Le pillage du Venezuela

En analysant le rapport sur l’investissement étranger direct (IED) 2019 que la CEPAL (Comisión Económica para América Latina y el Caribe) a publié ce mercredi, nous notons l’ampleur du crime contre l’humanité que les États-Unis et leurs gouvernements satellites latino-américains ont commis contre le Venezuela.

Examinons les statistiques

1. Caracas a dénoncé que les pertes économiques générées par le blocus de Washington contre le pays, entre 2013 et 2017, dépassent 300 milliards de dollars. Ce chiffre est équivalent à l’ensemble des investissements directs étrangers reçus par l’ensemble des pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud (sans le Brésil) au cours de la même période. En d’autres termes, les 313 milliards de dollars reçus par l’Argentine, le Chili, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, le Paraguay, l’Équateur, l’Uruguay, le Costa Rica, El Salvador, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua et le Panama, entre 2013 et 2017, sont équivalents au montant que les États-Unis ont dérobé au Venezuela pendant cette période.

2. Dans son rapport, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL-ONU) a recensé pour la période 2012-2018 les 20 principales fusions et acquisitions, selon la valeur annoncée. Sur la base des données officielles de Bloomberg, la CEPAL a établi qu’en 2013, la plus grande acquisition ou fusion dans la région — dans la chaîne agroalimentaire — a eu lieu lorsque Anheuser-Busch InBev (de Belgique) a racheté Grupo Modelo au Mexique dans le secteur brassicole. L’opération a été de 17,231 milliards de dollars, un chiffre inférieur à la perte que Washington a causé au Venezuela en décrétant la spoliation de Citgo. En d’autres termes, selon la CEPAL, « la plus grande transaction dans l’histoire du secteur brassicole mondial » a été d’un montant inférieur au vol que les États-Unis ont infligé au Venezuela avec la saisie de Citgo, qui englobe les 7 milliards de dollars d’actifs et les 11 milliards de dollars que cette entreprise générerait à Caracas en 2019 et ne pourra pas rapatrier.

3. Sur la base de données du Financial Times, fDiMarkets, la CEPALC a enregistré plus de 900 projets d’investissement dans le secteur agroalimentaire entre 2005 et 2018 pour un montant légèrement inférieur à 60 milliards de dollars. Ce chiffre ne représente que la moitié de ce que le Venezuela a perdu entre 2017 et 2019, lorsque les Etats-Unis ont renforcé le blocus. 14 ans d’investissements agroalimentaires en Amérique latine ne couvrent que la moitié de ce que le Venezuela a perdu en 2 ans.

4. En 2018, 184 287 millions de dollars d’IDE ont été reçus en Amérique latine et aux Caraïbes. De ce nombre, 88 milliards correspondent au Brésil, un pays de plus de 200 millions d’habitants. Si l’on soustrait le géant du Sud, toute l’Amérique latine et les Caraïbes ont reçu un peu plus de 40 milliards de dollars. Avec le décret signé par Donald Trump pour saisir tous les actifs du gouvernement vénézuélien à l’étranger, le Venezuela a perdu plus de 30 milliards de dollars en une journée, un chiffre qui couvre 75% des IDE entrés dans toute la région (hors Brésil) en 12 mois.

5. Le Chili, pays qui se présente comme une destination idéale pour les investissements, a reçu des IDE qui ont légèrement dépassé 6 milliards en 2018. Chiffre qui dépasse à peine les 5 milliards d’euros appartenant au gouvernement vénézuélien et qui sont gelés dans les banques européennes.

Les statistiques parlent d’elles-mêmes.

Arlenin Aguillon

Source : Medianálisis / Traduction : Venesol