Blocus meurtrier contre le Venezuela

Entre 2014 et 2016, la contribution de la société pétrolière d’État – PDVSA aux plans gouvernementaux et son intervention auprès des populations est passée de plus de 26 milliards à moins de 11 milliards de dollars. Ce chiffre représente une diminution de près de 60 %. Concrètement, selon le rapport de gestion PDVSA 2016 auquel nous avons eu accès, 6 dollars sur 10 pour les demandes communautaires ont cessé d’exister durant cette période. Le blocus de Washington contre le Venezuela s’est concentré sur le poumon économique du pays, causant autant de dégâts que possible.

Le blocus a largement permis d’obtenir les résultats suivants : 1. arrêter les opérations financières en provenance ou à destination du Venezuela ; 2. interdire au système financier mondial de participer à toute opération d’achat, de vente, de négociation ou de renégociation de la dette du Venezuela ; 3. empêcher les filiales de PDVSA (comme la CITGO basée aux Etats-Unis) de rapatrier des dividendes ou profits vers l’Etat vénézuélien ; 4. interrompre le libre développement des activités commerciales du Venezuela, notamment en matière de nourriture, médicaments et biens essentiels.

L’efficacité du blocus peut être démontrée en vérifiant, avec les données de l’Opep et de PDVSA, que la production pétrolière vénézuélienne est passée de plus de 2,3 millions de barils par jour, en moyenne fin 2013, à près de 1 million de barils par jour actuellement. La baisse de la production affecte directement les populations. Par exemple, la contribution de PDVSA pour aider les collectivités a été de 413 millions de dollars en 2014, un chiffre 14 fois supérieur aux 29 millions de dollars que la compagnie pétrolière vénézuélienne a pu utiliser pour les mêmes fins en 2016.

Au cours de cette période (2014-2016), la diminution de la contribution de PDVSA au Fonds national de développement est passée de 10,4 milliards de dollars à 600 millions de dollars seulement. La persécution des activités de PDVSA a généré des pertes estimées à plus de 20 milliards de dollars, un montant équivalent à la contribution que le canal de Panama laisserait au Trésor national de ce pays au cours des 12 prochaines années.

Caracas a dénoncé que Washington a décrété 150 mesures coercitives à son encontre entre 2017 et 2019, ce qui équivaut à une mesure unilatérale tous les 4 jours contre le peuple vénézuélien. La politique étrangère de Washington contre les gouvernements progressistes est criminelle. Un directeur d’une banque centrale d’Amérique centrale nous a révélé qu’au moins 800 mesures coercitives unilatérales ont récemment été prises par les États-Unis contre un groupe de pays non alignés.

Entre 2017 et avril 2019, ces mesures ont causé plus de 40 000 décès au Venezuela, selon les chiffres publiés en avril de cette année par le Centre de recherches politiques et économiques (CEPR). Autrement dit, le blocus du Venezuela par Washington occasionne 50 morts par jour.

Arlenin Aguillon / traduit par Venesol