando / traduction : venesol