Une brèche ouverte

Parlant ici et là, j’entends souvent l’expression « Je pensais être le seul fou (ou folle) qui pensait ainsi », lorsqu’il s’agit de répondre aux préoccupations concernant l’orientation de notre révolution. Outre le poids de l’agression étrangère et la situation économique et sociale complexe que nous traversons, il y a aussi un malaise éthique, politique et idéologique croissant, qui se manifeste dans tout débat ou conversation inconditionnelle, entre chavistes, entre révolutionnaires, entre compatriotes.

Non, nous ne sommes pas fous, ou les compatriotes sont fous, ceux d’entre nous qui continuent de croire à la participation démocratique, au rôle moteur du peuple dans la prise de décision ; à la pleine souveraineté sur nos ressources pétrolières, minières et naturelles en général ; à la gouvernance de l’État sur l’économie ; à la validité des droits des travailleurs et des salaires ; à l’intégrité des droits humains pour tous ; dans la production nationale avec la participation transparente de tous les secteurs ; dans la nécessité d’un système de justice décent qui protège une société honnête ; dans la construction d’une société socialiste à partir de l’espace de la Commune, de la propriété sociale ; dans une manière éthique, inclusive, démocratique et démocratisante de faire de la politique ; dans une transformation de la société qui soit humainement gratifiante et non douloureuse ou désintégrative. Non, nous ne sommes pas fous, ou en tout cas nous souffrons de la folie créatrice dont le commandant Chávez nous a toujours parlé.

Maintenant, en plus de nous inquiéter, nous devons libérer la folie créatrice pour refonder les fondements du projet bolivarien. Ne vous retirez pas de l’espace politique, ne vous « enchaînez » pas. Allons dans la rue, en avant! :

  1. générer des opinions sur ces questions, écrire, débattre, s’exprimer. Ne vous taisez pas, même avec un noeud dans la gorge.
  2. Ne marchez jamais seul, joignez-vous à vos pairs dans la communauté, au travail, au centre d’étude pour surmonter les difficultés, les exclusions et trouver des solutions. L’union fait la force.
  3. militer socialement, participer ou accompagner des processus ou des luttes communautaires, paysannes, paysannes, ouvrières, jeunes, féministes, culturelles, environnementales. Il y a assez à faire et à défendre dans la rue.
  4. Produire quelque chose, encourager et organiser les processus de production d’une manière familière ou communautaire. Semer, fabriquer, inventer. Produire est une tâche révolutionnaire de premier ordre.
  5. Si vous êtes dans une position publique, surtout une position d’élection populaire, même si vous n’avez pas de ressources matérielles à donner, vivez là, où les gens qui vous ont élus souffrent, luttent, construisent et cultivent l’espoir. N’ayez pas peur des gens, imbibez-vous d’eux et vous verrez la différence.
  6. Ajoutez et organisez des volontés chaque jour pour une transformation révolutionnaire de la situation actuelle. Comme l’a dit Chavez le 4 février 1992 : « De nouvelles situations vont se présenter et le pays doit être sur la voie d’un meilleur destin.
  7. Ne doutez pas, ne vous laissez pas faire par le chantage idéologique, l’option de la Révolution bolivarienne que Chávez nous a léguée, ce sont les ouvriers, les paysans, les Indiens, les communards, les honnêtes, les humbles, Chávez vit en eux !

Soyons têtus, persévérants dans l’idée que nous pouvons bâtir une société où nous pouvons tous nous adapter avec égalité, avec justice, avec dignité. Ne soyons pas convaincus que la subordination, l’exploitation, l’inégalité, la pauvreté, l’injustice, la malhonnêteté et l’égoïsme font à nouveau partie de l’ordre naturel. Cela n’est pas vrai, ici au Venezuela, nous avons démontré au cours de la première décennie de ce XXIe siècle, qu’il était possible d’avancer dans la construction d’une société authentiquement humaine, par l’exercice de la démocratie protagoniste, la démocratie socialiste.
Mes compatriotes, je vous rends le souffle que vous me donnez chaque jour et je vous dis de ne pas abandonner, de ne pas abandonner. Avec Ali Primera je te dis : « Ouvre la brèche, camarade, le vent de l’eau souffle déjà !

Par Elías Jaua Milano (@JauaMiranda)

PSUV / Traduction : Venesol