Des banques étasuniennes ferment les comptes et bloquent les opérations d’ONG humanitaires vénézuéliennes

Selon un article paru dans le Wall Street Journal, le risque de lourdes amendes pour avoir contourné les sanctions étasuniennes contre le Venezuela a fait craindre certaines banques de faire des affaires avec des organisations humanitaires qui distribuent de la nourriture et d’autres biens au Venezuela.

Plusieurs banques étasuniennes ont fermé des comptes d’organisations non gouvernementales (ONG) à but non lucratif au Venezuela et ont gelé leurs transactions. Selon les témoignages des ONG touchées, les institutions financières prennent des mesures préventives pour se conformer aux sanctions.

Les États-Unis ont intensifié leur campagne en imposant un embargo économique contre le gouvernement vénézuélien, de sorte que les organismes des Nations Unies et d’autres groupes « craignent que les pratiques de conformité du secteur financier ne compliquent davantage le travail des organisations d’aide humanitaire, dont le travail semble être au centre des tensions croissantes entre le régime de Nicolas Maduro et la communauté internationale », note le WSJ.

L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) [Bureau de contrôle des actifs étrangers] a publié une clarification précisant que les ONG humanitaires ne devraient pas être affectées par les dispositions du décret exécutif établissant des sanctions à l’encontre des entreprises faisant des affaires avec les actifs ou les entreprises du gouvernement vénézuélien.

« Nous voulons que la communauté financière soit informée de ces autorisations », a déclaré Sigal Mandelker, sous-secrétaire au terrorisme et au renseignement financier au département du Trésor. « Nous voulons nous assurer que les fournitures humanitaires continuent de parvenir dans le pays ».

Carlos Trapani, directeur des Centres d’apprentissage communautaires, un groupe vénézuélien de défense des enfants connu sous le nom de Cecodap, a déclaré qu’il avait la conviction que les comptes bancaires de son organisation avaient été fermés en raison des sanctions américaines contre le Venezuela.

Cette institution détenait deux comptes bancaires aux Etats-Unis auprès de Banco Mercantil SA de Caracas depuis plus de 25 ans, a indiqué M. Trapani. La banque a récemment scindé ses activités américaines, qui ont été renommées Amerant Bancorp Inc.

L’an dernier, Amerant a avisé Cecodap qu’elle fermait le compte d’épargne de l’organisation et, en mars, elle a déclaré qu’elle fermerait également son compte courant. Trapani souligne que le Cecodap n’a pas reçu d’explication : la banque a simplement cité une clause du contrat indiquant qu’elle pouvait fermer le compte unilatéralement à tout moment.

Amerant, une banque ayant des bureaux en Floride, au Texas et à New York, a refusé de commenter la fermeture des comptes de Cecodap, invoquant des problèmes de confidentialité et de respect de la vie privée. « Depuis 40 ans, nous nous sommes engagés à servir nos clients tout en nous conformant aux lois et règlements américains qui ont évolué pour le secteur financier », a déclaré une porte-parole d’Amerant au Wall Street Journal.

Les exemptions contribueront peu à l’atténuation de l’impact de la dernière série de sanctions, a déclaré Geoff Ramsey, directeur adjoint du Venezuela au Bureau de Washington pour l’Amérique latine, qui travaille avec des organisations non gouvernementales et des particuliers qui soutiennent les problèmes des droits humains dans le pays.

« Le problème est de savoir comment gérer une ONG dynamique quand toute l’économie s’effondre et qu’en plus, il est de plus en plus difficile d’accéder au système bancaire international ».

Source : banca y negocios / Traduction : Venesol