Le Venezuela mis en quarantaine

Ce jeudi, le président américain Donald Trump a parlé explicitement du blocus contre le Venezuela pour la première fois. Il l’a fait devant un groupe de journalistes qui l’ont approché à la Maison-Blanche. Lors de cette réunion, M. Trump a également évoqué la possibilité d’appliquer une « quarantaine » contre le Venezuela, c’est-à-dire une mesure coercitive qui déclencherait un blocus naval contre la nation sud-américaine, en utilisant les forces alliées dans la région.

Les Etats-Unis ont appliqué la « quarantaine » contre Cuba dans le contexte de la « crise des missiles ». Du point de vue historique, politique et géographique, il existe des contextes différents entre Cuba des années soixante et le Venezuela du XXIe siècle, mais nous avertissons que la politique étrangère belliciste de Washington établit un scénario qu’elle adapte temporairement en fonction de ses possibilités et besoins.

Bref, les États-Unis ont la capacité d’adapter leur politique belliciste à une époque et à un contexte nouveaux. Pour une raison quelconque, ils utilisent un budget annuel de plus de 700 milliards de dollars pour le seul secteur de la défense. Les États-Unis ont l’OEA, des gouvernements satellites et des groupes armés qui opèrent au Venezuela.

La possibilité d’une quarantaine a été évoquée par Trump, au milieu des multiples violations de la souveraineté de l’espace aérien vénézuélien commises par Washington. Caracas a dénoncé qu’en 2019, les avions espions américains ont violé son espace aérien 97 fois. Il faut rappeler qu’en 2014, les États-Unis ont qualifié le Venezuela de menace inhabituelle pour la sécurité de la nation et que Washington a forgé un dossier international contre Nicolás Maduro, accusé de protéger les terroristes, de violer les droits humains des Vénézuéliens et de usurper le pouvoir exécutif dans ce pays.

Washington a également orchestré, financé et dirigé un État parallèle au Venezuela, avec le soutien du parlement, qui est entre les mains de forces politiques opposées au président Maduro.

Il y a deux façons d’évaluer l’annonce d’un blocus naval contre le Venezuela faite par Trump. L’un est d’un point de vue militaire et l’autre, d’un point de vue stratégique, dans le contexte des prochaines élections aux États-Unis. Quoi qu’il en soit. Les deux sont dangereux. Et les deux font partie de la guerre que Washington mène contre le Venezuela.

Par Arlenin Aguillón @arleninaguillon / traduit par Venesol