IALA : avec tout l’amour pour ce qu’ils font

A la demande de porte-parole étudiants de l’Institut agroécologique latino-américain « Paulo Freire » (IALA, Venezuela), Betzany Guedez de Terra TV est allée à leur rencontre entre juin et juillet pour dialoguer avec eux et entamer un travail collectif de présentation audiovisuelle de l’énorme travail qui se développe dans cette école intégrale. Voici leur témoignage.


Betzany Guedez, chercheuse et directrice de Terra TV (première en bas à droite, embrassant l’enfant portant un plant de matica) avec une partie du collectif étudiant et la communauté voisine de l’Instituto Agroecológico Latinoamericano « Paulo Freire » (IALA), État de Barinas, Venezuela, juin 2019.

« Dans l’État de Barinas, tout près de Sabaneta, se trouve l’IALA, où 60 jeunes de différents États du Venezuela ainsi que d’Haïti, d’Uruguay et d’Équateur sont actuellement en formation.

Au petit matin, dès que sonne la cloche, le groupe de volontaires se lève pour préparer le petit déjeuner. Ils assument cette tâche par solidarité avec les travailleurs chargés de la cuisine qui ne peuvent arriver très tôt en raison des difficultés de transport. Si par hasard il n’y a pas de gaz, il leur revient d’aller chercher du bois pour cuisiner.

Ensuite tout le monde se joint aux activités prévues la veille : visites des communautés voisines où se développe un travail avec les habitants pour partager les connaissances, la recherche et l’échange d’expériences, ainsi que la participation aux plantations avec les familles paysannes.

Les Maestros Pueblos apportent également leur contribution à la formation des étudiants. Ce sont des paysannes et des paysans qui pratiquent depuis plusieurs années les techniques de l’agro-écologie dans leurs exploitations et ont reçu une certification de formateurs par cette université.

Dans le cadre de la recherche participative, les élèves ont pu établir un diagnostic des enfants déscolarisé du fait de l’éloignement des écoles, et ont décidé d’assumer comme projet de donner des cours à ces enfants afin qu’ils ne manquent pas leur année scolaire. Ils leur ont construit une cabane pour y donner cours, y compris le chant, la danse, la formation agro-écologique et même leur intégration dans les activités culturelles de l’université.

Ici le travail est basé sur une discipline volontaire : on assume le travail parce qu’on en a envie et que l’on comprend pourquoi on le fait. Ils partagent ainsi leur vie quotidienne en appliquant l’éducation populaire de manière libre. Les élèves peuvent venir aux cours pieds nus, avec leurs chiens à côté d’eux, sans aucune discrimination pécuniaire, le troc permettant parfois de résoudre les échanges (ainsi le prêt de tracteurs aux agriculteurs qui travaillent à proximité de l’IALA, en échange de nourriture comme le manioc pour la cantine des étudiants). C’est ainsi que se côtoient femmes enceintes, familles paysannes, ouvrières et ouvriers, enfants et enseignants qui comprennent ainsi les différents parcours que vivent les élèves. Ces jeunes vivent une dynamique qui leur est propre mais d’une manière engagée et responsable pour atteindre un seul objectif : la massification de l’agroécologie.

En plus de recevoir une formation agro-écologique, académique et sociopolitique avec leurs pratiques et leurs recherches, ils sont intégrés dans différentes activités culturelles, historiques, sportives, artistiques et même de défense territoriale : cinq camarades assurent les tâches de la milice pendant leur temps libre. Toutes et tous avec énormément de passion et de dévouement pour ce qu’ils réalisent. »

Texte et photos : Betzany Guedez (Terra TV)

Source : https://escuelapopularcineytv.wordpress.com/

Traduction : Venesol