J’ai choisi d’être chaviste

Fin 2012, le Président Hugo Chávez et la Révolution bolivarienne ont maintenu une popularité de plus de 60%. Les gens étaient satisfaits des politiques publiques mises en œuvre par le gouvernement, nos besoins en matière de santé, d’alimentation, d’éducation, de vêtements, de chaussures et de services pouvaient être satisfaits sans trop d’efforts.

Ces bienfaits extraordinaires devenus quotidiens s’estompent progressivement depuis la mi-2013, lorsque le président Nicolas Maduro est arrivé au palais de Miraflores.

Peu à peu, le lait et le papier se sont fait rares, puis la farine de maïs et le sucre, le riz, les pâtes, l’huile, le café, la margarine, et à l’heure actuelle, il y a très peu de produits disponibles dans les supermarchés pour satisfaire nos besoins alimentaires.

Le plat sur la table vénézuélienne a été transformé, maintenant le manioc est consommé plus fréquemment et il y a ceux qui improvisent des arepas, avec de la crème de riz. C’est une véritable odyssée que de se procurer de la nourriture de base, des médicaments, des articles d’hygiène personnelle, des pièces détachées pour voitures, entre autres….

La vie des Vénézuéliens a considérablement changé.

On ne sait pas exactement quand on pourra à nouveau manger du thon en conserve, des arepas, du riz, des pâtes, du fromage, des œufs, de la viande, du poulet, avoir du shampooing et du déodorant, car cela dépend de deux choses qui n’ont rien à voir avec le désir de faire : obtenir ce dont nous avons besoin le jour prévu pour l’acheter, selon le magasin et que le coût du produit ne dépasse pas la quantité d’argent disponible.

Comme la majorité de mes compatriotes, cette situation me met mal à l’aise, elle génère impuissance, instabilité, nervosité, irritations, frustration, colère et tristesse. C’est ce que nous ressentons tous, certains à un degré plus ou moins grand. Surtout quand un bébé réclame un biberon et qu’il n’y a aucun moyen de satisfaire son besoin, aucun moyen de lui faire comprendre qu’ « il n’y a pas de biberon », ou quand on voit la santé du grand-père ou de la grand-mère s’affaiblir par manque de médicaments.

Ils nous font payer avec la famine et le dégoût d’avoir été loyaux envers Chávez en choisissant Nicolás Maduro comme président du Venezuela, et ils sont impatients de briser notre loyauté.

Ils nous font payer avec colère et désespoir, 17 ans de révolution bolivarienne, 17 ans de rente pétrolière pour le peuple.

Et ils nous font payer avec rage, ressentiment et cruauté… avec la plus claire intention de nous faire du mal, peu importe qui ils entraînent dans leurs efforts pour nous détruire, peu importe si ce sont des enfants ou des personnes âgées, si ce sont des Chavistes ou des opposants, la punition est finalement pour tous.

Mais peu importe le dégoût, la colère, la tristesse que je ressens, je considère que c’est un acte lâche de m’enfuir et de signer une pétition pour un référendum révocatoire sur la gestion de Nicolás Maduro.

Je crois qu’un vrai chaviste doit se battre jusqu’à la victoire, parce que le fait d’être né au Venezuela signifie que le sang des libérateurs coule dans nos veines, et non ceux des lâches et d’oppresseurs rétrogrades.

Parce que vivre à l’époque où Hugo Chavez a également vécu est un privilège auquel nous saurons être à la hauteur.

On ne peut pas être loyal à Chavez et ne l’a jamais été, celui qui était du côté de la Révolution bolivarienne en temps de prospérité et en temps de difficultés, se range du côté de celui qui encourage et soutient la guerre économique la plus cruelle qui cherche à nous détruire.

Un jour, j’ai choisi d’être chaviste, parce que j’ai décidé de ne pas être l’esclave des laquais apatrides de l’impérialisme, qui, sans hésitation, remettront les ressources et la richesse nationales. Comme ils l’ont fait dans la IVe République.

J’aime ma patrie bien-aimée, je ne suis pas née chaviste, mais chaviste je mourrais, debout et me battant jusqu’à ce que je gagne ou meure, si nécessaire.

Chavez est vivant !

Lourdes Egleé Lovera

El Último Cóndor Americano / traduction : Venesol